mercredi 11 février 2009

Toucher des étrangers

C'est un projet que le photographe new-yorkais Richard Rinaldi a réalisé en 2007. L'idée est simplissime et très forte. Demander à des personnes qui ne se connaissent pas d'être pris en photo ensemble et de se toucher pendant la prise de vue.
























J'ai ressenti, selon les images, des émotions très variées. Je tente de cerner sur les visages les signes de surprise, de nervosité, une pause apprétée. Je cherche le point de contact entre les personnes, les doigts évasifs, les mains trop tendues.

Et rapidement une foule de questions m'envahit. Qu'est-ce qu'ils se sont dit ? Avant, après ? Qu'ont-ils raconté à leur conjoint, à leur enfant ? Ont-ils échangé leurs adresses ? Garderont-ils la photo chez eux ? L'exposeront-ils dans la montée d'escalier ? Que deviendra le souvenir de cette rencontre ? Cet étranger qu'ils ont touché leur devient-il plus proche que certains membres de leur famille embrassés avec automatisme ?

Me revient alors en mémoire cette amie qui m'avait confiée s'être effondrée en sanglots lorsque son psy lui avait touché le ventre de sa main.

Différents travaux de Richard Rinaldi sont présentés là. Il tien aussi un blog.


La chanson du jour : Emiliana Torrini chante "Me and Armini".



Et la liste des " paysages évocateurs".
- Les yeux
- Les mains
- Les seins

(Maintenant, à vous de jouer)

vendredi 6 février 2009

Franc-maçon


Cher ange gardien,


Ça fait un bout de temps que toi et moi, on se connaît. Bon, je ne sais toujours pas si tu existes, je ne suis même pas sûr de croire en toi (contrairement à 50% des Américains), mais prenons la chose comme acquise. Tu es là et tu me veux du bien.

J'aurais une requête : accorde-moi, au moins cette fois-ci, le privilège de ne pas faire d'ironie dans un billet.

Je sais, je suis exigeant. Mais le sujet est important, sérieux. Il ne souffrirait pas d'être traité par-dessus la jambe comme tout ce que ce blog touche (ou caresse de ses doigts frêles) depuis quelque 200 billets. Je te fais confiance sur ce coup-là. Ne me laisse pas tomber. Compris ?

Donc, jeudi fut pour nous une journée haute en colonnades (encore une) et en spiritualité. Nous avons effleuré la franc-maçonnerie américaine. Oh, on peut même dire "pénétrer" car nous avons visité dans la même journée le Mémorial maçonnique consacré à George Washington construit à Alexandria (Virginie) et le temple maçon situé dans la 16ème rue (le boulevard des églises) à Washington.

Le Memorial a été édifié, sur le modèle du phare d'Alexandrie.


On a appris que Dan Brown, (Da vinci code), est souvent venu faire des recherches pour son prochain bouquin sur la franc-maçonnerie à Washington qui sort en 2010.

Le temple de Washington a plutôt des airs gréco-romains (et une touche d'Egypte).



Vu ce que j'avais entendu durant ma jeunesse sur la franc-maçonnerie (FM), j'étais curieux de lever le voile sur cette étrange organisation. En résumé, j'ai retenu quelques trucs.

Les chiffres d'abord (c'est plus rassurant). On a, grosso modo, 4 millions de FM dans le monde dont la moitié aux États-Unis. Un chiffre en diminution depuis 50 ans. D'ailleurs, le dernier président des 14 présidents maçons était Gerald Ford. Les frères sont organisés selon des rites différents où on devient un grand-maître en 7 ou 33 degrés (ça, c'est pour l'ambition).

Les FM ne sont pas très progressistes aux Etats-Unis. Les loges féminines ou mixtes sont interdites. Les femmes sont dans des associations qui ont des accords avec des loges. Au début de chacune des visites, on me demandait : "Are you a mason sir ?". Question suivie d'un grognement de madame.

A part ça, ils prônent la fraternité, la spiritualité et se considèrent comme "une société avec des secrets plutôt qu'une société secrète" (dixit notre guide).

Sinon, (ce qui m'a surtout plu), leur conception est fondée sur la symbolique où le triangle est roi. Selon les rites, ils ne craignent pas de mélanger des trucs de l'ancien testament avec les chevaliers. Ce qui, vous en conviendrez, donne de fort belles images.


La clé de voute du temple de Salomon (symbole de notre construction intérieure).


Les animaux symboles de sagesse.


L'arche d'alliance (peut-être ai-je trop regardé Indiana Jones).


Le trône de Salomon.


Une salle en forme de chapelle pour les réunions entre dignitaires.


Voilà l'armure.


La bibliothèque.



C'est pas tout ça, mon ange gardien putatif mais je m'aperçois que je commence à croire en toi. Je n'ai point chuté dans les abîmes de l'ironie.

Avant de sombrer dans la sainteté, je te raconte la dernière. Ne pouvant me retenir, j'ai demandé à la jeune guide du temple à Washington si la présence d'une échelle dans une salle était volontaire.


Elle m'a fixé, interloquée. Madame m'a sauvé en précisant : "l'échelle, en forme de triangle, la symbolique, tout ça..." Long silence.

Vous pouvez me prendre pour un fou. Mais, à Alexandria, quelques heures auparavant, j'avais vu ça.


Alors, moi, je dis, les symboles, il y en a partout ou bien nulle part. Si tu veux que je croie en toi, mon ange gardien, fais-moi signe. C'est tout.

La chanson du jour : les Beatles chantent "Penny Lane".




Et la liste des "symboles dans ce vaste monde".
- bonjour
- s'il vous plaît
- merci
- au revoir

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 4 février 2009

Le Giant, c'est bien


Ce titre, c'est de l'humour.
En fait j'ai comme une crise en ce moment. La dépression de la consommation. Juste pas envie de faire les courses. Car toujours l'homme de bien retourne dans un magasin pas sexy pour deux sous, j'ai nommé le Giant. La loose de la loose.

Pensez-vous donc. Que faire d'un magasin qui n'a ni rayon livres et magazines (que de l'alimentaire et des couches et des médocs) ? Ou je ne peux retrouver mes illustrés favoris ?


Pas grand chose, hormis faire le remplissage hebdomadaire du frigo. Dans une précédente vie de journaliste, j'étais payé pour savoir que l'on achète 80% des produits déjà acquis la semaine précédente. Là, je dois frôler le 99%, je suis dans le film "Un jour sans fin" version achats de bouche.

Et puis j'ai découvert deux Giant un chouïa différents de mon pauvre magasin.

Le premier, situé à Charlottesville (Virginie) propose quelque spiritualité au rayon boulangerie (y aurait-il un Christ en croix au bricolage ?)


Le second, dégotté à Chevy Chase (Maryland), permet d'assouvir mes instincts coupables. Oui, j'ai acheté un Expresso Truffle (deux doses d'expresso dans un chocolat chaud) dans le mini-Starbucks à l'entrée du magasin.


Une boisson bouillante (comme indiquée sur le carton) que j'ai sirotée en emballant les bananes (enfin, après car je n'ai que dix doigts), sur laquelle j'ai soufflé après avoir renversé deux yaourts puis gobé les dernières gouttes juste au moment de passer en caisse.

Bref, monopolisé par l'ingestion du liquide récalcitrant, j'en ai oublié jusqu'à l'ennui mortel des courses du soir (j'ai essayé le matin, pas mieux) en me promettant la prochaine fois une autre activité déambulatoire genre :
- compter les dalles de carrelage au sol (au moins dix mille).
- Comptabiliser le nombre de sortes de saucisses parfumées (au moins 30).
- Déterminer les marques de glaces proposant le parfum vanille (au moins dix).

Et si on faisait ce genre de manifestation au Giant ? Chiche...



La chanson du jour : James Brown chante "it's a man's man's man's world".



Et la liste des "courses agréables".
- Flâner dans une bouquinerie.
- Aller réserver les hôtels pour les vacances sur Internet.

(Maintenant, à vous de jouer)

mardi 3 février 2009

Il vient d'ailleurs

Je me disais que cet homme n'était pas fait du même bois que d'autres.
Je savais qu'il y avait en lui un "je ne sais quoi" de différent.

En me promenant dans Washington, j'ai compris.



Ça m'a fait penser à cette peuplade bien étrange.




La chanson du jour : Anja Garbarek chante "Last trick".




Et la liste de mes "étranges habitudes".

- Boire un café en lisant les blogs.
- Boire un Expresso truffle en allant au Starbucks
- Boire un Coca light en allant au restaurant.

(Maintenant, à vous de jouer)

lundi 2 février 2009

Huit colonnes à la Une


Hier fut un jour béni
des dieux pour nous, amis de l'architecture. Je sais, en ce moment, on est très colonnades.

Mais il est, à Washington, un bâtiment improbable, construit autour des années 1880 pour accueillir les fonctionnaires chargés des pensions des anciens de la guerre de Sécession.

Avec ses colonnes de 25 mètres de haut (huit piliers, "les plus grands du monde" selon les Américains) et des bureaux disposés le long des murs, le National building muséum nous fit lâcher un "oh" admiratif dès notre entrée.





On y est resté plus d'une heure car les enfants disposaient d'un endroit avec Kapla, Lego et briques en carton pour exprimer leur folie des grandeurs.




En ressortant, le soleil couchant de cette journée très douce nous faisait oublier la froidure des dernières semaines. On se serait cru au printemps.



Et le soir, pas de super bowl. Mais j'ai eu une petite pensée émue pour les perdants de la dernière minute. Peut-être se reconvertiront-ils comme cet ancien joueur de football américain.





La chanson du jour :
"Is this love ?" par Bob Marley.




Et la liste des "choses grandes, belles et inutiles".

- La Tour Eiffel (trois traits de crayon et hop, on la reconnaît).
- Les châteaux de sable (avec des coquillages au dessus).
- Les couvertures de Cristo (emballez-moi ça, monsieur).

(Maintenant, à vous de jouer)