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mardi 12 août 2008

Tableau d'honneur

Je vous apprends sans doute qu'il y a des Jeux Olympiques en ce moment. Je ne discuterai pas de la perte compréhensible de motivation de Laure Manaudou (- de Lucas + - de 15km/ jour = plus de médaille)... Nan, je veux parler du tableau des médailles. Plutôt de la manière dont il est présenté.

Ca nous a fait un quart-d'heure de discussion avec madame, l'autre soir.

A savoir que les Français classent les nations selon le nombre de médailles d'or tandis que les USA classent selon le nombre total de médailles. Ce qui les place, accessoirement, au rang de première nation mondiale, devant la Chine alors que l'hôte des Jeux a davantage de médailles d'or.

Bon, vous me direz, tout ça, c'est que du sport. Peut-être. Sauf que. C'est quand même un petit peu politique, cette histoire-là, depuis longtemps, disons l'origine...

Derrière cette double comptabilité, on y a vu autre chose. Aux USA, plus t'en as, meilleur t'es... Non, ce n'est pas la bonne formulation. Ma théorie, c'est que ce n'est pas l'excellence à tout prix qui prime... Comme en France, où c'est l'or qui distingue avant le reste....
Cf l'école américaine où les élèves sont valorisés en permanence.

En gros, côté US, on dit ; "il n'y a que les médailles qui m'aillent". Côté Français ce serait plutôt : "hormis l'or, point de salut".

Mais bon, les autochtones sont quand même très forts pour monter des suspens genre le Graal de Michael Phelps (sa quête des 8 médailles d'or, élevé par une mère seule, gros plan sur sa môman pendant qu'il nage...).

A propos de gros plan, je savais que la France faisait fort en matière de chauvinisme sportif mais elle est carrément enfoncé. Il n'y en a que pour les athlètes US.

Pour voir ailleurs, un reportage de 2007 sur Kennenisa Bekele, jeune et grand coureur éthiopien.




La chanson du jour
: Pascal Danel chante "les neiges du Kilimandjaro".




Et la liste des "sports pratiqués"

- la danse classique (de 7 à 8 ans) (bien mais il y avait le vestiaire des footeux à côté et puis, être le seul garçon parmi 40 filles à 8 ans, bof-bof...)
- le foot (gardien de but, de 9 à 12 ans) (j'adorais plonger dans la boue)
- la boxe française (de 13 à 14 ans) (souple comme une ampoule, peur de prendre des coups, détesté)
- le basket (de 12 à 14 ans) (adoré mais quand on a son père comme entraîneur...)
- le tennis de table (de 15 à 18 ans) (chouette mais je commençais à porter des lunettes)
- le volley-ball (de 19 à 22 ans et de 38 à 39 ans) (un de mes sports favoris, très physique et ludique)
- la course à pied (en courant alternatif de 19 à 35 ans) (le défi permanent... Comme de courir un marathon et d'écrire l'article dans la foulée pour un journal local)
- le tir à l'arc (de 37 à 38 ans) (très très agréable et profond... Pour ça, vivement le retour en France)
(maintenant, à vous de jouer)

lundi 4 février 2008

Les deux dernières minutes

Ah, ça, c’était pas mal le Superbowl hier au soir. Enfin, surtout les deux dernières minutes. Bon, ça fait pas bézef, 120 secondes de suspens sur 3h30 de match. Mais c’était bien, quand même. Le suspens au bout du bout, intenable, c'est la passe de la dernière chance, il lance le ballon et le réceptionneur la capte… Les commentateurs énervés comme des moustiques washingtoniens l'été...

Et la victoire des Giants, ceux qui n’étaient pas les ultra-favoris. J’aime bien quand c’est le collectif qui gagne, sans star contre ceux qui avaient tout emporté cette année. Ça fait gentiment plaisir. En plus, une belle histoire ; le père d'Elie Manning, le quaterback (meneur de jeu) des Giants avait déjà gagné le Superbowl, son frère aîné l’a remporté l’an dernier, et EM –présenté comme moins doué, plus timide, tout ça quoi…- l’emporte cette année. Sur une dernière action d’anthologie.

Et puis, il y a eu les pubs dans le pub. Enfin, on était dans une brasserie. C’est assez drôle de voir les gens relever la tête en choeur au moment où le jeu laisse la place au business. Parce que chaque année, il paraît que c’est un spectacle, des publicités inédites, 100 000 dollars la seconde de pub, tout ça quoi... Hier, on a eu droit à Justin Timberlake qui fait le cascadeur pour Pepsi. Et puis, à un moment, ça a fait vroum-vroum, très fort, et tous les garçons ont levé la tête, comme un seul homme. Le vroum-vroum en question, c’est la nouvelle R8-voiture-de-luxe d’Audi. Regardez. Moi, j’ai d’abord pas tout compris.

Et puis un Américain m’a dit que c’était une parodie du Parrain ; genre la scène où un producteur d’Hollywood retrouve la tête de son cheval dans son lit le matin.

Il a ajouté que le reste de voiture dans le lit du riche, c'était le symbole de la berline de luxe à papa, l'ancien monde quoi, et que la R-machin d'Audi, c'était le nouveau monde, une nouvelle approche du luxe. Alors, j'ai dit oui, peut-être.

Et il y a même eu un spot d’Obama pendant la mi-temps. Il paraît que c'est rare, ce genre de pub. Bon, il était pour les Patriots, et ce sont les Giants de New-York, soutenus par Hillary, qui ont gagné. Mais c'est même pas sûr que ce soit un handicap insurmontable pour la course de haies du "Super Tuesday" de demain.

Allez, la chanson du jour parle un petit peu de politique ; Tiken Jah Fakoly chante « Quitte le pouvoir ».


Et la liste des « boissons aimées par tranche d’âge»
- Chocolat au lait du matin (entre 7 et 17 ans)
- Cacolac et jus de raisin l’été en vacances (entre 10 et 14 ans)
- Café (depuis les 18 ans), surtout l’expresso et la cafezinho brésilien
- Pouilly-Fuissé depuis les 32 ans et vins blancs de Bourgogne en général
- Rosé (entre 22 et 25 ans), Porto (entre 24 et 25 ans, entre 16 et 17h)
(maintenant, à vous de jouer)

dimanche 3 février 2008

Washington sports pour les nuls

Je vous la fais courte car il faut que je m’échauffe pour ce soir. C'est mon premier super-bowl aux Etats-Unis, dans un bar, avec des copains, un peu de Bud light (on conduit après le match…) et c’est parti pour 3h30 de sport US. Ah, oui, j’oubliais, le super-bowl, c’est la finale de football américain professionnel.

Washington est une ville très-très calme niveau engouement des fans (et de manière générale). Mais voici quelques sujets de conversation sport qu’on peut lancer à des autochtones sans avoir l’air trop bête. Pour les vidéos, j’ai fait très-très court, des extraits de moins de 30 secondes. Sans avoir l’air d’insister, le but au hockey est vraiment « amazing » et il est au ralenti. Ce qui ne gâche rien.

1) Ils ont été plutôt bons cette année, les Redskins, non ? Les Redskins, c’est l’équipe de football américain locale. Leur emblème est une tête d’indien. Démocrate ou républicain, peu importe, on est Redskin. Les jours de match, les fanions du club ornent les voitures. 65 000 spectateurs assistent aux matchs à domicile. Même les bonhommes de neige portent les bonnes couleurs (photo).

2) Le deuxième sport local, c’est le base-ball, les Nationals. L’équipe, implantée pendant une trentaine d’années à Montréal a déménagé à Washington en 2005. On voit sur la photo d'à côté un joueur assez méconnu lancer la traditionnelle première balle (un peu comme on pose une première pierre). Côté public, c’est moyen, les résultats, pas mieux. Comme je ne comprends rien aux règles, impossible de vous en dire plus.

3) Et le basket dans tout ça ? Excellente question. Il y a trois stars chez les Wizards (les magiciens) ; Gilbert Arenas, Antawn Jamison et Caron Butler.
Caronimo est mon joueur préféré ; un petit ailier de 2m, très rapide, sobre et spectaculaire. Un de ses surnoms est Tough juice. Je ne sais pas ce que ça veut dire ; « tough » c’est dur, « juice », le jus. Toute suggestion est bienvenue. Une de ses spécialités, voler la balle et contre-attaque éclair. Comme là.

4) On se fait une guys night ? C’est l'occasion d’aller voir du basket à prix abordable. Normalement, une place pour voir les joueurs shooter, c’est 180 dollars. Plus près du plafond, c’est 90 dollars. Mais il y a des offres à 50 dollars (appelez ce numéro « bla-bla… avant la mi-temps »), et les offres en famille, le dimanche à 80 dollars pour 2 adultes + 2 enfants + 4 hot-dogs + 4 boissons. Il y a aussi des « soirées de mecs » (les guys night out) avec match et post-match dans un lieu dont je souhaite ignorer la teneur. Regardez la pub.


5) Quid du hockey sur glace à Washington ? Ils s’appellent les Capitals, une équipe moyenne, encore, avec un joueur exceptionnel, Alexander Ovechkin. Le meilleur du championnat, le potentiel des plus grands. Ce Russe de 23 ans a signé pour la bagatelle de 120 millions de dollars une prolongation de contrat de 12 ans. Il a sans doute marqué le but de l’année ici.

6) Et le football (le nôtre, appelé soccer par ici) ? Eh bien l’équipe du coin, c’est DC United, bof, bof, qui vient de recruter une ex-star-vieillissante du football, Marcelo Gallardo. L’Argentin jouait avant au Paris-Saint-Germain, ce qui veut tout dire sur la qualité du recrutement. Oh, je sais, je suis taquin, rappelons-nous ses bons moments à Monaco.

La chanson du jour, par la plus grande chorale du monde, le Kop de Liverpool ; "You'll never walk alone".

Et la liste de « mes plus grands moments de sport que j’ai fait en vrai»
- Finir le marathon de Toul (54), dit le marathon de la mirabelle, en marchant, en suant, plein de crampes, mais l’avoir fini. (Le plus dur, ça a été de retourner au bureau écrire l’article sur la course).
- Arrêter le penalty de la victoire en coupe à Vaucouleurs (54), et regarder le soir la grande Coupe de France à la télé.
- Arbitrer le match des espoirs de l’équipe de basket de Nancy.
- Arriver à grimper à la corde à l’armée
- Et puis les tournois de basket, de tennis de table, de foot, de volley, les ravitaillements pendant les courses à pied

mercredi 23 janvier 2008

Cherche maillot de bain désespérément

Aujourd’hui, je suis très colère. D’ordinaire doté d'un tempérament plutôt bonhomme, je trouve que là, les bornes sont explosées. Outré à en prendre la mangeoire à oiseau pour punching-ball. Comme ça, les écureuils n’auront plus rien à manger, plus de jeu, fini. De toutes façons, ils devenaient obèses comme des opossums de neuf tonnes, ces derniers temps. Et j’aime pas les opossums !

Non, vraiment, ça n’est plus possible. Qu’est-ce que c’est que ces magasins de la plus grande société de consommation du monde qui n’ont pas le minimum syndical du sportif ? Ce qu’on appelle en jargon, le « fond de rayon », comme les allumettes un soir de coupure d’électricité. Ou un maillot de bain, taille enfant la veille de la piscine. D'ailleurs j’en cherchais un, de n’importe quelle couleur, en tissu, en laine ou synthétique, avec ou sans poche pour les lunettes… Un simple maillot pour nager, quoi. A priori pas le Pérou au pays où il y a une piscine –dans les condominiums- tous les quatre Starbucks. J’ai compté, je peux vous dire, ça en fait une tripotée…

Mais mon travail de ce matin s’est avéré mission impossible. Dans la capitale de l’Empire, deux magasins d’au moins 40 000 pieds carrés fouillés de fond en comble et pas un seul morceau de tissu version nageur en vue. « Désolé, me dit-on, ce n’est pas la saison. Il faudra revenir l’été prochain. » Pas la saison ! Mais c'est bien sûr. On avait connu ça avec la rentrée scolaire. Un jour de retard (rentrée américaine quatre jours avant rentrée française)... Et hop, voilà les rayons qui passent à l'orange. Halloween oblige. Et le jour d’Halloween, trouver une citrouille en plastique qui attire les bonbons ? Impossible, ils sont déjà passés à Noël. Je veux bien être lent, mais à ce rythme, c’est de la démence consumériste. Et les retardataires, qu’est ce qu’ils font ? Quand c’est plus l’heure… J’avais qu’à aller sur Internet, ils m’ont dit. Mais la piscine, c’est demain.


Ça n’a rien à voir, mais le mot à la mode ces derniers jours, c’est le « green-collar worker », le col vert. Après les cols bleus et blancs du 20ème siècle, le travailleur écolo est l’avenir du pays. Edwards et Clinton en parsèment leurs discours, la candidate a un plan pour créer 150 000 emplois verts par an. A espérer que le green-collar worker soit toujours de saison après les présidentielles.

A propos de saison, le retrait de la campagne présidentielle de Fred Thompson n'a fait ni chaud ni froid à personne. L’acteur politicien avait toutes les qualités apparentes d’un présidentiable (idées conservatrices solides, expérience de Washington, aura hollywoodienne, charme du Sud…). Il a créé un effet de mode l’été dernier.
Mais les doutes sur son manque de pugnacité – il a été décrit en « renard fainéant » (lazy as a fox)- et une campagne erratique dans de nombreux Etats ont sonné le glas de la candidature-soufflé. Il a annoncé hier son retrait en trois petites phrases. Les candidats républicains partent maintenant à la chasse à ses soutiens.

La chanson du jour, pour me calmer, Eminem chante "without me"


lundi 21 janvier 2008

En noir et blanc

Le réchauffement climatique est prouvé, la guerre froide est finie, Bobby Fischer est mort. C’est peu de dire que l’ancien champion du monde d’échecs sortait de l’ordinaire. La légende -qui n’est qu’un téléphone arabe en bon état- dit qu’il a souri quand sa soeur lui offrit un échiquier. Il avait six ans et se lança à esprit perdu dans la partie.

La vie des grands a toujours une odeur d’Olympe et de Styx. Celle de Bobby Fischer fut tumultueuse, aventureuse, furieuse et malheureuse. Ce fut le premier occidental à battre les Russes, en 1972, en Islande. On raconte qu’il vainquit une cohorte de préparateurs, d’entraîneurs, tout un système. Un homme contre un continent, il y a de quoi devenir fou. Ce qu’il fit avec disgrâce, rejetant dos-à-dos Russie et Etats-Unis, refusant de jouer son titre mondial. Il vira antisémite, se réjouit des attentats du 11 septembre… Il s’est finalement réfugié sur l’île où il avait gagné son titre. Comme un vieux saumon barbu. Il avait soixante-quatre ans. Les échiquiers ont soixante-quatre cases.

Ca n’a aucun rapport mais c’est aujourd’hui le Martin Luther King’s day, jour férié aux Etats-Unis. A l’école française, mon fils doit apprendre, pour son cours d’anglais du mercredi, cette phrase du pasteur ; « Je rêve, que mes quatre enfants vivront, un jour, dans un pays qui ne les jugera pas la couleur de leur peau mais à l'aune de leur caractère. »
Le célèbre discours prononcé en 1963 à Washington, sous-titré en français.


Sans transition, il y a quinze jours, une journaliste de golf a été suspendue deux semaines par sa chaîne de télévision pour avoir répondu sur le ton de l’humour, lorsqu’on lui demandait comment arrêter Tiger Woods, le champion américain noir de golf ; « le lyncher dans une arrière-cour. » La semaine suivante, le magazine Golfweek, qui tire à 160 000 exemplaires, met un nœud coulant à sa Une (photo ci-contre) pour expliquer le dérapage de la journaliste. Un choix jugé irresponsable et outrageant par la plupart des observateurs.
Le rédacteur en chef a été licencié. Le nœud coulant est considéré ici comme le symbole des lynchages qui se sont produits dans le Sud des Etats-Unis. Selon l'Université Tuskeege (Alabama), 3466 noirs ont été lynchés dans le pays entre 1882 et 1968. Le pays est toujours ultra-sensible sur ces questions comme l'a montré l’affaire des « 6 de Jena » en Louisiane....

La lutte continue, dans la chanson du jour, comme ailleurs…
Au Brésil, Virginia Rodrigues chante "Resistencia"

mardi 15 janvier 2008

Au nom du père

Tony Parker est un homme comme les autres. Quoique. Il est basketteur. Ce qui suppose une certaine hauteur de vue, malgré son 1m86. Et ses trois bagues de champion NBA qui peuvent alourdir la silhouette. Malgré cela, le mari d’Eva Longoria, qui approche de ses 26 ans, a des envies très terre-à-terre de paternité. Il veut des enfants, et rapidement. « Pour qu’ils me voient jouer », dit-il. L’information est d'aujourd'hui mais le désir est plus ancien.
Le joueur, qui porte –à l’américaine- le même prénom que son père et que son grand-père, espérait voici quelques années vouloir jouer en équipe de France avec ses deux frères, plus jeunes que lui. Une dynastie Parker, tous sur le terrain et les parents dans les tribunes.

Maintenant, l'idée est plutôt d'avoir papa sur le terrain et fiston (ou fistonne) qui applaudit dans les bras de maman. Pas de doute là-dessus. Mes trois enfants ont pu voir leur grand-père, balle en main, s'amuser sur un terrain. Le beau se faufile partout.

Dans un poème de Rilke récité par Laurent Terzieff chez Pivot.
"Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, sentir oomment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin....."

Une drolatique ivresse de La guerre des Boutons.

Ou cette capoiera exécutée sur le sable.

samedi 12 janvier 2008

Cherche mascotte

Et vous, vous avez un doudou, un objet fétiche, une mascotte ? Je sais, la question peut paraître déplacée. Mais c'est important, quand même. Ma fille trimbale un lapin bleu borgne affublé d'une patte pourrie qui la suit dans ses rêves, ses petites fatigues et ses coups de blues. On l'a perdu des dizaines de fois, mais le zombie bleu revient toujours. Il m'est sympathique.

L'Université George Mason (Virignie) a un grave problème, elle cherche sa mascotte. Le Washington Post du jour raconte la quête. J'ai l'air de me moquer, comme ça, mais c'est essentiel une mascotte aux US, l'idéal pour souder l'identité d'une université. Et George Mason a bien besoin de ciment, elle qui est passée en un quart de siècle de la fac sympa à un centre de recherche pointu. Guston -c'est le petit nom de la chose poilue, en photo- sert à tout ; elle anime les temps morts durant les matchs, elle orne les logos, les tee-shirts, certains courriers officiels. Elle soutient la communauté, la tradition, voire "constitue un moteur puissant pour l'esprit de l'école", selon des responsable de George Mason. Diantre.
Problème, elle divise. Elle est "so yesterday" mais elle est "cool", elle fait über-mascotte avec ses poils trop longs mais, comme le dit un étudiant, elle "représente bien l'université qui est si "screwball" (fêlée)". Pour l'instant Guston vit toujours.

Regardez ces mascottes spectaculaires. Celle des Washington Wizards s’appelle G-Wiz, j’achète sa devise ; « "If you can't have fun, get out of my way!! » Sa chanson fétiche : Do You Believe in Magic? de The Lovin' Spoonful (1965) chez Kamasutra Productions.
Plus connu, du même groupe, "Day dream" dans une version très live de Paolo Nutini.

Ça n’a aucun rapport, mais les Mexicains ont trouvé une méthode pour faire lire les grands classiques à leurs policiers, dont très peu ont fait des études, raconte Le Washington Post du 9 janvier. Une ville a eu l'idée géniale de traduire les principaux mots dans le langage codé qu'utilisent les policiers. Par exemple, 44 = la mort, 60 = message répété ou mémoire, 62 = identifié.
Ce qui donne, pour la première phrase de Cent ans de solitude (Gabriel Garcia Marquez) : « "Many alfas later, in front of a 44 squad, Col. Aureliano Buendía had a 60 about that distant afternoon when his father 26 him to 62 ice." Traduction : « Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendía devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace ».

Sur le même thème, une maison d’édition espagnole a souhaiter confier l'adaptation de grands classiques à des auteurs contemporains. Où l'on voit le Cid apprenant par un robot domestique qu’il est condamné à un exil galactique ! Blasphème et profanation pour les uns. En Chine, la réécriture d’une œuvre classique fait moins débat. On a aussi les classiques en BD pour les enfants depuis quelques mois . Cliquez pour découvrir les titres concernés.
L’idée me plaît de tisser des ponts entre notre époque et certaines oeuvres illisibles (j’ai calé après 20 pages de Gargantua)… Du moment qu’une post-face explique et situe l’œuvre dans son époque. Les contes ne sont-ils pas tous des reprises-adaptations de précédents récits ? Que cache cette iconisation absolue de l'auteur ?

Comme la littérature, la musique aussi n’est faite que de passerelles.
Exemple avec la chanson du jour. La version Bollywoodienne de Ya Rayah.
Et l’original de Dahman el-Harrachi.

jeudi 10 janvier 2008

Flash of emotion

Vous avez vu les larmes d’Hillary Clinton ? Je sais, je sais, personne n’y a échappé. Si vous les avez manquées, c'est . Sous perfusion CNN ces dernières 48h, j’ai eu le temps de disséquer ce « flash of emotion ». Eh bien, plus que des larmes, on voit plutôt des yeux embués (« her eyes mist over »), un menton qui tremble, un regard dans le vague bref, un moment de télévision. Mais ne mégotons pas. On a peut-être assisté au tournant des primaires. Pas forcément ? Quoique… Laissons le décorticage aux sondeurs américains. Tous les observateurs jugent néanmoins que l'humidité ambiante a humanisé la candidate, ce qui n’était pas donné d’avance. Alors que les partisans d’Obama parlent de «sensitivity factor», John Edwards a indiqué que ce moment d’émotion était.. quelque part, disqualifiant, c’est son expression. Hum, hum, carton jaune… Il a perdu quelques votes féministes en route.

Bill Clinton, lui, était un habitué des cascades lacrymales. Il était au bord des larmes ou a pleuré douze fois (c’est le chiffre exact) durant les six premiers mois de sa présidence. C’est Time Magazine, dans son édition du 28 juin 1993, qui le dit.

Et en France, les politiques ont-ils, eux aussi, des « flash of emotion »? On se souvient de l'émotion de Simone Veil, en 1975, après l'adoption de la loi sur l'avortement. Moins connu, les larmes de Mendès-France, le 11 mai 1981. Plus récemment, les sanglots de Christine Boutin, lors du débat sur le Pacs, le 2 décembre 1998. Quelques mois plus tard, paraît son livre… Les larmes de la République. En 2006, d'autres larmes, celles de Noël Mamère en célébrant le premier mariage homosexuel en France. La même année, Lionel Jospin, très ému, explique devant les socialistes les raisons de son retrait de la vie politque.

Ca n’a aucun rapport mais Barak Obama adore le basket. Ca tombe bien, moi aussi. L’histoire est dans Le Monde.fr du 8 janvier 2008.
A 10 ans, son père qu’il n’a pas revu depuis 8 ans, lui offre un ballon de basket. Il découvre sur les playgrounds le code d’honneur des joueurs. Plus tard, sa future femme lui oppose même son frère (un ancien professionnel) dans un match improvisé pour découvrir quel genre de personne il est. Examen de passage réussi. Quelqu’un qui a joué un après-midi contre lui, raconte sa rencontre.

A propos de professionnels –du basket, pas de la politique-, le Washington Post du 8 janvier 2008, raconte comment les p’tits nouveaux des Washington Wizards se sont faits recadrer. Eh bien, ces jeunes, des méga-stars dans leur université (monde brillamment peint par Tom Wolfe dans Moi, Charlotte Simmons), changent d’univers.
Bref, fort mécontent de la production de sa jeune garde, le coach a lancé : « there are times to hug them and there are times to put a foot in their rear, and right now is a time for that second part. » Ça a le mérite d’être clair. Résultat, les gamins insouciants qui riaient dans les vestiaires avant les matchs, sont séparés. Chacun sera désormais à côté d’un joueur d’expérience. « Vous ne devez pas avoir de distractions quand vous êtes jeunes », gronde un chaperon.
« Le plus important pour un jeune gars arrivant en NBA est de comprendre ce que c’est d’être un pro, commente le pivot Brendan Haywood. Je suis un des gars qui aime le plus s’amuser, mais quand c’est l’heure du boulot, je suis sérieux. Vous devez connaître les études sur les autres équipes, les systèmes de jeu, vous devez avoir une routine. » Exactement comme pour un blog, finalement... Tout est dans tout.

A suivre un prochain jour, si je poursuis ma progression sur la voie du professionnalisme bloguien, des nouvelles de 2007 qui ne méritaient pas de disparaître comme ça dans les oubliettes de l’histoire.

Ah si, j'oubliais (comme quoi, la voie du professionnalisme est aussi pavée de bonnes intentions)... La chanson que j'aime pour toujours. Lettre à un rêveur de Lucid Beausonge, et voilà.