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samedi 12 avril 2008

Au revoir, ma caisse

Adieu ma vieille guimbarde... antique caisse, voiture pourrie. Au choix des doux surnoms de la digne automobile achetée dès le débarquement à Washington, en août 2007. D'occasion, forcément, comme on voulait un modèle 7 places, genre espace et qu'on avait très peu d'argent.

Avec quelques centaines de "bucks", ici, tu n'as rien ou si peu, une bagnole acquise par petites annonces. On a eu une Plymouth de 1998, elle a parlé français six bons mois... Elle nous a transporté en Georgie, vers les plantations de Caroline du Sud, le quartier historique de Philadelphie et les casinos d'Atlantic City.

Elle a papoté avec les canards de la baie de Chesapeake et promené tous les jours les enfants jusqu'à leur école, partagé leurs premières impressions de ce nouveau pays, leurs pleurs quand les amis de l'ancienne vie leur manquait trop, leurs fous rires incontrôlés, les coups de gueule du père.

Bref, elle a vécu une retraite très active avec 13 000 km supplémentaires au compteur.
On l'a remplacé par une nouvelle voiture, une Honda Odyssey, plus grande, plus jeune (2004), moins de vécu. C'est ce qu'il nous fallait.

Dans deux jours, on part en vacances dans le nord des États-Unis. On fait le tour de la Nouvelle-Angleterre, quelque chose comme huit États (et chouette, des plaques). Un périple de 5000 km au bas mot.

Et que je vous raconte ce qui attend la nouvelle caisse. Si on reste quatre ans ici, on voudrait visiter (ou traverser) tous les États de l'intérieur du pays. En tout48 Etats... C'est un projet, une envie, celle de surfer sur l'espace américain.
Compter sur une bagnole qui s'appelle Odyssey dans cette tâche, me paraît un bon début.

Ça paraît stupide, hein, de s'attacher à une bagnole... Mais quand le bon ami à qui je l'ai cédée m'a dit : "ça te fait quelque chose de la laisser ?", j'ai répondu tout de go : "ouais, ça fait bizarre, c'est une période de la vie." De toutes façons, tout me paraît bizarre ces derniers temps, je me découvre d'autres intérêts... Alors, au revoir vieille caisse, quand j'aurai une bouffée de nostalgie, je viendrai te voir à 10 minutes de chez moi...

Ca n'a aucun rapport mais j'ai adoré cette vraie-fausse comédie musicale improvisée (et pourtant, je ne suis pas fana du genre...)



La chanson du jour : Nouvelle vague chante "let me go"


Et la liste "des voitures de ma vie"
- une Ford Escort bleu métallisé (153 000km) de 18 à 21 ans.
- une Ford Escort brune (127 000km) de 26 à 32 ans.
- une Renault Mégane Scénic bleue marine (124 000km) de 32 à 38 ans.
- une Plymouth Voyager grise (156 000km) de 38 ans à 38 ans 3/4.
(maintenant, à vous de jouer)

lundi 17 mars 2008

Triple B (comme buse, ballot, bêta)


Tu le savais bien…

Tu savais que, lorsque tu achètes une vieille voiture, qui n’a qu’une clé, tu ne la lâches pas d’un seul pouce.

Tu savais que, lorsque je fais un pas vers le gouffre, le destin rigolard me pousse d’une pichenette puis me rattrape par la manche.

Et pourtant... Ce matin, en amenant les enfants à l’école, j’ai chu.
J’ai laissé la clé sur le contact, le sac à dos sur le siège arrière, en pensant : « allez, tu mets la puce dans le bus et tu repars dans cinq minutes. »
Je l’avais déjà fait deux fois. Sans dégâts.

Mais la troisième fut fatale. J’allais d’un pas ferme et souple vers le bus quand la puce poussa le bouton de fermeture centrale. J’entendis le clic… Puis l’horrible clac. Le clac, c’est le bruit de la porte qui se ferme (tout ça, évidemment comme dans un rêve au ralenti…).

Je me retourne. J’essaie d’ouvrir. Horreur, malheur. Fort Knox. Tout fermé. Clos. Le blockhaus de la mort. Le tombeau, mon sarcophage du lundi matin.
Nous dehors, puce, yibus et petit garçon et LA clé dedans.

Je vous passe les cinq minutes d’énervement proche de l’Ohio… (Il y a des parents responsables et des gens très bien qui lisent le blog, on évitera les mots doux)… Pour en venir au fait de la matinée.
A poil le Yibus. Pas de papiers, de téléphone portable (dans le sac-à-dos) et LA clé… Enfin, vous savez où elle est maintenant…

Et je vois la directrice de l’école du grand qui arrive. Lors du précédent épisode de « ma voiture-mon amour », le 1er, finement intitulé "la roue de l'infortune", elle m’avait dit : « si vous avez un problème, je suis membre de la AAA, je les appelle et ils peuvent vous dépanner ».

AAA, kesako ? Elle ne bégayait pas. C’est l’American Automobile Association. Si « pour 100 briques t’as plus rien », eux, pour 100 dollars annuels, ils te dépannent, câblent ton 4X4 en manque de batterie… ET t’ouvrent ta porte de gros nigaud.

Bref, ce qui fut promis fut fait dans la plus grande patience et gentillesse…

Finalement, c’est Rayray qui avait raison. Le billet sur la bienséance et le savoir-vivre aurait dû être fait ce matin plutôt que samedi… A 9h pétantes, le gars du AAA, est arrivé. En 5 secondes, armé d’une sorte de long fil de fer, il a ouvert la porte.
N’eut été la bienséance qui me caractérise, je lui serais bien sauté au coup et claqué un gros poutou.

Regardez l’accessoire indispensable à garder dans son sac quand on a une ouature à ouverture centralisée (pas la vieille bagnole). Une véritable magic-yellow-ball.

Vidéo envoyée par PeteRock


Je cours vite m’acheter quatre boîtes de douze balles de tennis jaunes…

… Bon, j'en ai trouvé que des blanches, mais c’est fait… Ce sera pour la prochaine voiture… Parce que, celle-ci, elle va échoir, dans un mois, à un ami très cher… Le pauvre. Bon courage, mister Bouillon.

La chanson du jour : Jean-Louis Murat chante "Avalanche"



Ah, au fait, sur la photo du haut, le porte-clés représente une affiche américaine de la Seconde guerre mondiale. Les hommes au front et le slogan des femmes à l'arrière. J'aime bien cette phrase.
(acheté au musée de l'aviation, en janvier 2007, avant de savoir pour l'expatriation)


Et la liste des "femmes de talent qui me viennent à l'esprit"
- Eve (merci d'avoir croqué la pomme)
- Louise Labé (poétesse)
- Camille Claudel (Rodin, c'est bien mais Camille Claudel, c'est bien)
- Anaïs Nin (elle traversé le 20ème et les hommes en le contant fort bien)
- Jacqueline de Romilly (helléniste)
- Anne Sylvestre (en notes de musique, je lui mets AAA et paroles itou)
(maintenant, à vous de jouer)

vendredi 18 janvier 2008

La roue de l’infortune

Aujourd’hui, je vous l’avoue, je suis un pneu crevé. Eh oui, la voiture qui m’avait fait le coup de la panne voici un mois (une courroie de distribution + deux courroies de climatisation brisées menu), a récidivé. La brute. Et de la plus lâche des manières, en se dégonflant.
J’étais tranquille, j’étais peinard… Roulant sur de la neige vierge, au milieu des bois, allant dans la nature chercher la progéniture. Content, quoi !
Vous savez, l’ambiance molletonnée d'un paysage de neige, les sons étouffés, la sensation du chuintement de la roue qui écrase mollement le matelas blanc. Quand il fait chaud à l’intérieur, et que la neige tombe.

Ah, le malheureux ! Je me suis retrouvé tintin quand, arrivé sur le parking de l’école, je découvre le pneu à plat. Et là, feu d'artifice. L'intrigante m’a tout fait. J’aurais dû me douter en voyant les toiles d’araignée autour du cric. Deviner que la partie de plaisir était bien terminée.

Me connaissant, il me fallait de l’aide. Pour éviter de finir comme cette charmante…


Ou cet homme bien prévoyant…


J’allais donc me battre, aidé dans cette aventure par de loyaux et joyeux compagnons. Parti seul à l’assaut du Graal, c’est finalement à trois que nous défiâmes l'adversité. La roue de secours, bien sûr, s'était retranchée sous le coffre, une pratique assez courante par ici. Ultime rouerie, elle se détache depuis l’intérieur du coffre.

Mais pire que le cric-araignée, il y a la roue rouillée, celle qui n'a jamais servi mais reste vissée à son support. Comme il y a plus de muscles dans six bras que dans deux mains gauches, nous pouvions brandir notre prise. Au bout d'une demi-heure. Puis nous bougeâmes l'infâme, l'arrachâmes, montâmes le cric, dévissâmes (un quart d'heure au bas mot), enfonçâmes l'infâme dans l'axe, la revissâmes. La terre allait de nouveau tourner rond.

Pour vous donner des nouvelles de la vraie roue, elle n'a pas rendu l'âme malgré la nature morte ci-dessus exposée.

C’est donc bien solennellement que je fais une spéciale dédicace aux deux charmants et efficaces maîtres de ma fille, aux deux chevaliers qui n’ont pas hésité à mettre la main dans le cambouis ainsi qu’aux deux gentes dames venues proposer leur aide. L’amabilité des Américains et des maîtres d’école n’est plus à vanter.

Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, la chanson du jour ; The Temptations avec « Papa was a rolling stone ».


mercredi 9 janvier 2008

Parce qu'il faut bien commencer un jour...

Pour un premier post, j'ai l'air fin. Je viens de découvrir que la Smart n'existait pas encore aux Etats-Unis. Mais rassurez-vous, la funeste erreur sera réparée d'ici un mois, nous dit un article du Washington Post du 7 janvier 2008. Kesako cette chose, une caisse à savon ? Que nenni, « a cuddly Japanese cartoon character on wheels (except it’s German) ». La voiture fera-t-elle un carton aux US, dix ans après des débuts hésitants en Europe ? Dans un pays où le 4X4 est servi en apéritif dès les seize ans du teenager? En tout cas, 30 000 exemplaires ont déjà été commandés. Petit détail, pour satisfaire aux crashs tests locaux, le véhicule a été… allongé. Ce qui lui laisse quand même de la marge par rapport aux mastodontes qu'il côtoiera sur autoroute (en gris là haut, à gauche).


Ça n’a aucun rapport mais ce petit bonhomme (il est au milieu, pour ceux qui n'auraient pas de loupe) me rappelle une illustration récemment et récuremment vue dans un livre adoré de mes enfants…
Ce genre de bon livre à lire le soir sous la couverture pour se faire peur, de ceux qui montrent à longueur de pages des dents tranchantes (l'aimable tyrannosaure), des petits pieds (alias le diplodocus) ou de trois cornes (le triceratops) qui pourraient faire de la bouillie du bonhomme qui se retrouve toujours entre leurs pattes.
Vous allez me dire, c'est toujours utile de voir à quel cataclysme on a échappé. Ouf, 220 millions d'années nous séparent de ces monstres. N'empêche que la rencontre du troisième type entre la Smart et le Truck, elle, c'est dans un mois !

Sur ce sujet -le dinosaure-, le musée du National Geographic, à Washington DC, exposait jusqu'à il y a peu, le Nigersaurus, une des dernières bestioles remontées à la surface. Son crâne a été retrouvé en 1999, cinquante ans après la découverte des premiers os. Du grand n'importe quoi ; une tête plate, des pattes en forme de fourchette à escargot. Il ressemblerait même à une vache selon les paléontologues. De toutes façons, si on n'a retrouvé qu'un exemplaire, façon puzzle, en un demi-siècle, c'est qu'il a dû faire long feu sur le long chemin de l'évolution.
Que pensez-vous de l'animal ? Plutôt extravagant, non ?

Barry Manilow, ça vous dit quelque chose ? J'ai découvert ce garçon sur la tivi américaine. "Copacabana", c'est son grand oeuvre. Intemporel ( subtil déhanché-chapeau de côté au bout de 10 secondes).