lundi 7 avril 2008

Nos voisins, les hommes

Le billet d'aujourd'hui était déjà écrit (dans ma tête). J'allais parler des trottoirs du Maryland... Non, non, ne fuyez pas, c'est très intéressant. Vous y aurez droit demain.


AJOUT, MARDI 23:07 : après-demain, finalement.


Parce que, hier soir, nous avons eu une apparition.
Il fait nuit. Nous rentrons d'un magasin moderne, enfants et vêtements d'été fraîchement acquis dans la voiture, et roulons dans le Rock Creek Park, une grande étendue boisée qui traverse Washington du nord au sud. Et quand je dis rouler, c'est le cas, sur une bonne deux voies, pas le chemin vicinal.

Arrêt au feu rouge. Quand soudain, le grand s'écrie : "Regardez, une biche"... Et tous de tourner la tête à droite. Sur le grand talus, à quatre mètres de la voiture, quatre biches paissaient paisiblement. Sans se soucier de rien.

C'était d'un beau. Et le feu est passé au vert.

Ces biches m'ont rappelé quand la marraine de la puce est venue en décembre dernier. On était allé voir les chutes du Potomac quand on a aperçu une biche dans la forêt (photo d'en haut).

On a franchement l'impression, que dans notre quartier, les animaux tolèrent notre présence.

Hormis l'écureuil qui se goinfre des graines destinées aux oiseaux (et tous ses congénères), on a vu un raton-laveur, un opossum...

...Mais pas d'ours, pour l'instant. Il paraît que dans l'Ouest, ils se rapprochent très près des maisons. Et qu'ils adorent le dentifrice. Les histoires pullulent d'ours saccageant les voitures pour s'emparer de la nourriture à l'intérieur. Il faut enfermer les repas dans des cantinières en fer. Le combat est permanent.



La chanson du jour : le grand Robert Charlebois chante "je reviendrai à Montréal".



Et la liste des "voisins"
- Voisins-voisines (sitcom télé concon, ce me semble)
- Mon voisin Totoro (grand film animiste de Miyazaki)
- Rock Voisine (hockeyeur et chanteur à one shot, "Hélène")
- La femme d'à côté (un Truffaut ardent)
(maintenant, à vous de jouer)

vendredi 4 avril 2008

Un rêve de bibliothèque


Le hasard se lève d'humeur vagabonde,
parfois. Ce matin, par exemple, je décide d'aller m'inscrire à la bibliothèque municipale du quartier (dix minutes en voiture de la maison).

Je demande au jeune homme de l'accueil ce qu'il faut faire pour me cultiver en américain. Il me dit : " Donnez-moi votre carte d'identité (le permis de conduire), remplissez cette feuille et c'est tout." Gratuit en plus.

Puis il m'enjoint à choisir ma carte magnétique entre quatre modèles disponibles : parmi les illustrations, une boussole, des livres, une grenouille... Et Martin Luther King. Le MLK, assassiné il y a quarante ans, au jour près, à Memphis.
Je choisis cette carte. Bon, d'accord, le slogan est un peu nunuche "discover your dream at the library". Mais, moi, ça me touche tout ce qui est relié à la bibliothèque, aux bouquins, à la transmission, la connaissance, l'émancipation. Grandir, quoi. Devenir meilleur.

Ca n'a aucun rapport, mais j'avais bien aimé un panneau vu chez le conseiller fiscal. "Vous trouvez que l'éducation coûte chère ? Essayez l'ignorance."

Bref, le réseau de bibliothèques de DC m'a l'air épatant. A part que les livres de non fiction soient un peu vieux, je trouve très bien qu'on puisse :
- commander les bouquins sur Internet ; il y a une base de données de tous les livres et documents disponibles sur chacune des 29 librairies. C'est en Anglais, en Espagnol et en Français.
- emprunter cinquante ouvrages pour trois semaines. (bon, je vais commencer par un).
- avoir accès à Internet deux fois par jour. Toujours gratuitement.

Mon premier livre américain emprunté, c'est un bouquin de la National Geographic qui s'appelle "Living at the White house." En fait, je fais des recherches sur les secrets croustillants de la Capitale de l'Empire. Sauf que là, le petit ouvrage raconte la vie quotidienne des présidents... Ça s'arrête à Jimmy Carter. C'est délicieux.

Lindon B. Johnson en famille.


Jimmy Carter, sa femme, sa fille, son fils et sa bru.


J'ai retenu que Mme Johnson (Lady Bird) tenait absolument à ce que ses enfants vivent à la Maison Blanche et y invitent leurs amis. "Il faut qu'il y ait de la vie ici, c'est la maison des Américains."


A propos de bibliothèque, des sketches très courts et anglais. Ça s'appelle Trigger Happy TV. Je vous en mets trois pour le prix d'un car je vais me reposer demain et dimanche.

Comment se comporter dans une bibliothèque.



Téléphone portable à la bibliothèque.



Le même aux toilettes (peut-être celles de la bibliothèque).



La chanson du jour : de la musique électronique et des tas de mots dans le clip d'Alex Gopher, "The child".


Et la liste "des activités à la bibliothèque"
- lire les bandes dessinées debout (à 7 ans)
- lire tout le samedi après-midi les livres 1001 soleils (Gallimard) dans une petite salle (à 8-12 ans)
- choisir livres et magazines pendant une heure, tous les samedis, avant de les dévorer dès le retour à la maison (à 12- 15 ans)
- tenter d'apercevoir la fille de la bibliothécaire, qui m'ignorait totalement (à 14 ans)
- draguer les étudiantes en lettres modernes en entamant la conversation sur Kundera ou Diderot (à 19-22 ans).
- demander à la bibliothécaire ce qu'est devenue sa fille (secrétaire dans un bowling) (à 23 ans)
- passer des demi-journées de chômage à lire les magazines et des manuels d'informatique (en pure perte) (à 25 ans)
- m'inscrire à nouveau dans une bibliothèque municipale (à 38 ans et demi)
(maintenant, à vous de jouer)

jeudi 3 avril 2008

La solitude du propriétaire de luxe


Ça doit être le contexte.


Le fait que je sois Lorrain, enfant quand la fermeture des usines faisait la Une des télés.
Le fait que j'aime les ruines, les villages fantômes, les émotions engendrées par les zones pavillonnaires.

Le fait que j'aime "les vivants et les morts", grand roman de Gérard Mordillat sur le sursaut des humains dans les 90's lors de la fermeture d'une usine sur fond de plan social.

Le fait que je sois en train de visionner (par morceaux d'une heure) un documentaire chinois sur une zone industrielle qui employait 1 million de personnes en train de péricliter (A l'ouest des rails). Il dure 9h. C'est une bonne durée pour voir les choses se défaire.

Ou bien le fait que, durant les prochaines vacances, je passerai devant un hôtel qui s'appelle "l'hôtel du progrès", bien sûr fermé...
Ou encore le fait qu'un bon ami habite dans un immense condominium dont les couloirs font au moins 40 mètres de long.

Mais ça me fait penser au Plaza, grand hôtel de New-York (en photo). Un article du New-York Times de février dernier racontait sa transformation. L'hôtel chargé d'histoire, a vendu la moitié de ses chambres, les transformant en appartements et a rénové les autres. Position unique dans Big Apple, les prix se sont envolés. Autour de 6 millions de dollars pour deux chambres.

Problème, sur les 100 appartements qui se sont arrachés, ils n'y a qu'une demi-douzaine d'habitants permanents. La majorité des acheteurs sont des multimillionnaires qui vivent en avion ou dans les autres demeures qu'ils possèdent aux quatre coins de cette planète plate.

Il règne donc un silence impressionnant lorsque vous êtes seul au 15ème étage, le soir, et que vous commandez une pizza. Rencontrer des colocataires n'est pas chose facile, raconte l'article. Et c'est un des passages qui m'a plu.

Le biographe du milliardaire américain Andrew Carnegie, précise : "au 19ème siècle, les super-riches savaient comment se rencontrer. Les règles sociales sur la manière de s'appeler et de se comporter étaient plus explicites et c'était facile de voir si les ouvertures sociales étaient acceptées ou rejetées."
Les structures formelles et les rituels permettaient aux gens de naviguer.
(Tableau de G. Harvey : The Plaza-New-York)

Un des six propriétaires riches
(mais esseulé), semble regretter : "Ceux qui ont acheté ne cherchent pas à faire partie d'une communauté. Ils ont déjà leur communauté. "
Personne ne va au centre de sport de l'hôtel... Les Spain, d'anciens courtiers venus de Philadelphie, ont fait trois "parties" pour rencontrer leurs lointains voisins. Sans plus.
Ils attendent que le restaurant et que les boutiques ouvrent pour découvrir des gens "very interesting." En attendant, ils meublent leur solitude en contemplant les milliers de personnes qui entrent et sortent du Apple Store, à côté de l'hôtel.


Ça me fait penser à "Lost in translation" et aussi à un autre film, angoissant, dans un hôtel bien étrange...



La chanson du jour, pour débrider mon côté midinette (et pour l'Italie) : Laura Pausini chante "La solitudine".


Et la liste des " incontournables dans une chambre d'hôtel"
- les tableaux au mur (l'hôtel à Atlantic City avait deux tableaux identiques au dessus des deux lits doubles)
- la taille de la télé (grande, yep)
- le contenu du micro-bar (pistaches et Coca-light, miam)
- les crayons et les calepins (je les prends toujours)
- les produits pour se laver (je les prends toujours (bis))
(maintenant, à vous de jouer)

mercredi 2 avril 2008

Le tour du (futur) propriétaire

Un nouveau genre de visite guidée se développe dans les banlieues de Washington (et surtout en Floride). Il s'agit du "foreclosure tour"... Le tour des saisies immobilières.

Le concept est simple : un agent immobilier regroupe une trentaine de clients potentiels, un avocat, un banquier et promène tout ce petit monde dans un bus pour visiter les maisons en vente à cause du "credit crash".

Cette "tournée" permet aux clients de voir une dizaine de propriétés en une après-midi et à l'agent immobilier de déployer en un minimum de temps ses talents de vendeur.

"De mémoire de vendeur, il n'y a jamais eu de taux de crédit aussi bas et des prix aussi peu élevés", dit un agent interrogé par le Post le week-end dernier. Avec des maisons en promotion de 50%, il espère convaincre des jeunes couples. Et aussi des personnes flairant la bonne affaire dans les saisies immobilières.


Pratique choquante ? Le sentiment de culpabilité semble rapidement évacué de l'esprit des visiteurs. Les maisons sont vides, ce qui facilite la tâche du vendeur. Cependant, au détour d'une chambre, un homme remarque : " cette maison a été bien entretenue par l'ancien propriétaire".

A la fin de l'après-midi, aucune vente ne sera conclue. Les clients potentiels ne veulent pas rallonger leur temps de transport même contre des prix défiant toute concurrence. Certains n'ont pas voulu visiter le dernier quartier, à Prince William, à cause de la qualité médiocre des écoles et des politiques du Comté, jugées laxistes envers les immigrés.

Une dépêche de l'AFP du 31 mars dernier indiquait que près de 1,3 million (soit 1%) de foyers américains ont perdu ou étaient sur le point de perdre leur logement faute d'avoir remboursé des emprunts souvent plus chers que le prix de leur maison.


Sur cette vidéo, des quartiers entiers sont à vendre... Un regard objectif en plan séquence sur une face de l'Amérique d'aujourd'hui, proche de la récession. Bienvenue dans la French valley, en Californie.



Sans transition, la chanson du jour : c'est le tube du moment sur You Tube. Gros succès auprès des ménagers de moins de 50 ans. Une jeune actrice, Amber Lee Ettinger (alias Obama Girl), demande à Hillary Clinton de se retirer de la primaire démocrate... Un grand moment de politique à l'américaine avec ce qu'il faut d'arguments et d'humour. Ça s'appelle "Hillary : stop the attacks". Un clip bien balancé et en cadence...



Et la liste des " chanteuses à one shot" (avant les chanteurs... Tout vient à point...)
- Sandra (Allemande fort déliée)
- Samantha Fox (Anglaise bien sympathique)
- Corinne Charby (Française avec boule de flipper)
- Sabrina (Italienne aimant les sports nautiques)
(maintenant, à vous de jouer)

mardi 1 avril 2008

Bijoux-cailloux (magasin 2)

Des milliers de pierres, des cailloux comme s'il en pleuvait. De toutes les couleurs. Des vraies et des fausses, des "naturelles et artificielles" comme ils disent sur le panneau. "5 dollars le sac de pierres".


C'est simple, efficace, on est tombé dedans (le panneau). C'est le but du merchandising, vous faire acheter. Par les moyens les plus retors. Vous faire retomber en enfance, par exemple, s'avère très efficace.

Attirés par le bruit des pierres qui s'entrechoquaient, on était entré dans cette boutique "spéciale pierres" du muséum d'histoire naturelle de DC (un vrai capharnaüm, entre parenthèses : il y a de tout, des squelettes en passant par les dinosaures jusqu'à une exposition d'art coréen).

Et ce grand bac qui nous tendait les mains ; alors, c'est sûr, on a plongé les nôtres dedans. Sensation très agréable. comme du sable, en plus gros.


On est resté un quart-d'heure. Toutes les personnes entrant dans la boutique (même les adultes, avec naturel) ont palpé et fait rouler les pierres. Verroterie ou bijoux ? Deuxième solution, of course.
Saurez-vous reconnaître les vraies des fausses ? (j'ai pas pu).

Voici la récolte du grand


Celle de la puce


Et de petit garçon.


Aujourd'hui, les pierres vivent leur vie dans la maison, sur la moquette ou dans les lits. D'autres les ont rejointes : la puce a peint celles qu'elle avait rapportées d'Atlantic City.

Elles sont décidément très fortes, ces boutiques... Au musée de l'air et de l'espace, on peut vivre la vie du cosmonaute, en achetant de la vraie nourriture de l'espace, dans des emballages genre Pom'pot. Une amie en est revenue très déçue. Son fils n'a rien voulu prendre. Alors qu'elle lui proposait d'acheter au moins la moitié des produits.
Et j'ai du me retenir d'acquérir une crèche du Guatemala dans le magasin de la Cathédrale de Washington, après avoir vu une exposition... (La foi a ses côtés obscurs).

Autre truc merchandising ; la sortie de caisse. C'est chez Best Buy : de droite à gauche, on a les revues, les affaires pour dessiner, les bonbons. Efficace en diable.


Et une composition bien maligne chez Rodman's pour fêter l'arrivée du printemps autour du barbecue. Ils font ce genre de nature morte à chaque événement saisonnier (Noël, Pâques, St-Patrick...).



Poursuivons l'étrange en magasin avec cette histoire de l'évolution des chariots. Ça commence par des dinosaures. Mais oui.



La chanson du jour : Marianne Faithfull chante "Ballad of Lucy Jordan".



Et la liste des "gris-gris achetés durant les ballades d'enfance"
- une statue en plastique phosphorescent de la vierge Marie (voyage à Lourdes)
- écussons de la ville (à chaque colonie de vacances)
- une petite voiture genre années 30 (musée de l'auto à Mulhouse)
- "Notre-Dame de Paris", le livre (camp d'adolescents au lac du Der)
(maintenant, à vous de jouer)