lundi 7 février 2011

Où va se nicher le créationnisme


Vous me connaissez maintenant.
Les Américains, je les aime tant que je les quitte dans six mois. Cointreau n'en faut, qui trop embrasse mal étreint, je pense. Ceci dit, ce pays me surprendra toujours par sa capacité à se suparsser, quel que soit le domaine.

J'ai ainsi eu l'impression d'avoir trouvé plus fort que les adeptes du créationnisme en visitant le musée d'histoire naturelle de Washington.


"Les origines humaines : vers les mammifères et les toilettes".

La visite desdits "restrooms" s'est avérée à la hauteur de nos espérances. Modernité, efficacité, un hymne à la beauté urbaine.

J'en ai déduit que ce bijou de technologie avait dû être inventé par une quelconque divinité amusée au matin du 5ème jour ; grosso modo entre la création de l'homme et celle de la femme. Et le mouchoir en papier, il est sorti de la cuisse de Jupiter ?


Sans transition, et puisque nous parlons de dieux, vous savez que Dominique Strauss-Kahn habite Washington, en sa qualité de président du FMI.

Vous ignorez sans doute que je fais des pieds et des mains pour retrouver, depuis trois ans, son adresse afin de défiler devant chez lui, armé d'un panneau où est écrit : "Domi douze".

(Toute allusion à l'année de la présidentielle est loin d'être fortuite, merci).

La vie est ainsi faite. Un soir où l'alcool coula plus que de coutume en compagnie du bon ami et autres élus, nous fîmes de Domi notre héros.

Malgré son silence répété depuis lors, nous gardions secrètement espoir qu'il nous avertît, adressât un signe d'espoir. Et hosannah, la présence de Domi s'est soudain manifestée. Pas plus tard que la semaine dernière, au Port discovery museum de Baltimore, gigantesque playground enfantin.


"Domi sait". Soyons clairs, j'en ai pleuré en tombant derechef à genoux. Il n'y a pas de plus belle preuve de l'existence de la social-démocratie.

(Toute allusion à une salle consacrée aux jeux de dominos dans ce musée est loin d'être fortuite).


Et la liste des "dominos"
- La théorie des dominos.
- Frère Domino (chanson paillarde de belle composition).

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 2 février 2011

Sortez les mouchoirs


Je m'extirpe à grand peine d'un infini tunnel de trois jours, entre fièvre washingtonienne, toux américaine et sinusite personnelle... Le tout sur fond de pluies verglaçantes et d'enfants qui font l'essuie-glace entre l'école et la maison.

Trêve de pleurnicheries... Le but de cet incipit n'est pas de vous conter mes petites misères mais d'expliquer le silence de ce blog mythique et, surtout, de vous faire part d'une expérience désagréable -ô combien- corroborée par les faits ces derniers jours.

Je veux parler de la nullité absolue des mouchoirs en papier américains. Incompréhension. Chaque fois que je me mouche, je me trouve avec un trou béant à la place de la très fine feuille servant d'écran entre la main et les narines.

Résultat... Bref, je ne vous fais pas de dessin. Quant à replier le mouchoir pour le renforcer, j'avoue encore mal maîtriser l'art de projeter des miasmes sur 1mm carré.

Qui a dit que j'avais le nez cyranien ? Bon, je vous l'accorde, l'odorat est mon sens le plus développé. Mais là où je ne vous suis plus c'est que la mésaventure arrive aussi aux enfants, dont l'appendice nasal est proche de la perfection, lui.

Quelqu'un pourrait-il donc me dire pourquoi la marque Kleenex fait d'honnêtes mouchoirs en papier pour la France et de ridicules feuilles pour son marché local ? Cela a-t-il à voir avec l'histoire torturée dudit mouchoir en papier ?

Comment font les Américains pour se moucher dans d'aussi inconsistants réceptacles ?

En attendant votre aide, amis, je viens d'acheter de larges feuilles de Sopalin.

(Peut-être demanderais-je à mes parents d'envoyer quelques mouchoirs en tissu par Colissimo...)


Et la liste des "mouchoirs bien"
- "Les petits mouchoirs" (un excellent film à voir dans un avion)
- Les mouchoirabiés (cachons ce nez que je ne peux pas sentir)

(Maintenant, à vous de jouer)

jeudi 27 janvier 2011

Orage de neige


Elle est quand même très prévenante, cette météo de DC... Pour notre dernier hiver aux Etats-Unis, elle sort le grand jeu.

Après la glace d'il y a deux semaines, voilà-t-y-pas qu'elle nous a sorti, hier au soir, un autre specimen : l'orage de neige.

Un drôle de phénomène, ce "thundersnow".

Bref, il est 18h ce mercredi, quand nous rentrons à la maison, après une séance de piscine écourtée et des avenues bloquées par des chutes de neige et des voitures tamponeuses amateures). Quand soudain, nous voyons un éclair bleu surgir à une centaine de mètres derrière la maison...

Nous sursautons et croyons qu'un transformateur a explosé. Chanceux que nous sommes, durant les trois heures qui suivent, nous aurons l'occasion d'en voir d'autres, des éclairs... D'autant mieux, que nous serons dans le noir. Coupure d'électricité oblige.

Bleu, vert voire bleu-vert-d'eau ou vert-bleu-tendant-vers-l'opale, la plupart du temps précédé par un bref coup sourd (sans doute le tonnerre), chaque éclair nous clouait davantage sur notre sofa.

Jusqu'à ce que, hébété, nous décidâmes d'aller rejoindre le lit, un peu transis. Ce matin, quelque 200 000 foyers n'avaient pas d'électricité à DC et dans ses environs. Pour nous, la coupure d'électricité s'est achevé aujourd'hui à 14h...

Il y a eu quelques dégâts matériels dans notre rue...



Et la liste des "orages dingues"
- Orage mécanique.
- O râge, ô desespoir

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 26 janvier 2011

Mamans autour de DC


Je vous préviens. Ceci sera peut-être mon dernier billet. Car je risque bien d'avoir toutes (je dis bien toutes) les mères de Washington et de ses environs sur le rable et d'être mis en pièces d'ici la fin de la semaine.

Une ou deux mères... Je ne dis pas non. Je pense pouvoir supporter le supplice sans barguigner... Mais subir les assauts furibards de quelque 600 femmes attaquées dans leur honneur et leur appartenance à cette divine communauté des Mamans...

Malgré un taux de testotérone bien supérieur à mes congénères, je ne conçois aucune échappatoire face à une telle horde (qui plus est, j'ai une sciatique).


Mais résumons plutôt. Chaque jour, mon sourire voire mon éclat de rire vient d'un groupe Google, le bien nommé "Mamans autour de DC". Un groupe où le principe est de poser une question au groupe. Répond qui veut, seules les personnes intéressées reçoivent les conseils. Bref, on y échange des infos, de la plus grande utilité à la futilité totale.

"On" ? J'avoue, je me suis inscrit au groupe voici deux semaines, cherchant une baby-sitter, denrée périssable dans nos contrées. Six réponses reçues, une baby-sitter essayée, parfaite (et californienne). Le principe du groupe est bien, simple, efficace. Sérieusement, j'adore.

(Et puis, cette sensation d'être le seul homme dans un groupe de femmes m'a toujours séduit... Rappelons-nous mon année de danse classique à 8 ans... 1 garçon + 40 filles = toutes les possibilités de faire du foot l'année suivante).

Au-delà des demandes classiques concernant les enfants, les déménagements ou les appartements à louer, chaque jour recèle sa perle, un bonheur fugace. Exemple ce matin.

"Où peut-on trouver des pieds de porc ?"

(Devant mon café au lait, j'imaginais, narquois, la mère inquiète, limite cyanosée, à la recherche urgentissime de la chose ; "Si je n'ai pas mes pieds de porc dans l'heure, je fais un malheur !").

La semaine dernière, une dizaine de messages ont paru à la suite de la mort du créateur des "Martine" pour dire quel était leur album préféré...
(Je me suis retenu de poster un titre détourné genre "Martine, son premier space cake"... Le premier degré un quart semble être le maximum autorisé dans ces lieux).

Bref, chaque jour, je ris sous cape et me retiens de prodiguer cet humour élégant qui constitue ma marque de fabrique. On pourra dire que je fais des progrès pour ma réincarnation future.


A propos, pour trouver des pieds de porc à Washington DC, il faut aller au supermarché coréén (H Mart) sur Georgia Avenue. On y trouve aussi toutes sortes d'abats.


Et la liste de mes "chansons d'Abba préférées"
- Dancing Queen
- Super trooper

(Maintenant, à vous jouer)

jeudi 20 janvier 2011

Les B52's attaquent DC


Vibrant bombardement de sons (les acouphènes sont mes amis), harmonieux pilonnage d'énergie sur l'unique salle de rock valable à Washington, le 9:30...

Hier soir, les B52's étaient dans la capitale et, ma foi, les mauvaises longues pourront dire que pour des sexagénaires, ils bougent encore.

Quoi, diront les autres ? Ah, ces filles avec des choucroutes sur la tête (des B52's comme on les nomme dans les Etats sudistes) ? Ils étaient un peu déjantés, non ?

Pas loin. Un drôle de parcours depuis le méga-succès en 1979 (Rock Lobster), un hit quelques années plus tard (Love Shack), entre étangetés (Planet Claire) et belles ballades (Deadbeat club)...

Puis le silence. Le groupe sort un album en 2008, après 16 ans d'absence des bacs...

Dans quinze jours, à Athens, Georgie (la même ville natale que R.E.M.), les B52's fêteront leurs 34 ans. On vous rassure, ils ont toutes leurs dents.


"Nous étions à la plage,
Tous avaient des serviettes coordonnées,
Quelqu'un est allé sous le quai,
Et là, tous ont vu un rock,
Mais ce n'était pas un rock,
C'était le rock du homard"
(Extrait de Rock Lobster)


Et la liste des "vieux qui chantent encore et que j'aime bien"
- Césaria Evora
- Anne Sylvestre
- Adamo

(Maintenant, à vous de jouer)