vendredi 26 juin 2009

Des frigos

On est ce qu'on mange. Pourquoi pas ? Après les poubelles disséquées et les photos de familles posant devant un mois de leurs aliments familiers, un artiste a simplement décidé d'aller voir au coeur de l'entrepôt. Les frigos se sont ouverts à l'objectif.


Comme les photos d'autres endroits de la vie quotidienne (bibliothèque, placard à ustensiles de ménage, commodes, meuble à chaussures, garage, chambre d'enfant..), le jeu a un petit côté voyeur bien agréable où tant le contenu que la manière de ranger sont intéressantes, révélateurs d'un tas de petits trucs.

Bon, le site du garçon est ... Vous allez dans "portfolio" puis "you are what you eat" et c'est dans "images".

(Jetez un coup d'oeil sur la photo n° 15 qui renferme un étrange invité...).


Comme je pars en vacances tout un mois, le contenu de mon frigo est, disons, très allégé. Que révèle-t-il de son co-propriétaire qui fait les courses (89% du temps les mêmes aliments) ?



La chanson du jour : Mazzy Star chante "Fade into you".



La liste des "objets trouvables dans un frigo".

- Un corps sans tête (dans l'excellent polar "la femme dans le frigo" de Gunnar Staalesen)
- De la glace pour les entorses
- Une bouteille de Coca-light explosée dans le congélateur.

(Maintenant, à vous de jouer) et bonnes vacances.

lundi 15 juin 2009

On the road again


De lui,
j'aimais ce mot... "Silencio" qui sortait d'une brune mystérieuse, susurré dans un théâtre d'ombres. Il est l'homme qui me donna envie d'aller voir les hauteurs de Los Angeles, celui qui me fit regarder autrement les bandes blanches ou jaunes (selon le degré d'alcoolémie) de l'autoroute.

Il nous a donné l'immense Patricia Arquette, perdue en nuisette dans une salle à l'impressionnante hauteur sous plafond. Celui qui a habitué mon regard apeuré d'ado de 13 ans en colonie de vacances à fixer le visage pour le moins disgracieux du sieur Merrick.

Grâce à lui, la tondeuse a été réhabilitée comme moyen de transport pour traverser un Etat américain.

Et voici que David Lynch poursuit sa route. Il a traversé les États-Unis pendant 70 jours d'est en ouest (30 000km). Avec une petite équipe, il a rencontré 120 personnes. Au hasard. Elles se sont confié, racontant des bouts d'une vie.

Le résultat s'appelle "interview project david lynch". Une vidéo est postée tous les trois jours.

Présentation par le réalisateur.



La chanson du jour : Paolo Conte chante "Hemingway".



Et la liste des "films où j'ai fermé les yeux"
- Elephant man (trop de bosses sur la tête)
- Amityville (trop de sang sur les murs)

(Maintenant, à vous de jouer)

jeudi 11 juin 2009

Un nom


Il y a une semaine tout juste
, j'étais au musée de l'Holocauste de Washington. A l'endroit où, hier, un raciste de 88 ans a tué un agent de surveillance noir. "Noir" comme la couleur de peau que le tueur voulait éradiquer de la terre. Il détestait tout autant les juifs.

Remarquez, je dis une semaine tout juste... Ça pourrait être il y a un mois ou avant-hier que ça ne changerait pas grand-chose à l'histoire. Si ça se trouve, c'est cet agent qui a ouvert mon sac, constatant qu'il était vide. Si ça se trouve, hein...

C'est bizarre, je traîne depuis quelques jours un gros tas de questions à la suite de ma visite dans le musée. Pas à propos du musée lui-même, non. Il est très bien construit. Dès la sortie de l'ascenseur, au quatrième étage, on est saisi face aux immenses photos des camps tels que les Américains les ont découverts. Puis l'exposition raconte l'exclusion et les persécutions mises en place par les nazis jusqu'à la solution finale. Cela m'a fait penser au remarquable travail de l'historien Raul Hilberg, qui démonte les mécanismes du système.

Tout est raconté sobrement, appuyé par des images d'archives et des vidéos qu'on n'est pas forcé de voir (comme celles des expériences médicales). De même, on peut choisir de ne pas traverser le wagon exposé. Rien que cela montre le respect dans lequel est tenu le visiteur. On est bien loin d'une vision "totalitaire" de la mémoire.

Ce qui m'a le plus impressionné, c'est que le musée y adjoint la dimension personnelle qu'on trouve dans les livres de Primo Levi ou le film "Shoah" de Claude Lanzmann.

A l'entrée, on peut prendre un "passeport" dans une pile. Celui-ci raconte en quatre pages la vie d'une personne pendant l'Holocauste. J'ai pris le premier accessible.


A côté d'Anne Frank, il y aura maintenant Robert Freund.


Robert Freund est né en 1893 dans la banlieue de Mannheim et a servi dans l'armée allemande pendant la première guerre mondiale. Il a deux enfants et était décorateur d'intérieur. Lorsque les nazis sont arrivés au pouvoir, il a perdu son emploi. Quand la synagogue et l'école juive locales ont été brûlées en 1938, sa femme et lui ont décidé d'envoyer leur fils de 14 ans en Grande-Bretagne mais pas leur fille qu'ils trouvaient trop jeune.

Le 22 octobre 1940, les Freund sont sommés de quitter Mannheim et de se rassembler à la gare. Robert désobéit, il essaie de cacher sa femme et sa fille auprès d'une famille juive vivant en dehors de la ville. Ils sont découverts et Robert est frappé devant sa famille. Quand il demande à ses agresseurs d'en finir et de le tuer, ils arrêtent de le battre.

Les Freund sont déportés au camp de concentration de Gurs, dans le sud de la France, où Robert est séparé de sa femme et de sa fille. Il est envoyé au camp de transit de Drancy en août 1942 puis déporté à Auschwitz le 14 août. Il est gazé dès son arrivée.


Alors voilà, maintenant, ce livret est sur mon bureau depuis une semaine. Je ne l'ai pas jeté. Lors de ma première visite au musée, j'avais pris le passeport d'un survivant que j'ai égaré. Mais là, rien. Je n'y touche pas. Mauvaise conscience ? Peur de jeter la vie d'un homme dont je ne sais rien et dont, pourtant, j'imagine les souffrances ? Je ne sais pas.

Je crois que je vais le mettre dans le coffret de Raul Hilberg à côté des 2000 pages qui déchiffrent le comment de "l'extermination des juifs d'Europe".


La chanson du jour : "Playground love" par Air.




Et la liste des "livres à propos de différents massacres et déportations".
- "Dans le nu de la vie" de Jean Hatzfeld (sur le génocide rwandais)
- "Le portail" de François Bizot (sur le génocide au Cambodge)
- "Récits de la Kolyma" de Varlam Chalamov (sur les camps sibériens)

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 27 mai 2009

Assateague (l'île fantastique)


C'est une île
à trois heures de route de Washington DC. D'un côté la baie de Cheesapeake, de l'autre l'océan. On y accède par un pont en acier trempé, même par les jours de beau temps. L'île d'Assateague est un repère de rangers, c'est un parc national. Mais un très jeune, né bien des années après la -merveilleuse- invention de rossevelt, dans les années 30.

En 1962, près de 9000 personnes y habitaient, dans des maisons conçues à l'américaine, c'est-à-dire vite montées, vite soufflées. La suite de l'histoire, c'est qu'un ouragan venu du large fit du petit bois de tout cela, sans mort. Il reste l'ancienne route asphaltée.


Aujourd'hui, l'île abrite une faune drôlatique.




Saurez-vous reconnaître les monstres cachés par les herbes de tous poils ?





Et nous y avons vu la troisième sorte d'écureuil vivant sur le territoire américain (pas le gris ni le roux).


En vedette américaine, les poneys sauvages (aussi les moustiques l'été, mais bon...). Plus d'une soixantaine vaquent à leurs occupations quotidiennes (grosso modo brouter durant 18 heures).





La légende veut qu'ils soient arrivés sur l'île au 17ème siècle, à la nage, échappés d'un vaisseau en perdition. Plus prosaïquement, on ajoute que des propriétaires terriens, voulant échapper à certains impôts, les auraient envoyés sur cet terre. Chaque été, les jeunes sont capturés, vendus et l'argent va à une association de protection de l'île.

J'aurais pu titrer le billet "poney à nez" tant ces individus peu recommandables s'invitent sans vergogne à la porte de votre tente (la seule habitation de l'île... Formidable, ceci dit).


Il était même écrit que nous assisterions à une bataille d'égos.



Comme toute île qui se respecte, elle comporte son phare, située dans la partie sud, Chincoteague.



Devant notre joie sans nom à la vue de n'importe quel animal, madame a bien résumé l'impression familiale quant à nos balades dans la nature américaine : "Mieux vaut un lapin dans la nature qu'une girafe au zoo".


La chanson du jour : après deux ans de recherche, j'ai enfin trouvé voici quelques jours quel refrain ensoleillait certains après-midi.


Et la liste des "chevaux célèbres"
- Les chevaux moteur
- L'étalon noir
- Ourasi

(Maintenant, à vous de jouer)

vendredi 15 mai 2009

Roman en ligne

La pièce est prête. C'est une jolie salle de bain de cinq mètres carrés, aux murs blancs. Elle est au premier étage et communique avec la chambre du grand.

Ce sera ma salle d'écriture. Je vais essayer. Je ne peux pas écrire en bas où tout est distraction. J'ai acheté une petite table blanche, que j'ai posée en face du mur disponible, entre les toilettes et le lavabo.

A 6h (code aviation), c'est-à-dire dans mon dos, une fenêtre avec moustiquaire donne sur les arbres. En ce moment, les oiseaux s'en donnent à choeur joie dès 4h30. A 5h, une douche.

Chaque matin, je monterai dans ma cellule de 9h30 à 13h pour écrire. De la discipline. De la constance. Voir ce que ça donne mais essayer pour ne pas regretter.

J'ai un avantage notable sur Antoine Blondin. Lui, ses copains l'enfermaient pendant des jours dans une pièce pour l'obliger à écrire (en lui passant ses repas à heures fixes). Sinon, l'homme passait son temps à l'école buissonnière pour prendre ce qu'il appelait ses "verres de contact".

Qu'est-ce qui m'obligera à monter ? Je publierai chaque chapitre, au fur et à mesure de l'écriture sur Internet. Ici. En gros, vous, lecteurs éventuels, vous serez ma "Colle à Cul" selon l'expression fleurie d'Elisabeth George qui ajoute que celui qui finit un bouquin est celui qui a une bonne CAC.

Au programme des prochains mois :
- Histoire et personnages bouclés fin mai.
- Ecriture (1000 mots par jour soit 5000 signes) et mise en ligne à la fin de chaque chapitre.

A ce compte-là, j'ai l'intention de terminer le bouquin d'ici l'été prochain puis de l'envoyer chez un éditeur.

Lundi, au boulot garçon.
(En attendant, week-end camping à Ocean city, près de la mer, à contempler des chevaux sauvages).



La chanson du jour : Nneka chante "heartbeat".



Et la liste des "excuses pour ne pas écrire".
...

(Maintenant, à vous de jouer)