mardi 20 janvier 2009

Investiture


La cérémonie d’investiture
se déroule au Capitole. Deux millions de personnes se pressent sur les deux kilomètres du mall qui relient le Capitole au Lincoln Monument (là où il est assis sur un grand fauteuil) en passant par l’obélisque, le Washington Monument. Il fait un petit –5°c.

A la tribune, derrière Obama, une brochette de personnalités politiques. Les sénateurs et gouverneurs, les anciens présidents Bush père et fils, Clinton et Carter. On voit aussi Steven Spielberg, John Cusak, Colin Powell et le pilote de l’Airbus, « un vrai héros américain ».

Dick Cheney est en fauteuil roulant. Résultat d’un blocage du dos dans sa nouvelle maison.

11h 30. Un pasteur fait la prière.

Aretha Franklin chante une chanson qui ressemble fort au « God save the Queen ».

11h40. Joe Biden prête serment sur une énorme bible rouge tenue par sa femme.

Un quatuor (piano, violon violoncelle, clarinette et piano) joue un petit air de John Williams.

Il est midi. Selon la Constitution américaine, Barack Obama est président des Etats-Unis.
Il prête serment sur la bible de Lincoln, sortie, pour l'occasion de la Bibliothèque du Congrès. Vingt et un coups de canon retentissent.

Résumé de son discours inaugural : nous sommes une grande nation, je m’inscris humblement dans les pas des grands ancêtres, les hommes sont libres et égaux, les temps sont durs, il y a du boulot mais l’Amérique, si elle unit toutes ses forces, qui sont nombreuses, va y arriver. L’Amérique n’a pas peur des nations où les gens veulent être libres.
Nous ne nous excuserons pas de notre manière de vivre envers ceux qui nous combattent. Nous vous battrons. Les outils sont nouveaux mais l’honnêteté et le travail, le patriotisme, ces valeurs sont anciennes. C’est le prix de notre citoyenneté.

Selon les analystes de CNN, « c’était un discours très fort, plus long que ceux de ses prédécesseurs, pas un speech de transition mais de transformation ».

Malia (la grande fille d’Obama) prend son père en photo, Michelle Obama a un ensemble jaune qui devrait faire couler par mal d’encre dans les journaux de mode.

Elizabeth Alexander, une poétesse, lit ensuite un texte « praise song » sur l’amour, les mots.
« Tout peut être fait, toute phrase peut être commencée ».

Un révérend fait la bénédiction pour que le nouveau président soit bien inspiré. Extrait. « Aide-nous à faire le choix de l’amour plutôt que de la haine, de l’intégration plutôt que de l’exclusion ». Il fait des petits jeux de mots sur les différentes couleurs de peau qui détendent bien l’atmosphère solennelle.

Tout le monde entonne l’hymne américain avec les choeurs de la Navy.

Le premier président noir américain accompagne l’ex président à son hélicoptère, derrière le Capitole, pour lui dire adieu. Celui-ci retourne au Texas avec sa femme.

Pendant ce temps, les gens glissent sur l’étang gelé qui sépare le mall en deux.


La chanson du jour : la légèreté de Mirwais avec « Naïve song ».



(Maintenant, à vous de commenter)

vendredi 16 janvier 2009

Tenue de soirée


A
la veille de l'inauguration présidentielle américaine, une journaliste de ma connaissance a les plus grandes difficultés à trouver l'accessoire indispensable à sa robe de soirée pour couvrir trois bals -sur les dix- auxquels doit assister le futur président.

Pensez donc ! Elle va faire le pied de grue à l'extérieur pour savoir ce qui s'est dit, ce qui s'est passé à l'intérieur... Qui la main du président a-t-elle touché, sur qui son œil s'est-il posé ? Autant d'actes, de non-dits et de sous-entendus très "inside the beltway" (à l'intérieur du périphérique) comme on dit ici bas... Les à-côtés de la vie dont le tout Washington raffole.

Or, cette chère consœur risque bien la bronchite carabinée... A moins que... elle ne porte un manteau de fourrure. Car voyez-vous, c'est la dernière tendance de la Capitale de l'Empire, importée de Chicago, chez les noirs en particulier. Y compris les hommes. D'ici la fin de la semaine, nous verrons si cette mode s'impose sur les bords du Potomac.


En attendant, un dessin fait par le grand garçon cet après-midi, après avoir vu les Gremlins (ce qui n'a vraiment aucun rapport).



Et la chanson du dernier épisode de la deuxième saison de l'excellente série "The West Wing" (A la Maison Blanche)... On était toujours dans les années 80.


Sinon, j'ai réfléchi une bonne partie du week-end à cette phrase.

" La vraie violence est celle du cela-va-de-soi. Un tyran qui promulguerait des lois saugrenues serait à tout prendre moins violent qu'une masse qui se contenterait d'énoncer ce qui va de soi." Roland Barthes

(Maintenant, à vous de commenter)

jeudi 15 janvier 2009

La liste est longue

Je ne sais pas vous mais j'ai comme du mal à m'immerger dans cette année 2009 (penser à répéter dix fois ce chiffre : 2009; 2009, 2009... pour s'habituer... (enfant, il me fallait au moins quinze jours pour ne plus écrire la mauvaise année (celle qui venait de s'achever) sur un cahier)).

L'inauguration d'Obama a beau avoir lieu ce mardi devant des foules énormissimes, je n'ai pas goût à grand chose. Bloguesquement parlant. J'erre de site en site, lisant quelques phrases, parcourant des notes, survolant les commentaires. Sans envie d'y poster une pique, un trait, je n'ai pas acheté de nouvelles provisions d'humour à la fin de 2008 (oublier cette année). Ça doit être ça.

Je crains bien que c'est cette chaîne de tags qui m'a tué. L'idée est de pasticher un blog. Elle a montré qu'on avait un style. Difficile d'en changer. Comme une vieille routine sur un pneu bien suturé.

Alors quoi ? Pas arrêter mais reprendre en douceur. Lancer une ou deux phrases, une vidéo, parler de la vie ici bas et faire des projets. Changer de forme ? L'idée des listes m'était venu de Nick Hornby (dans Haute-fidélité), je viens de découvrir qu'un Américain en faisait un site, alimenté par les idées des internautes.


Pour l'instant, écoutons Tom Waits dans "No one".



Et la liste des "titres des bouquins tuants"
- "Vivre fatigue" de Izzo (Jean-Claude, marseillais)
- "Le métier de vivre" de Pavese (de bonnes intentions)
- "Mort à Venise" de Thomas Mann (et le film de Visconti, un monde qui s'écroule).

(A vous de jouer maintenant)

mardi 13 janvier 2009

La goutte d'eau (2)


Personne
ne m'avait parlé des toits américains. De ces couches d'asphaltes, de shingles, de tous ces noms barbares... Alors que la tuile, c'est si joli. Et si solide. De la bonne terre cuite, faite maison, pas ces parterres noirâtres, ces pauvres pelures d'oignon qui nous protègent bien mal de la fureur divine.

Enfin, protègent... Donc, ça fuitait, lisiez-vous dans le dernier billet. Donc vous vous inquiétâtes, ce dont je vous remercie bien bas. Dans cette épreuve (mini, l'épreuve, mais tout de même, l'eau, c'est ma phobie), vos messages d'encouragements furent autant -sinon plus- utiles que les casseroles recueillant l'eau de là-haut.

Pour vous montrer des photos de la chose -sinon ce ne serait pas drôle-, on a d'abord eu ça... (en agrandissant la photo, vous verrez les gouttes s'amonceler, avant de chuter dans des casseroles rouges, en inox et même dans un fait-tout)


En montant dans le grenier, on a vu que le problème se situait plutôt là... (c'est beau le ciel, quand il ne nous crache pas dessus)


Et le zingueur local (faudra trouver un autre nom en Français pour "roofer" vu qu'il n'y a pas la moindre once de zinc ici) a vu ça... (à droite, c'est notre formidable voisine qui a aussi profité du coup de vent).


L'affaire fut réparée prestement, aux frais de notre chère proprio qui aurait bien voulu nous faire croire qu'il s'agissait de gouttières pas nettoyées (mince, la gouttière, j'avais oublié que ça existait dans les maisons, vite un nettoyeur, ouf, c'est fait, le gars a retiré de l'humus à pleines brassées, vérifier aussi ça l'année prochaine).


Je comprends mieux pourquoi le poing du fils d'un expatrié français, a fait un trou dans la cloison de la cuisine bien qu'il ne sache pas plus le kung-fu que vous et moi. Pas aussi gros que celui de la couche d'ozone. Mais quand même.



La chanson du jour : l'autre titre possible du billet...



Et la liste des " toits de l'histoire".
- Le toit du Monde (Everest et Adam part...)
- Le hussard sur le toit (Giono en mode provençale)
- Sous le plus grand chapiteau du monde (pas tout à fait un toit mais j'avais beaucoup aimé le film).

(Maintenant, à vous de jouer).

mercredi 7 janvier 2009

La goutte d'eau (1)


Je suis stressé.
La faute à l'eau qui se déverse dans la salle de bains par le placard. Et il pleut sans arrêt depuis hier soir.

Joli exercice de style de se relever toutes les heures la nuit dernière pour vider les casseroles. Le grenier détrempé, l'eau qui goutte depuis ce matin au-dessus de la baignoire.

Peut-être est-ce une fuite du toit ou une gouttière bloquée par les feuilles ? J'espère avoir la réponse demain.

En attendant, peu de choses me rendent aussi nerveux que l'eau qui s'infiltre, sourd et détrempe tout.


J'ai l'impression d'être dans ce film, "Le jour d'après". Musique de Massive Attack ; "two rocks and a cup of water".




La chanson du jour
: " Singing in the rain".



Et la liste des "histoires liquides".
- "Histoire d'Ô" de Pauline Réage (l'ai-je bien ficelée ?)
- "A vau-l'eau" de Huysmans (fin de siècle en solde)
- "Le fleuve de l'éternité" de Farmer (comment rencontrer Mark Twain dans la vraie vie ?)

(Maintenant, à vous de jouer).