jeudi 16 avril 2009

La tournée des grands lacs (Wisconsin)


Au fur et à mesure
qu'on redescendait de la péninsule nord du Michigan, il y avait de moins en moins de neige. Logique, me direz-vous. Sauf que je ne veux pas. J'aime la neige. Je m'y suis habitué. Je veux lire les livres de Jim Harrison.

Mais le problème, c'est que la température remontait sacrément en même temps.

Alors, pour avoir des photos de vraie neige -et sa variante glace à l'eau- sur fond d'air doux, vous pouvez prendre une tour d'observation de 30 mètres de haut, construite dans un State park. Ce modèle familial, par exemple.


Vous montez sur les planches (quand il y a du vent et que vous vous appelez Yibus-vertigo, vous faites les deux derniers étages à quatre pattes) et vous appuyez sur le bouton de l'autofocus en fermant les yeux.




Vous avez aussi la variante transparence de l'eau. Plus proche du plancher des vaches.


A propos de transparence, j'hésite entre la couleur bleu-vert et vert-bleu, là.


Pour les photos suivantes, la dominante est plus simple à trouver, me direz-vous.





La reconstitution des événements -et surtout des lieux- chère aux Américains, permet des rapprochements acrobatiques entre une chapelle en écorce édifiée par un missionnaire français près de Green Bay à la fin du 17ème siècle...



... et les wigwams indiens bâtis deux cents ans plus tôt à l'abri des dunes.


Une anecdote pour finir.
Dans un coin de la péninsule du Door County, il y avait deux phares, deux amis qui guidaient les bateaux dans l'obscurité depuis depuis 1869. Le plus grand...


... distant de 300 mètres de son ami.


Pour entrer dans le port, les marins alignaient les deux lumières, évitaient les écueils et le tour était joué. Mais en 1969 la paire de phares a été remplacée par ce phare dernière génération, qui les nargue de l'autre côté de la route. Fin de l'histoire.


Retrouvez bientôt les aventures de Mister Yibus-vertigo en direct du 99ème étage de la Sears Tower à Chicago.


La chanson du jour : Brigitte Fontaine chante "Le nougat".



Et la liste des "peurs et autres soucis domestiques"
- Le vertige
- Les serpents
- les inondations

(Maintenant, à vous de jouer)

mardi 14 avril 2009

La tournée des grands lacs (Michigan)

Donc, six heures durant, nous pûmes nous échauffer en parcourant le coeur léger la distance qui sépare Washington DC de Cleveland. Tout ça pour, arrivés à 23h-repartis à 9h- avaler trois heures de bitume supplémentaire afin de gagner Détroit... Où nous avions rendez-vous avec Henry Ford. Sa vie, son oeuvre, son usine... Une des plus grandes du monde, qu'il a implantée à Dearborn (Michigan), là où il est né.



Et nous avons pu visiter la chaîne de montage d'un 4X4 (pas sûr qu'ils en vendent beaucoup de ces modèles). C'était un de mes rêves. J'y serais resté des heures, à voir quels gestes font les ouvriers, s'ils se parlent entre eux, ce qu'ils font d'autre que les mêmes gestes... Et la mécanique des pièces qui s'emboîtent.

Dans le musée Ford, on a pu voir l'écorché de la mythique ford T et ses 250 pièces, faciles à monter.


En cette mi-avril, en fin d'après-midi, Détroit m'a paru comme un grand trou d'air avec des ruines à quelques pas des buildings du quartier Renaissance (là où se trouve l'immeuble de GM).





Et puis on reprend la route. L'idée de ces vacances, c'est de faire le tour du lac Michigan dans le sens contraire des aiguilles de la montre. Grosso modo, on fait cinq heures de voiture quotidiennes et le reste du temps, on se balade, on mange, on dort et on prend des photos. Plus on monte, plus on voit de neige et de glace.





On rejoint, grâce à ce pont, la péninsule nord du Michigan.


Je voulais voir les gigantesques écluses de Sault Sainte-Marie, qui relient le lac Supérieur et le lac Huron. Par chance, un cargo arrive en même temps que nous. La propriétaire de la boutique de souvenirs voisine nous dit qu'il y a bien moins de bateaux qu'avant à cause de la crise.


Je médite sur l'information pendant une centaine de kilomètres, avec cet horizon devant les yeux.


Notre arrêt suivant est une plage du lac Supérieur où sable, glace, pierre et bois se mélangent.




En remontant vers le phare, on découvre ces panneaux plantés dans le sable.


C'est en mémoire du 10 novembre 1975, lorsque le Edmund Fitzegard, un grand cargo de 162 mètres de long coula au large de cette plage de Whitefish durant une terrible tempête avec ses 29 hommes d'équipage (dont ces trois jeunes hommes). Selon les archives, c'est la seule nuit en 150 ans où le phare n'avait pas éclairé le lac. Depuis 1878, il y a eu plus de 6000 naufrages sur les grands lacs.

Je médite sur les bateaux, les hommes, la mer et voilà deux autres centaines de kilomètres avalés. Au milieu des bois, une cascade qui mérite le détour, dit madame. Pour y aller, on passe par là.


Et on débouche là-dessus.



Du caramel qui s'écoule comme dans Charlie et la chocolaterie (en fait, des micro-particules tanniques des arbres, pas mauvaises du tout pour les poissons).


On a aussi vu
nos amies les bêtes de près (des wild turkeys), de plus loin (hérons et canards) et de carrément loin (daims à queue blanche).






Et voilà pour le Michigan (et une quinzaine de plaques d'immatriculation, ceci dit). Chose étonnante, nous sommes quasiment seuls la majorité du temps. Pour manger, en se promenant dans la nature. Prochaine étape, le Wisconsin.


La chanson du jour : Gordon Lightfoot chante "The wreck of the Edmund Fitzgerald".




Et la liste des "sports en hiver"
- Le ski de fond
- La raquette
- La raclette


(Maintenant, à vous de jouer)

vendredi 10 avril 2009

Entorse

Je pariais -avant-hier encore- que les vacances allaient être bien-bien. Comme dirait notre formidable voisine, "je vais tellement bien que c'en est indécent".

Le petit doigt boudiné du destin s'est donc chargé de nous mettre quelque bâton dans la roue, plus précisément dans la cheville de la puce qui a chu, pas plus tard qu'hier après-midi, en voulant sauter d'un rocher -en plastique- à l'autre.

Résultat, elle a récolté une magnifique entorse à la cheville droite qui ne manquera pas d'être résorbée dans deux semaines.

Et comme dans la famille, on aime les couleurs pétantes... Après ça, nous allons arborer cela.


Que dis-je arborer... Elle va pétuler, étinceler de mille feux... Oh la belle jaune... Soit. La puce, qui vient d'avoir 7 ans, a décidé d'aborder l'âge de déraison. Tant mieux pour elle.

Mais le père que je suis ne néglige pas pour autant le côté pratique de la chose. A moins de deux heures du grand départ (6h de route aujourd'hui vers Cleveland), nous pourrons toujours, en cas de panne ou de crevaison l'allonger dans le coffre grand ouvert, pied au grand air. Elle fera office de panneau de signalisation fluorescent dans la nuit américaine.


La chanson du jour : Chicago chante "If you leave me now".


Et la liste des trucs que vous écriveriez sur le plâtre de la puce"
- A dans quinze jours, cheville
- Profite de la poussette

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 8 avril 2009

Hopper (et passe)


Je suis d'humeur
très hoppérienne ces derniers temps. Dans le sens où quand on demandait au peintre ce que voulaient dire ses tableaux, il répondait : "c'est à chacun d'interpréter".

Bref, alors que nous partons ce vendredi pour une semaine à tourner autour du lac Michigan (dans le sens contraire des aiguilles de la montre), je crois que ce voyage va être bien-bien.

Deux mois après les couchers de soleil floridiens, ce sera sans doute la fraîcheur du Nord, les immeubles de Chicago, les maisons à vendre de Flint... Des paysages industriels, une autre facette de l'Amérique. Et la route.

Puis s'installer dans une chambre, regarder ce qui servira d'alentours pour quelques heures (Hôtel près de la voie ferrée, 1952).


Rester au plus près de la route, jusqu'à entendre le trafic voisin pendant les insomnies (Motel à l'ouest, 1957).


Des chambres où, à peine arrivé, on se pose sur le lit, comme en attente (Chambre d'hôtel, 1931).


Il m'est arrivé, la nuit, ne trouvant pas le sommeil, de me réfugier dans le hall d'hôtel pour lire... J'y ai plus rarement attendu des gens pour sortir (Hall d'hôtel, 1943).


Humour étrange de certaines inscriptions (vu à l'Holiday Inn).


C'est drôle, je ne me rappelle pas avoir été déçu par un voyage. Surpris toujours, poussé dans les retranchements du confort quotidien parfois, mais déçu, non. Je n'en attends rien de précis. Si, j'attends à chaque fois la nouvelle odeur qui va se dégager lorsque j'ouvrirai la porte d'entrée de la station-service pour aller chercher deux cafés avant de reprendre le chemin (Essence, 1940).


Alors, nous allons partir, cette fois encore, sur les routes américains. En fait, ce qui me manque le plus, c'est le train (Compartiment C, voiture 193, 1938).


Lire dans le train un bon livre et lever la tête de temps en temps, en goûtant par avance le plaisir de se replonger dans les pages aimées.


La chanson du jour : une merveille issue de "Semi-pro", parodie d'un type de basket durant les années 70. Dans la bonne ville de Flint, Jackie Moon (alias Will Ferrel) feule "Love me sexy". C'est bon comme un avatar américain de Tom Jones.

Et la liste des "mots pour parler d'Hopper"
- Lumières
- Ombres

(Maintenant, à vous de jouer)

jeudi 2 avril 2009

Livres de recette


Procrastination, j'écrirai ton nom
... Ça sonne comme un poème mais c'est l'enfer sur terre et dans la tête (enfin, l'enfer, tout est relatif, j'ai mon jus d'orange chaque matin). Ne rien faire alors que tout est prêt et n'attend que vos petites menottes.

Remettre à demain ce qu'on peut faire avec une, se dire que ça peut passer. Mais non. Ou alors oui, la motivation prend le dessus un jour ou deux et rechute le lendemain. Perfection, j'écrirai ton nom.

Alors, j'ai commandé un livre (en anglais, eh eh) pour m'attaquer au problème. Pas un truc genre "bottez-vous les fesses... c'est en se levant qu'on avance", non, plutôt une sorte d'ouvrage qui raconte les tenants psychologiques de la chose.

Des livres de recette sur la vie, son oeuvre et comment devenir riche en dix leçons (par Madoff), on en trouve des tas aux USA. Ce sont les champions du monde de l'aide par écrit. (Chez Borders, j'ai compté grosso modo 18 mètres linéaires sur les questions sexuelles). J'avoue que j'aime bien ce type de bouquins. Ils ponctuent les étapes de la vie. Mais reconnaissons qu'ils ne m'inspirent guère.

Par exemple, j'ai, bien au chaud, dans le grenier des parents, une dizaine d'ouvrages sur le savoir-vivre de différentes époques. J'avais aussi acquis trois livres traitant de la prise de parole en public (le défi d'il y a six ans). Quelque temps plus tard, encore salarié, j'achetais un bouquin sur "l'art de ne pas travailler" (Ernie Zelinski). Et j'ai entamé une toute récente collection de livres sur les techniques d'écriture (six).


J'ignore s'il existe un bouquin sur le symptôme des gens qui supportent ça (envoyée par le bon ami) plus de vingt secondes. J'en suis. Le grand garçon l'a décliné en rouge et à l'arrêt.















Pour les accros, vous pouvez aussi vous amuser à cliquer là-dessus (le bon ami dirait que c'est un coup des fractales)...

Quant à cette main venue de nulle part, elle me ravit. Vous connaissez l'animal, le terrible racoon.



La chanson du jour : un truc d'au moins quinze ans, de Dominique Dalcan. "Le danseur de Java".



Et la liste des "séries télé en cours pour le couple" (les spéciales madame feront l'objet d'une prochaine liste)
- Six feet under (ma préférée, 1ère saison en cours)
- A la maison blanche (top 2, deuxième saison vue)
- The shield (première saison vue)
- The wire (première saison vue)
- Alias (troisième saison vue)
- Rome (première saison vue)

(Maintenant, à vous de jouer)