jeudi 25 février 2010

Tuez Willy


Mesdames et -surtout- messieurs de Hollywood (machisme du cinéma américain oblige), débranchez illico presto les imprimantes sortant les pochettes de DVD.

Et surtout effacez ce titre que je ne saurais voir.

Je refuse de montrer "sauvez Willy 2" au petit garçon qui s'endort depuis des mois en récitant, mains jointes, yeux levés vers le plafond de sa chambre en bleu, les dialogues de "Sauvez Willy 1" comme autant de psaumes.

Je refuse d'anéantir tous les espoirs de cette chère tête blonde qui, à la quarantième diffusion de Willy dans la voiture, continue de croire que l'orque risque de tomber entre les mains des méchants hommes, et qui crie de toutes ses frêles cordes vocales : "saute, Willy, saute".

Oui, je refuse de montrer la baleine tueuse à ce tendre enfant qui ne voit dans cette vallée de larmes que beauté des arts et bonté des animaux.

Dan Brown, directeur général du parc Seaworld à Orlando où l'orque vient de tuer une dresseuse, a beau regretter le terrible accident. Je le dis tout de go : pas besoin d'un code à la Da Vinci pour comprendre la dangerosité de l'animal qui fait quand même ses 6 tonnes tout mouillé.

Non, le doux "Tilikum" ("ami" en langue indienne chinook), n'est pas un dauphin, le meilleur ami de l'homme dès que celui-ci met un pied dans l'eau. Il avait déjà tué deux personnes. Et je vous prie de croire que je ne me trompe pas dans le nombre de condamnations. Il n'y a aucune erreur de ma part, je n'ai pas d'ami policier pour me fourguer en douce les fichiers de cet bête dont la livrée est à dominante noire. J'ai lu la presse. Je dis les faits. Point.

Désormais, je réclame et j'exige que tous les animaux qui se présenteront à l'admission dans un parc animalier présentent un casier judiciaire vierge. Ni plus ni moins. Sans aucune agression à la personne. N'y allons pas par quatre chemins. En ces temps de crise, la moralisation de notre vie publique est à ce prix.

Ces mesures, difficiles mais nécessaires, nous éviteront d'avoir affaire aux lions tueurs de rois, qui plus est leur frère (Skar dans "Le roi lion"), aux tigres blanc rêvant de grignoter des dompteurs allemands sur fond de musique insipide (Siegfried & Roy). Nous sera également épargné l'image concupiscente d'un python royal rampant sur le corps très eighties de Kim Wilde (à 3'35).

Ces dispositions radicales
, dont je demande l'application immédiate, permettront aux hommes de bonne volonté de s'égayer dans une nature apprivoisée et -enfin- délivrée de ses mauvaises graines.

Nous aurons ainsi la joie et l'avantage de baguenauder dans les prés à l'herbe molle et fluorescente, aux côtés du toujours élégant Stump (un épargneul du Sussex)...


... Vainqueur l'année dernière du prestigieux concours du "Westminster Kennel Club dog show" au nez et à la barbe du favori qui avait commis une terrible faute de goût, de celles qui vous condamnent à croupir ad vitam eternam dans une cage à chats. Il s'était arrêté pour faire pipi.

Et c'est ainsi que "The poop" est grand.

6 commentaires:

Nath a dit…

T'es sur que c'est pas un homonyme ton orque ? Parce que la presse a pas forcement des renseignements fiables sur les casiers judiciaires !

je dirais bien enfin de l'action au pays des bisousnours marins, mais ce serai de mauvaos gout ! Bises et suis reviendue sur le blog - Nath

Homéo a dit…

ah mince les orques sont dangereux !!
Bon et y'a pas de listes ???
bon week-end :)

Unknown a dit…

C'est pas difficile de trouver des Orques violents Tolkien en a reference des milliers ainsi que tous les auteurs d'heroic fantasy qui ont suivit.
Mois je lui aurrais plutot donne un nom innoffensif comme un Hobbit.

Donc le melange des genres c'est pas bon faut faire soit dans le gore, l'heroic fantasy, le polar ou carrement des livres pour enfant mais faut prevenir.

Yibus a dit…

@ Nath : il a sans doute un anagramme (roque)... Mais toute ressemblance.... bises.

@ Homéo : et il paraît qu'on dit mêmes des orques (enfin, que c'est féminin). Allez, rien que pour toi, je remets la liste dans le prochain billet.

@ Sébastien ; alors là, tu m'en bouches un coin... Des orques chez Tolkien ? Bigrement intéressant. Comme quoi, il ne faut pas prendre les orques sauvages pour les dauphins du bon dieu.

le koala a dit…

Remarquons que quand on enferme un animal supérieurement intelligent, il aura une certaine tendance naturelle à vouloir s'échapper. Plus prosaïquement, je crois que si l'agresseur avait été un gros clebs, il se serait certainement trouvé un juge pour le faire abattre presto; mais comme un orque épaulard dressé doit valoir quelques centaines de milliers de dollars, voire un bon million, on jette un voile pudique sur ses méfaits... tant mieux d'ailleurs: après tout l'orque n'y est pour rien, il ne s'est pas présenté un beau matin à l'aquaplouf en sollicitant son admission !!

PS - pour les cokers abatardis, en revanche, je préconise l'enthanasie ou l'abandon au bord d'une autoroute.

Yibus a dit…

@ Le Koala : on vient de me préciser dans l'oreillette que "Sauvez Willy" serait une version expurgée du film original où l'orque s'est retrouvé avec une bonne dizaine de cadavres sur les bras (enfin, les nageoires) à la fin du tournage...