lundi 10 mars 2008

Chanson du matin


Interlude musical 1 de la semaine sans histoire.



Ce matin, on chantait en chœur dans la voiture en allant à l’école…

"Depuis qu'j'me suis cogné la tête,
Depuis qu'je suis tombé de l'arbre,
J'entends le pas de mon squelette,
J'entends son cliquetis de sabre.

"Squelette, mon ami,
Veux-tu du salami ?
Squelette, mon garçon,
Veux-tu du saucisson ?
Je comprends ton mal-être
Dans l'armure de l'ancêtre,
Tes soirées sont mortelles
Dans l'armoire à dentelles."

Alors il se débine
Par la fenêtre à guillotine,
La lune, astre obscène,
Eclaire la scène...."

(Thomas Fersen, Mon macabre)

Très belle animation toute de simplicité sur cette chanson...

Vidéo envoyée par balafenn


La danse du lundi de la semaine sans texte : un mariage qui sort gentiment des rails.


Et la liste des "trucs tuants durant les mariages"
- attendre une plombe dans l'église pour féliciter zeureux mariés zé seureux parents (quand ça se fait encore...)
- le vin d'honneur qui dure deux plombes (alors je m'asseyais sur une chaise et je parlais avec les gens, des personnes âgées qui me racontaient leur vie, ça me plaît bien... Sauf que maintenant, il y a des musaraignes détalantes à surveiller...)
- le repas qui dure trois plombes avant qu'on aille danser (surtout quand tu es à côté de quelqu'un auquel tu n'as rien à dire sitôt le cv balancé)
- justement, les voisins qui t'entreprennent sitôt le cv balancé ; "ah bon, vous êtes journaliste ? Parce que j'ai vu à la télé... (merci, je suis dans la presse écrite, c'est pas la même chose). Et pis, vous devez savoir qu'on nous cache des trucs (euh, non, enfin, si, un peu, je peux vous raconter du bon pipole, les dernières coucheries parisiennes, j'adore ça...)

Mais j'aime les retours de mariage, le petit déj à 11h, les balades en forêt (surtout vosgienne), le repas des restes de la veille (avec crudités), et les au-revoir qui s'ensuivent...

(maintenant, à vous de jouer)

vendredi 7 mars 2008

Le fugitif

Monsieur Parker a été arrêté l’autre jour à son domicile, en Caroline du Nord. Des policiers sont entrés, il a décliné son nom et les a suivis.

Monsieur Parker n’est pas en très bonne santé, dit le Washington Post, qui raconte sa vie : il a de la tension, du diabète, une hépatite C que les médecins ne peuvent traiter car son cœur est trop faible. A 81 ans, il est ce qu’on appelle un fugitif. De longue date. Sa fuite a duré quarante ans.

Il donne l’impression d’avoir toujours fui. Il est arrêté en 1952 pour avoir braqué un chauffeur de taxi. Lui dit que c’est son oncle qui tenait le pistolet et qu’il avait couru en voyant la police. Il est condamné à 40 ans de prison. Au bout de 11 ans, il est libéré sur parole.

Pour être à nouveau arrêté un an plus tard pour plantation de marijuana. Il doit faire les 29 ans de prison restants. Il travaille en semi-liberté pour un fermier du Maryland, auquel il laisse entendre qu’il a beaucoup d’argent planqué. Le fermier le laisse partir.

La police le retrouve à New York où il vivait sous deux fausses identités. Blessé pendant l’interpellation, il est conduit à l’hôpital. On le laisse seul dans une pièce. Il sort tranquillement.

A ce propos, avez-vous déjà vu une évasion de raviolis ?



Bien des années plus tard, la police cherchant le cambrioleur d'une bijouterie tombe sur sa voiture. Et lui dedans. Il a un pistolet non déclaré à bord…

A son procès, le juge lui apprend que les papiers de la prison du Maryland ont brûlé. Sa première condamnation est donc caduque. Il est libre. Il refait sa vie. Il épouse une femme sans avoir divorcé de sa première épouse. Il a un enfant qu’il ne reverra jamais.
Il mène une vie ordinaire. Jusqu’à la semaine dernière, où il est à nouveau arrêté. On lui apprend alors que l’Etat du Maryland le cherchait, en fait, depuis quelque 40 ans. Pendant ce temps-là, monsieur Parker vivait sous sa véritable identité, avait acheté deux maisons et bénéficiait de la Sécurité Sociale américaine.

« Je n’ai plus beaucoup de temps, a-t-il dit. Je ne veux vraiment pas le passer en prison. Le plus important est de rendre mon nom propre. » Depuis, il a été libéré.

En lisant cet article, j'ai été assailli de questions :
Pensait-il souvent qu’il était fugitif ?
Pensait-il à sa première femme et à son fils ?
A quoi pensait-il le soir, en se couchant ?
Sa seconde femme connaissait-elle ses vies antérieures ?
Et lui, qu'a-t-il appris de ces vies-là ?

La chanson du jour : Terry Callier chante "Timepeace"



Et la liste des « doubles vies »
- Véronique (sans Davina et avec Kieslowski)
- Ajar et Gary (et deux prix Goncourt)
- Peter Parker (il tisse sa toile)
- Jean-Claude Roman (une tragédie)
- Catherine Deneuve (Belle de jour)
(maintenant, à vous de jouer)

jeudi 6 mars 2008

La chasse aux trésors

Tout porte à croire qu’on se pose. Six mois après l'installation, deux mois après la création du blog et 72 jours après la confection d'une quiche lorraine, voici l'étape aménagement de la maison.

Aujourd’hui, premier achat américain de taille pour l'intérieur : un tapis bariolé chez le Suédois du meuble. Pas tout à fait le choix de départ mais son cousin était disponible. Et c'est bien ça l'essentiel. Vu que la vendeuse assurait dans un grand sourire qu'on ne savait pas quand ça allait approvisionner de nouveau. Va donc pour une légère variante de la photo mais l'esprit y est.

Jour à marquer d'une pierre import, d'ailleurs, (ah, non, c'est l'autre) car nous étions une dizaine dans le magasin... Un silence de cathédrale au royaume de Billy et Rationel... Les Américains (aux goûts très beigeasses), n'ont pas encore totalement succombé aux charmes suédois...

Pour faire bonne mesure, j'ai aussi enlevé un meuble à tiroirs pour soulager la table qui me sert de bureau. J'ai choisi Mickaël plutôt que Jonas ou Goliat... Tendance un peu bordélique je suis, donc une acquisition utile j'ai fait.




Décidémen
t très inspiré, je me jetai derechef sur un fauteuil, style très laid, avec faux cuir noir des salles de jeux vidéo, mais aussi style pas cher. Sur ce coup-là, j'ai adopté Moses...

Ça n'a aucun rapport mais je me suis toujours demandé comment ils se décidaient, chez le Suédois, pour nommer leurs objets... Parce que là, baptiser Moses le fauteuil le plus laid de la terre, faut osier... (panier + osier + eau = Moïse)

Bon, l'opération tapis a un objectif inavouable : reprendre –doucement- possession du salon. La grosse table indienne (ornée de six éléphants) qui trônait en son centre, servait de décharge à dessins voire virait marécage les jours de grand vent sur le lait froid…

A la place, une petite table ronde, qui a subi les assauts du temps et du contenu de verres d'alcools forts, sera gratifiée d'un décapage sévère quand le printemps germera…

Avec la télé (petite) et un fauteuil (lourd, lui) dessus, on devrait pouvoir éviter ce type de mésaventure...


Cailloux récoltés près d'Atlantic City pour faire joli…






La chanson du jour
: "mi nina Lola" par Buika



Et la liste des "premiers achats "
- premier achat en arrivant à la gare ou l'aéroport : un livre
- quand j'arrivais au journal : un café court non sucré
- des enfants pour leur mère : un collier en pierre chacun à Collonges-la-Rouge
- en entrant dans un magasin alimentaire : du Coca light
- le matin à Paris : l'Equipe
- pour le petit dernier : un nounours choisi par son frère et sa sœur.
- premier dîner le premier soir des vacances : une pizzeria ou une crêperie
- premier achat dès l'arrivée dans un camping : du lait et des carottes râpées
(maintenant, à vous de jouer)

mercredi 5 mars 2008

Les onze y trônent

Les trucs mnémotechniques (rien que pour me rappeler l’orthographe du mot, j’ai besoin d’un bidule) m’ont toujours bien fait rire. Ils fuient ma mémoire trouée.

Une pré-ado américaine de 10 ans a trouvé une jolie phrase pour se rappeler de l’ordre des onze planètes du système solaire ; ben oui, Pluton est devenue il y a deux ans une dwarf planète et on lui a ajouté deux copines pour occuper ses journées (Ceres et Eris).

En poésie scientifique, c'est plus joli (thanks Wikipedia) : « Les trois planètes naines sont Pluton, le plus gros objet connu de la ceinture de Kuiper, Cérès, le plus grand objet connu de la ceinture d’astéroïdes, et enfin Éris qui se trouve dans le disque des objets épars ».

Mais je m'éparse... Pour nous résumer, un concours fut lancé par le National Geographic. Remporté par l’ado qui a trouvé (en dix minutes, dit-elle, la crâneuse...) : My Very exciting Magic Carpet Just Sailed Under Nine Palace Elephants.

Ce qui pourrait donner en anglais approximatif : Mon super génial tapis magique vient de passer sous neuf éléphants de palais.

Si vous avez le truc mnémo en version française, je suis preneur. Rien trouvé sur la toile. De toile à étoile, il n’y a qu’un million (et quelques) de pas lumières à franchir.
Je suis resté coi devant cette vidéo.


Et puis, forcément, j’ai pensé aux messages envoyés aux potentiels (possibles, plausibles, éventuels, putatifs, supposés, éventuels, envisageables, envisageables, intelligibles voire intelligents) extra-terrestres.

Un qui m’a marqué, c’est la plaque emportée par Pioneer en 1971 (la photo du haut), pour raconter qui on est, où on est, comment on fonctionne. Rien. Silence du fond de l’univers. Deux ans plus tard, rebelote… Toujours pas de réponse.
Alors, le 5 février dernier, la Nasa décide de changer sa fusée d’épaule et balance en direction de l’étoile polaire une chanson des Beatles : « across the universe ».
Réaction de Sir Paulo : « Incroyable, bien joué la NASA ! Envoyez mes vœux aux extra-terrestres ». Digne d'un Monty Python.

Pour la petite histoire, elle a été composée par un Lennon en pleine méditation transcendantale puis enregistrée en 1969.

Voici en chanson du jour la version contemporaine de Fiona Apple. Heureusement qu'ils ne l'ont pas envoyée, celle-là... Pour démarrer, où que vous soyez le lieu sur la terre (et peut-être en même temps qu’un ours de l’étoile polaire)… Appuyez sur la fléchette et l’univers cherrera…


Et la liste des « choses que j’enverrais aux extra-terrestres » (le best-of de la terre)
- les œuvres complètes de Vialatte (la Bible des bien-portants)
- un numéro (au hasard) d’un journal people
- le DVD de la fabrication des œufs à la neige par ma grand-mère.
- Des hologrammes des sculptures de Giacometti et de Moore
- Des tableaux de Hopper et de Spilliaert
- Du Coca-light (pas trop bulleux) et du Cheesecake
- De la musique brésilienne et du Purcell et du Joe Dassin et du Belle & Sebastien et du Thomas Fersen.
(maintenant, à vous de jouer)

mardi 4 mars 2008

La belle et les bêtes

Aujourd’hui, une bien tendre histoire de femmes et de fourrure. Eh, oh, (let’s go), doucement, je me suis inspiré du titre du reportage du Washington Post de samedi dernier, pas d’un roman de Léopold Von Sacher-Masoch.

C’est une ville du Maryland, Golden Hill, qui, chaque année, depuis 63 ans, organise deux concours à la fin février ; un concours de beauté puis, le lendemain, sur la même scène, une compétition d’écorchage de rats musqués.

Tout cela se déroule à moins de 100 km de Washington DC, dans un coin très perdu, au bord de la baie de Chesapeake, terres de grands marécages et de chasseurs de tous poils.

Cette année, deux jeunes filles ont participé aux deux concours, devant plus de 1000 personnes. Plus incroyable : la gagnante de Miss Outdoors (le glamour) a également remporté le concours junior de dépeçage. Elle a 17 ans, elle s’appelle Dakota Abbott et elle est là-haut en photo. Elle a de qui tenir. Son père et son grand-père ont remporté 28 des 63 trophées mis en jeu. Dépecer est, pour ainsi dire, une marque déposée de la famille Abbott.

Voici la vidéo de l’exploit : il s’agit d’enlever la peau de l’animal le plus vite possible. Elle peut impressionner les âmes sensibles. Ca m’a fait penser à la ferme corrézienne où j’ai vu la chose opérée sur les lapins. (Après, le lapin à la moutarde… Hum). Si vous cherchez Dakota, c’est la jeune fille brune qui apparaît à 1’09.



Pour la petite histoire, le Championnat du monde de l’écorchage des rats musqués a été lancé à la suite des rivalités entre familles.
Mais, la tradition se perd. Cette année, elles n’étaient que cinq jeunes filles au concours de beauté. Il y a de moins en moins de participants à l’écorchage.
Ce qu’elles veulent juste, c’est rester vivre sur leurs terres, là où les reines de beauté peuvent avoir du sang de rat musqué sous les ongles.


PS : amis des rats musqués, les scientifiques indiquent que l’espèce n’est pas mise en danger par le concours.

PS 1 : (dixit Wikipedia) en France, par exemple, le rat musqué est inscrit sur la Liste des animaux susceptibles d'êtres classés nuisibles. Il fait l'objet d'une lutte organisée dans les Flandres belges et françaises, régions où il a trouvé un habitat idéal.


La chanson du jour : Nico et Lou Reed à la guitare dans "Femme fatale".


Et la liste des « femmes fatales »
- Salomé (ma tête sur un plateau)
- Les Sirènes (bouchez-moi les oreilles ou je fais un malheur)
- Les Amazones (.com)
- Mata Hari (mon espionne bien-aimée)
- Manon Lescaut (ah, la malheureuse)
- Karaba, la sorcière de Kirikou (« pourquoi t’es-tu approché aussi près d’elle, Kirikou ? Pour la regarder. Elle est si belle »)
(maintenant, à vous de jouer)