mercredi 14 mai 2008

L'instant zen

Mon amour des trucs débiles a encore frappé.

Après l'achat de statuettes phosphorescentes de la vierge Marie vers 10 ans (quand j'aspirais à la sainteté), d'un couteau de survie genre Rambo à 14 ans (au cas où je devrais m'enfuir dans la profonde forêt corrézienne) et l'acquisition de l'intégrale de Henry Miller (entre 18 et 24 ans, quand je voulais encore faire de la littérature)... Je verse maintenant dans le zen.

Mais le zen de poche, hein, pas la totale avec l'esprit vide. Je précise. Ce n'est pas de la même eau.
En fait, je me suis toujours penché sur la méditation sans y plonger tout à fait. Pas assez de temps, trop énervé sans doute. Ca ne collait simplement pas. Même si j'aimais bien, en courant dans un parc les dimanches matins, regarder les mouvements au ralenti du taï-chi.

Et puis, j'ai découvert le tir-à-l'arc. J'en parlerai plus tard, c'est une expérience très particulière... Arrivé aux USA, je cherche où je peux tirer. Mazette, la grande majorité ne vise que les animaux, en pleine nature. Là, je me dis : "non, ce n'est pas possible, je ne veux pas revenir sur ma fixette Rambo".
En outre, comme je n'aime que les hamburgers déjà préparés... Bref, je renonce.

Alors, je me rabats sur la version sablonneuse, le jardin japonais quoi. Pendant les dernières vacances, je récupère un bon litre de sable fin (blanc et marbré de granit), que je verse dans un plat. Je le place sur mon bureau, y ajoute deux, trois pierres pour faire bonne mesure. Et il ne se passe rien. Sitôt que je regarde, j'ai envie de dessiner... Trois jours après, je jette le tout à la poubelle.

Et hier,
au supermarché, je tombe en arrêt devant le kit de méditation.


C'est tout à fait ce qu'il me faut. Le mini-plateau en plastique carré de 7 cm de côté comprend : un mini-carillon, un mini porte-encens, un mini tas de sable. Pour 10 dollars (taxes comprises), c'est mon moment zen (dixit les magazines féminins).

Quand je sèche sur les saintes écritures, je fais sonner le carillon. Plus de tentation de dessiner, mon gros doigt écraserait tout. C'est frais, ça ne mange pas de pain. La méditation sans peine, tout ce qu'il me faut.

La semaine prochaine, c'est sûr, j'achète le kit de plage avec transat, parasol et les tongs...

Ca n'a aucun rapport mais feue la distinguée équipe de Palace fait mentir en images le sombre adage : "là où il y a du zen, il n'y a pas de plaisir". Pour regarder en famille, c'est vous qui voyez. Ça s'appelle "la partouze".



La chanson du jour : les Ramones chantent "I don't want to grow up". Vivifiant.



Et la liste des "paysages zen"
- le jardin japonais du musée Albert Kahn (à côté de Paris)
- toutes les abbayes et les cloîtres romans (coup de cœur pour Moissac)
- un chemin qui fait un coude pour se perdre dans la forêt
- une route américaine à perte de vue (impatient de découvrir celles de l'Ouest)
- les lacs de montagne et les jambes des femmes
(maintenant à vous de jouer)

lundi 12 mai 2008

Mettre les crieurs de son côté

Dans la série "concours inutile mais finalement beau tellement c'est gratuit", on avait eu le dépeçage de rats musqués, ici. Un exercice que je trouvais d'autant plus réjouissant que des jeunes filles mettaient la main à la pâte.

On a maintenant le concours de crieurs publics. Une spécialité anglo-saxonne, célébrée de l'Angleterre à l'Australie. Les Etats-Unis, dont le goût des déguisements ne laisse de m'étonner, ont plongé dans la criée.

La dernière édition dans le coin a eu lieu à Annapolis voici quelques jours. Annapolis, pour résumer, c'est la ville de la Navy américaine, avec des tonnes de marins des deux sexes se promenant en ville, tout de blanc vêtus. Inutile de vouloir toucher le pompon rouge du garçon pour que ça porte bonheur, ils n'en n'ont pas.

L'idée du concours est simple. Il faut se déguiser en gentleman crieur du 18ème siècle (il n'y avait qu'une concurrente), lire, que dis-je, déclamer son texte écrit sur un parchemin. Quatre critères départageaient les candidats : le contenu du texte, la clarté du discours, le volume de la voix et l'attitude corporelle.

Attention, un seul mot bafouillé ou un changement de phrase et c'est le carton jaune. Aucune faute, aussi vénielle soit-elle, ne sera tolérée car les membres du jury ont en main photocopie du texte.
A noter pour ceux qui voudraient se lancer dans la partie que les traits d'humour portaient sur les ducs d'York et les rois du 18ème siècle. Et non pas de fins calembours comme dans le titre sus-mentionné...

En images, c'est assez beau aussi, avec des vraies notes de musique de jeunes dedans.



Quand on y pense, peu de choses séparent le "Oyez, oyez bonnes gens" des siècles d'antan du plus récent et rapeux :"oh yé... Yé man... brother". Finalement.

La chanson du jour
carbure à grands coups de pied post-post-post modernes dans la hotte (merci Zarlott) : Didier Super chante "petit papa chinois". Clip majestueux.



Et la liste des "déguisements mythiques"
- le Zorro (sans la moustache et l'horripilant Bernardo)
- Le pirate (sans les Caraïbes et l'eye-liner à la Johnny Depp)
- le Spiderman (avec Kirsten Dunst)
- la Blanche-Neige (pour les couleurs primaires blanc-peau, rouge-lèvres et noir-cheveux)
(maintenant, à vous de jouer)

jeudi 8 mai 2008

sunday afternoon fever

Non, je n'ai pas bu... Non, je n'ai pas mis les mots dans le désordre (quoique mon anglais soit des plus rudimentaires).

C'est juste que je vieillis (d'autres appellent ça mûrir ou grandir). Je vous explique. J'ai découvert hier dans le journal un concept : l'idée c'est de danser le dimanche après-midi en boîte avec ses gamins (jusqu'à 7 ans). Dans une vraie boîte de nuit mais le jour, quoi !

Ça s'appelle "Baby loves disco", ça a été créé en 2004 à Philadelphie par une mère de famille. Depuis, les avatars se sont multipliés comme des petits pains au lait dans 30 villes américaines et huit pays... Je ne sais pas si le phénomène a touché la France.

Il y a des bonbons
, des jus de fruits pour les enfants, des hula-hoops, des maracas et des ballons. On peut aussi les maquiller. Bref, une classique party américaine sauf que ça se passe dans une vraie boîte de nuit (hyper nettoyée auparavant, précise l'article du Washington Post) sur fond de groove. Et avec du vrai alcool, ce qui apparemment, attire plutôt les pères de famille. Bon, ça a l'air plutôt bonhomme et fort sympathique, ce mélange des genres.

Sauf que je découvre ce reportage sur une chaîne locale de Chicago.



Et là, je suis tout drôle. Comme une envie de me gratter, un truc qui cloche. Je me dis : après les boîtes pour quadras célibataires en quête de l'âme sœur (pour une nuit ou pour la vie !), les "seven to one" pour jeunes cadres branchouilles parisiens (quelques uns avaient quand même défait la cravate quand j'y étais allé...), voici venir le temps de la boom familiale.

En grattant un peu plus, les questions incorrectes se précipitent : qu'est-ce qui me choque là-dedans ? Les sourires qui me paraissent surjoués des mères de famille ? Le fait que la journaliste soit enceinte (c'était la seule en poste ce jour-là ?) Ou les gamins qui trépignent ? Qu'est-ce qui me fait trouver cette scène "décalée" ?

En fait, je crois que ça me fait bizarre de voir des bébés (à 3 ans, on est un bébé non ? disais-je encore hier à petit garçon qui me tendait sa lourde couche au parc) se trémousser sur Bee Gees ou Earth Wind and Fire.

Parce que, dans mon esprit juvénile, ça ne colle pas. On s'est trompé de film. C'était donc ça ! Je suis un réac nostalgique. Le disco et le funk, pour moi, c'est la piste aux étoiles, le chic, le move, la drague, le plaisir pur, la nuit, la sueur, le bar, les sons étouffés, le reste...

Ce qui me gêne, au final, c'est que je ne fais pas le copier-coller, je n'accepte pas le mélange des deux mondes.

En même temps, mes enfants adorent Manu Chao. Plutôt bien. Alors pourquoi ne piqueraient-ils pas mes Donna Summer ? Quand ça arrivera (et finalement, j'aimerais que ça arrive), je sourirai. On dira que j'aurais mûri. Sans doute. Alors disco et funk rimeront aussi avec tendresse. Chouette, non ? Chouette, ouais... Pourquoi pas ?

Laissez-moi juste le temps de m'y préparer.
Qui a dit que mes 40 ans, c'était le 17 août 2009 ?

En attendant, la chanson du jour : le top du top du disco, l'indépassable "More than a woman" des Bee Gees dans Saturday night fever.



Et la liste "des chansons nostalgiques"
- L'été indien
- Les feuilles mortes
- Besa me mucho (façon "In the mood for love")
- A bicyclette
- Les bandes originales des films de Nanni Moretti
(maintenant, à vous de jouer)

NOTE DU VENDREDI : évidemment, j'avais oublié "il venait d'avoir 18 ans" de Dalida (paroles de Pascal Sevran)

mardi 6 mai 2008

Orage, eaux, des espoirs

La météo n'est pas une passion remontant à l'enfance. A vrai dire, je m'en fichais carrément dans la vie pré-USA ce qui me valait quelques surprises. Costume trempé, pieds baignant dans un liquide indéterminé toute la journée, balade avec un parapluie sous la canicule...

Arrivé à DC, j'ai compris qu'on ne rigole pas avec les éléments aux USA. Déjà, on n'a pas le temps... Il faut être efficace, savoir ce qu'on porte pour la journée dès potron-minet (et sitôt terminé le jogging de 6h dumat')...

Ensuite, j'ai raconté ici combien une simple pluie (que dis-je, une bruine pour le Lorrain qui sommeille toujours en moi) peut retarder l'ouverture de l'école... Voire annuler la journée si c'est de la neige.

Enfin, il est essentiel de savoir quel temps il fera pour Thanksgiving et tous ces week-ends de trois-quatre jours lorsqu'on ira visiter la famille à l'autre bout du pays (qui comprend quelques fuseaux horaires et pas mal de spécialités comme les tornades et cyclones). Avoir des bonnes prévisions est donc indispensable.

Et c'est là que le bât blesse et que le tonneau prend l'eau. Car, en dépit de l'existence de chaînes météo, de journaux consacrés au temps qu'il fait, faisait et surtout fera, les prévisions sont nulles, archi imprécises, de l'ordre du doigt mouillé, à vrai dire.

Exemple basique : vendredi dernier, on annonçait un temps exécrable le samedi. Résultat, soleil somptueux, qui nous a permis, entre autres, de visiter l'ambassade de France.
Samedi, rebelote, dimanche devait être une splendeur. Et c'est ce qui arriva.
Quant à la journée d'hier, j'ai oublié quel temps il devait faire. Parce que je ne suis pas sorti, hormis pour étrenner la tondeuse à fil, acquise la veille (rapport à la honte que j'avais au vu de la pelouse de la voisine, impeccablement tondue).

Ça n'a rien à voir mais, je me promenais dimanche dans les rayon du Safeway local (qui d'ailleurs, renferme un oiseau au chant ravissant). Quand, surprise totale, arrivé à la hauteur des légumes frais, j'entends un grondement de tonnerre faramineux... Je me retourne et découvre le brumisateur qui se met en marche.

Et ici, hein, c'est pas de la brume comme dans l'Hexagone, non, c'est une sérieuse ondée qui s'abat sur choux et consorts...


... Même les salades en sachet en prennent pour leur grade (ce qui est génial, pour les mettre ensuite dans le chariot).


Toujours à propos de pluie, j'ai bien aimé cette version revisitée d'une célèbre chanson.





La chanson du jour :
Janis Joplin chante "Summertime", en live, en 1969.


Et la liste "des temps aimés".
- Ciel bleu et odeur de terre le matin à DC
- Grand soleil, rosée, en quittant le sac de couchage
- Brouillard en ville (à Paris, j'aime bien)
- Pluie sur la plage (mais pas trop de vent SVP)
- Vent quand je suis à l'intérieur d'une maison (de préférence, en lisant)
- Froid coupant en faisant du ski de fond
(maintenant, à vous de jouer)

mardi 29 avril 2008

Retour de flemme

Maintenant, ça y est, nous sommes rentrés de vacances. Vous l'avez senti voire vu, pas de billet depuis cinq jours. Le sas de décompression. Le temps de retrouver de l'énergie.
Ce billet va avoir l'odeur et la couleur de la mise en jambes. Pour le titre, j'hésitais avec "retour de flamme", tant je vais devoir trouver un second souffle...

Pas de scoop familial, la maison n'a pas brûlé, l'herbe a poussé. Aucun bouleversement, juste des projets à concrétiser. De l'écriture, principalement, qui me tiendra chaud pendant quinze jours voire plus si affinités.

Les retours de vacances sont toujours délicats, n'est-il pas ? Avant de venir à DC, je retrouvais les copains de la rédaction devant la machine à café, pour la pause déjeuner. Plus les interviews, le métro-lecture-vidéo. Le plaisir des conversations débridées.
Là, je suis à la maison, j'agrémente le quotidien de la douce routine des allers-retours à l'école, les courses, les blogs, Internet, la lecture des journaux. Et les amis qui passent.

Mais n'allons pas croire que tout est gris. Au contraire.
- Il fait beau
- Les fleurs de printemps sont plus éclatantes qu'à l'éclosion des cerisiers.
- J'ai quelques billets américains sous le coude.
- Deux livres passionnants à lire ("L'histoire des Américains" de Boorstin et "La mariée libérée" de Yehoshua)
- Des travaux d'écriture inédits.
- L'été approche et, ce faisant, les vacances en France.

Juste que la vie est un peu moins encadrée qu'avant, à prendre en mains.

Ça n'a rien à voir mais j'ai lu un excellent papier dans le Washington Post d'hier sur Philippe Petit. Le funambule, inconnu dans mon bataillon jusqu'alors, a marché sur un fil entre les deux tours du World Trade Center. C'était le 7 août 1974. Un cinéaste en a fait un film, "man on wire" qui sera projeté en août prochain au festival de Tribeca.

Le titre de l'article est beau : "Traversing the Towers in a moment of Joy". Dans ce papier de quasiment une page, Philippe Petit dit, entre autres choses :" quand je vois deux oranges, je jongle. Quand je vois deux tours, je marche."

C'est aussi simple que cela. Arrêté après son "coup" (l'expression est de lui) par la police, il est relâché dans la journée... Et félicité. Admiré par une foule d'inconnues. Même Nixon, qui démissionnera deux jours après le truc de Petit, est marqué : " j'espère avoir autant de publicité que ce Français". Une rock-star est née ?

Pas du tout. Philippe Petit, qui se dit "poète dans le ciel", n'a signé aucun contrat publicitaire, jamais gagné de droit à l'image. Il n'a fait aucun compromis, retournant à ses jongleries et marches sur le fil. Il continue de faire ses représentations dans les parcs (musique de Yann Tiersen).



La chanson du jour : Yann Tiersen et les Têtes raides interprètent "Ginette".



Et la liste "des endroits d'où j'aimerais voir le monde de haut"
- l'Everest
- Machu-Pichu
- un phare
- une montgolfière
- Ayers Rock (en Australie)
- une navette spatiale
(maintenant, à vous de jouer)

samedi 26 avril 2008

Carnet du NH et du Vermont

Quasi-fin du périple de quinze jours à travers les Etats de Nouvelle-Angleterre. Dernier carnet de route que j'ai eu plaisir à concocter.

Petit détail qui a son importance sur les coulisses de l'exploit. Chaque soir, dans une chambre d'hôtel, on met nos photos en commun sur la mémoire du Mac, madame et moi. Les images que chacun a pris durant la journée avec son appareil et son regard. On choisit pour nos archives persos et je me sers pour le blog.

Sa modestie dût-elle en souffrir, bien souvent, les meilleures photos sont d'elle... Les compliments pour la qualité des images lui sont donc destinés à 80%... La beauté des paysages et des constructions humaines de Nouvelle-Angleterre a fait le reste.

On finit donc par le NH et le Vermont. Je mets NH pour le New-Hampshire tant on a traversé en coup de vent, cet état.

Avant-goût avec un lac dans le Maine, à la limite du NH, qui attend encore le printemps...


Des ponts couverts (on comprend leur importance vu le froid et le vent et l'hiver qu'il y a ici)




Vues sur le Mont Washington qui culmine à 2000m...



Pour aller au sommet, empruntez les rails... On n'y monte que par train, une vieille loco qui reprend du service en mai.



Au pied du Mt Washington
, un moment d'histoire économique, avec l'hôtel -de luxe- où ont été signés les accords de Bretton Woods en 1944... Qui ont donné naissance au FMI et à la Banque mondiale.


Au coeur des "white mountains", où il restait encore de larges plaques de neige noircie, la "silver cascade" coule à plein débit... Merci la fonte des neiges.



Puis c'est le Vermont, (la "petite Suisse américaine"), ses fermes, ses granges rondes, vestiges des shakers, ses verts pâturages, son lac Champlain...




Figurez-vous que la capitale du Vermont s'appelle Montpelier... Petite ville avec un grand capitole brillantissime...


... Et son usine de glaces Ben & Jerry's
. La toute première du groupe, située dans le Vermont. Cette visite, c'était notre plan B car le musée où se trouve la grange ronde ci-dessus, ne rouvre qu'à mi-mai.

Je ne suis pas fana d'ice cream, mais la visite était plutôt bien menée entre décontraction, légende urbaine autour des deux babas fondateurs (reconstitution du camion historique utilisé pour faire connaître leurs glaces), et business bien arrangé autour de la marque (revendue à Unilever)... Un truc m'a frappé dans la queue pour acheter une glace aux enfants. Que d'obèses aux Etats-Unis !




Avant d'arriver dans le Connecticut où nous dormions hier soir, mise en boîte d'une église blanche du Vermont (un classique) et en face, une maison en bois, de guingois. Elle semble habitée.





Respiration entre deux portions de route avec la visite d'un petit musée, connu pour Grand'ma Moses (peintre naïve qui commença sa carrière à 70 ans, mourut à 101 ans et fit la Une de Time en 1951)... Il présente, entre autres, une exposition originale sur les objets domestiques détournés.

Une colonne de couvertures...


Sur chacune d'entre elle, une étiquette où le donateur raconte l'histoire de la couverture.


Des photos dans des bocaux...


Une horloge de bébés pleurant (qui doit marquer l'heure des biberons ou tétées)


Une statue entre les machines entassées...


De la verroterie bien colorée...



Et quelques jouets du temps passé.




La chanson du jour : les Beach Boys chantent "wouldn't it be nice ?"


Et la liste " des jouets de mon temps passé"
- un mécano (numéro 4 ou 5)
- des billes
- des soldats en plastique
- un playmobile Zorro et son fidèle destrier
(maintenant, à vous de jouer)

mercredi 23 avril 2008

Carnet du Maine

Deux jours entiers dans le Maine. J'avais entendu parler de Stephen King qui y avait sa maison, de Marguerite Yourcenar, visitée dans sa demeure par Bernard Pivot... C'est au nord, sauvage, froid souvent, de la brume, de la pluie. Et puis on y est. Il fait très beau, chaud par moments, et nous avons vu des restes de plaques de neige.

Difficile de décrire le paysage. Cela donne, vu de la voiture...

Beaucoup d'épineux, des marécages à foison, des criques, des côtes très découpées et l'Acadia park. Des millions de visiteurs durant l'été et aujourd'hui, allez, une cinquantaine de voitures sur la péninsule. Le calme, les odeurs de forêt, la brise de printemps...

Une journée extraordinaire qui nous faisait commenter -dans notre grande sagesse et du fin fond de notre expérience- que la maison de Mark Twain, la maison-musée d'Isabella ET la nature, tout ça c'est bien. Que la nature sans culture, on ne peut pas. Et vice-versa.

Bon, sur ces profondes pensées de 2h00 du matin et comme demain, on roule un bout à travers les montagnes pour rejoindre le Vermont, je vous la fais courte. On va organiser ça en tryptique ; les maisons, la pierre et l'eau.

Les maisons (et les phares, ça compte)









La pierre






L'eau (et les bateaux, ça compte aussi)






Et puis, durant notre tour de la péninsule,
madame indique que Marguerite Yourcenar est enterrée au cimetière de Somesville. C'est sur notre chemin. Pendant que les enfants dorment dans la voiture, nous partons à la recherche de sa pierre tombale. Une seule indication : c'est une pierre toute simple.

Au bout de vingt minutes de quête, je prends une photo de l'eau, me recule d'une dizaine de mètres, regarde autour par terre... Elle est là. A côté de la pierre de sa compagne, morte sept ans avant elle. Et à quelques mètres, coule toujours la rivière.




En arrivant au cimetière, le hasard du Ipod (dit "shuffle") jouait "Roads" de Portishead, bien plus que cela, mais qui fait quand même une excellente chanson du jour.


Et la liste "des choses que j'aime bien dans un cimetière"
- les cailloux multicolores près des tombes (à 8 ans)
- l'herbe entre les pierres tombales (cimetières anglais et américains)
- cyprès et arbres ombrageux
- les bancs en pierre pour s'asseoir et lire
- le silence
(maintenant, à vous de jouer)

lundi 21 avril 2008

Carnet du Massachusetts (2)

Pas de connexion wi-fi simple à utiliser au Motel 6 de Boston, où nous avons passé les deux dernières nuits. Un service limite (wc bouchés, on me donne une ventouse...), pas de petit-déjeuner mais une piscine intérieure chauffée ! Ce soir, nous sommes un peu plus au Nord, dans le Maine. Au Super 8 motel, qui fournit Internet sans souci. Tout est bien pour la livraison puissance trois du Massachusetts.

On commence avec les baleines. J'avais fini le précédent billet avec l'achat de cinq billets pour une promenade en bateau. Samedi matin, à 9H15, -soit une demi-heure avant l'embarquement- nous attendons sur le quai.

Après le départ, chacun scrute l'eau, les premiers frémissements et soudain la voix du guide ; une baleine à l'horizon. Puis une deuxième, d'autres encore... Des dauphins, qui virevoltent mais tous n'ont d'yeux que pour les cétacés. Les exclamations du départ se transforment en silence devant la splendeur de ce spectacle. Dix fois vu à la télé, mais là... Durant deux heures, une vingtaine d'entre elles plongeront, sortiront la tête de l'eau, passeront sous le bateau immobile, baleines à bosses ou grises.







Hier, dimanche, à Boston
. La veille du marathon, on voit des coureurs en famille passant le temps dans les playgrounds avec enfants. Le "blossom" est arrivé quinze jours après celui de DC.


Le quartier historique
de Beacon Hill.





Le grand parc, situé en plein coeur de la ville, avec sa statue de George Washington et sa perspective sur les buildings, pas si nombreux que cela. Près de la rivière, une esplanade pour les coureurs du dimanche et les marcheurs. Boston est une ville agréable et à parcourir à pied. Comme Philadelphie, pour le peu que nous en avons perçu.





L'après-midi, nous allons visiter la maison-musée d'Isabella Stewart-Gardner.

Il est recommandé par le guide bleu si l'on n'a qu'un seul musée à voir à Boston. Et de fait, c'est une merveille de lieu dédié à l'art. Autour d'un patio, trois niveaux remplis de tapisseries, tableaux (Degas, Matisse, Rembrandt...), de meubles, de sculptures...

Il regorge de surprises. Dans une salle, les morceaux de tissus, à soulever, révèlent sous vitre des livres et lettres rares. Le syndrôme de Stendhal manque de nous frapper tant ces oeuvres prennent un supplément d'âme (rien trouvé de plus original comme image !) dans une maison qui fut habitée jusqu'en 1924 et conservée en l'état depuis.

Ce lundi matin, nous roulons vers Cape Ann, jolie péninsule campagnarde au nord de Boston. Nous découvrons dans le parc d'Etat d'Halibut Point une ancienne carrière de granit. Un chemin en sept étapes raconte l'extraction de la roche. L'esprit veille sur les lieux.




Plus bas, près de l'océan, des empilements mille fois faits, défait, refaits.


Port au détour d'une route.



La chanson du jour : Katerine (avant le succès) chante "Mon coeur balance".


Et la liste "des baleines"
- celle de Jonas qui rentre et qui sort
- Monstro de Pinocchio qui, lui aussi, entre et sort
- la baleine du sel
(maintenant, à vous de jouer)

vendredi 18 avril 2008

Carnet du Massachusetts

Impossible de me connecter avant-hier soir dans l'hôtel de Cap Cod où nous restons deux nuits.

Vous aurez donc aujourd'hui un plat américain typique, soit double ration. J'espère que le menu ne sera pas trop roboratif. C'est une spéciale Massachusetts.

Jeudi, nous avons visité Mystic Seaport. Mystic, je connaissais par le film "Mystic Pizza" avec Julia Roberts, ressorti après le succès de Pretty woman. Il y a aussi "Mystic river" de Clint Eastwood.

Mais Mystic Seaport, c'est un village de pêcheurs reconstitué... A l'américaine. On se balade sur le chantier où l'on répare et reconstitue les bateaux, on peut en visiter trois dont un baleinier. Il y a les démonstrations : comment monter un homme sur un phare, comment éteindre le feu sur un navire, des chansons de marins en anglais... Ca allait, les enfants ne comprenaient pas les paroles... Nous non plus, d'ailleurs.
On a évité les expositions et les vidéos... Il y avait encore de la route à faire.





La cuisine d'un baleinier.



La reconstitution d'une maison de pêcheur du début du vingtième siècle...



Et la carcasse maintenue en état de l'Australia, un des navires sudistes qui forçait le blocus instauré par Lincoln dès le début de la guerre de sécession, en 1861.



Ce matin, nous nous sommes réveillés à Cap Cod, une péninsule du Massachusetts. Nous avions prévu d'aller sur l'île de Nantucket, une terre de baleiniers avec un village de pêcheurs original... Mais pour quatre personnes (pour petit garçon, c'est "free"), il nous en coûterait plus de 200 dollars pour le ferry... Trop cher dans le budget Nouvelle-Angleterre.

Nous échouons alors sur une plage de Cap Cod. Au programme, escalade de dune de 15 m de haut de la part des deux grands, vagues de cinq mètres, ce surfeur et son chien.


Puis nous roulons sur Provincetown, tout au Nord de Cap Cod.

Vu de haut, une petite ville sage...


Vue de loin, une rue banale...


Vu de près, des couleurs et des formes originales. Une boutique fête Noël toute l'année...


La ville est un haut-lieu gay. En été, c'est, paraît-il, le Mykonos local. Nous avons beaucoup aimé. D'autant qu'en avril, il y a carrément moins de monde (comme Mykonos, visitée à la même période de l'année... Déserte).


En grossissant la photo, vous verrez que l'action au centre décrit bien le nom de la boutique...










Tandis que nous buvons un double expresso, les enfants jouent sur la plage avec un petit Français. Les parents, venus voir des amis de Boston, viennent de faire une promenade en bateau de trois heures et ont vu des baleines. Les cétacés sont arrivés depuis hier, ils seraient près de 400, raconte le journal local.

Nous achetons les billets pour demain : il est plus sage de réserver car c'est le premier jour des vacances américaines et des bus d'enfants sont attendus.

En revenant à l'hôtel, nous décidons de ne pas nous séparer comme ça, le paysage et nous.



Et nous avons attendu le coucher de soleil comme des dizaines de voitures sur le parking.


La chanson du jour : Neil Young chante "Harvest moon"


Et la liste des "pensées pendant un coucher de soleil"
- qu'est-ce que ça éblouit !
- est-ce qu'il se lèvera demain matin ?
- c'est rapide, à tomber, la nuit !
- Et le fameux rayon vert, il existe ?
- Bon, je vais me rentrer.
(maintenant, à vous de jouer)

mercredi 16 avril 2008

Carnet du Connecticut

Tout d'abord, merci à tous pour vos messages du dernier billet.

Pour le blogueur à domicile que je suis, c'était drôle de les découvrir ce soir, en arrivant au Super 8 hotel situé près de Mystic dans le Connecticut.

Le wi-fi est gratuit dans certains hôtels de cette chaîne économique. Le rythme des billets de ce carnet de voyage (avec photos et sans vidéo) sera fonction de "l'Internet friendship" des hôtels réservés.

En tout cas, frigo et micro-ondes dans la chambre permettent d'acheter le pique-nique du lendemain midi. Ce sera salades à tous les étages (crudités et fruits) tant les derniers jours ont été riches de menus dignes des sumotori.

De Philadelphie, merveilleuse ville, que nous avons montrée en coup de vent à nos visiteurs d'une semaine, j'ai remarqué un mur peint parmi des centaines...


... Et ce joli troll en forme de gardien de nuit derrière une vitrine d'immeuble.


Nous avons fait un saut de puce à New-York, pour y déposer nos visiteurs qui y resteront trois jours. Une vue de Manhattan depuis la voiture...


C'est ce matin que notre balade en Nouvelle-Angleterre a commencé. La journée Connecticut a été marquée du sceau de l'architecture avec une balade à Yale. L'université, implantée au coeur de la ville de New-Haven, s'inspire des universités anglaises.






Mon coup de coeur a été, cet après-midi, la visite de la maison de Mark Twain située à Hartford.



Pour un coup d'oeil virtuel des principales pièces, c'est ici.

On sent que le romancier a voulu créer, avec son architecte, un espace de travail et un espace familial. C'est chaleureux, il y a une magnifique véranda aménagée en jardin d'hiver qui prolonge la bibliothèque.

Romancier reconnu, Twain se voulait aussi homme d'affaires. Il fut si mauvais qu'il accumula les banqueroutes. Dans ce cas-là, il avait deux solutions pour se renflouer : écrire un nouveau livre ou accepter un tour de lecture de ses oeuvres dans divers pays.
Une anecdote d'écrivain : sa salle de billard, au deuxième étage, était aussi sa salle d'écriture. Il s'y enfermait du matin au soir et alignait ses 9500 mots par jour (soit 47 500 signes !)... Le billard l'aidait à trouver son inspiration. Il redescendait le soir après avoir gratté et jouait avec ses enfants, dînait et lisait...

La chanson du jour : "Kalashnikov" de Goran Bregovic.



Et la liste "des maisons d'écrivains visitées"
- Maison Tolstoï (à Moscou, sobre voire austère)
- Maison Gorki (à Moscou, très beau style art nouveau)
(maintenant, à vous de jouer)