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mardi 5 mai 2009

Les Gaudi paysans


Il faut toujours écouter
ses amis de longue date. Bien qu'ils vivent à Paris (ville au goût exquis), à moins de vingt mètres d'un fromager et qu'en se rendant chez eux, vous deviez passer, le dimanche matin, devant une rôtisserie débordant de poulets plus grillés les uns que les autres.

Bref, ces amis nous ont recommandé la série "Architectures", diffusée sur Arte. En cinq DVD, les réalisateurs présentent une trentaine de bâtiments réalisés par des architectes connus du grand public que je suis (Nouvel, Frank Lloyd Wright, Piano et Rogers...) ou pas. Chaque épisode d'une demi-heure dissèque le bâtiment, la démarche de l'architecte, le replace dans son époque. C'est passionnant, pas ennuyeux pour un euro et se regarde comme on mange un réglisse Haribo.

La collection ne parle pas du travail de cet homme ni de la vision enchanteresse -et moins connue- de celui-ci. Les statues, on les sent modelées à la main, pétries de sueur et de rêves.

Dans la série "je-bâtis-tout-de-mes-mains", Justo Gallego Martinez poursuit son bonhomme de chemin. Parpaing après parpaing, il continue d'édifier, à 85 ans, une cathédrale qu'il a entamée dans les années 60. "C'est un acte de foi", dit cet ancien moine qui utilise surtout des matériaux de récupération pour son grand œuvre. Malgré l'aide d'un jeune homme, qu'il paie sur sa pension, il aura bien du mal à achever cette cathédrale à ciel ouvert.



La chanson du jour : "Qui c'est celui-là ?" se demande Pierre Vassiliu.




Et la liste des " formes pures"

- la pyramide
- le cube
- le ruban de Möbius

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 11 février 2009

Toucher des étrangers

C'est un projet que le photographe new-yorkais Richard Rinaldi a réalisé en 2007. L'idée est simplissime et très forte. Demander à des personnes qui ne se connaissent pas d'être pris en photo ensemble et de se toucher pendant la prise de vue.
























J'ai ressenti, selon les images, des émotions très variées. Je tente de cerner sur les visages les signes de surprise, de nervosité, une pause apprétée. Je cherche le point de contact entre les personnes, les doigts évasifs, les mains trop tendues.

Et rapidement une foule de questions m'envahit. Qu'est-ce qu'ils se sont dit ? Avant, après ? Qu'ont-ils raconté à leur conjoint, à leur enfant ? Ont-ils échangé leurs adresses ? Garderont-ils la photo chez eux ? L'exposeront-ils dans la montée d'escalier ? Que deviendra le souvenir de cette rencontre ? Cet étranger qu'ils ont touché leur devient-il plus proche que certains membres de leur famille embrassés avec automatisme ?

Me revient alors en mémoire cette amie qui m'avait confiée s'être effondrée en sanglots lorsque son psy lui avait touché le ventre de sa main.

Différents travaux de Richard Rinaldi sont présentés . Il tien aussi un blog.


La chanson du jour : Emiliana Torrini chante "Me and Armini".



Et la liste des " paysages évocateurs".
- Les yeux
- Les mains
- Les seins

(Maintenant, à vous de jouer)

samedi 26 avril 2008

Carnet du NH et du Vermont

Quasi-fin du périple de quinze jours à travers les Etats de Nouvelle-Angleterre. Dernier carnet de route que j'ai eu plaisir à concocter.

Petit détail qui a son importance sur les coulisses de l'exploit. Chaque soir, dans une chambre d'hôtel, on met nos photos en commun sur la mémoire du Mac, madame et moi. Les images que chacun a pris durant la journée avec son appareil et son regard. On choisit pour nos archives persos et je me sers pour le blog.

Sa modestie dût-elle en souffrir, bien souvent, les meilleures photos sont d'elle... Les compliments pour la qualité des images lui sont donc destinés à 80%... La beauté des paysages et des constructions humaines de Nouvelle-Angleterre a fait le reste.

On finit donc par le NH et le Vermont. Je mets NH pour le New-Hampshire tant on a traversé en coup de vent, cet état.

Avant-goût avec un lac dans le Maine, à la limite du NH, qui attend encore le printemps...


Des ponts couverts (on comprend leur importance vu le froid et le vent et l'hiver qu'il y a ici)




Vues sur le Mont Washington qui culmine à 2000m...



Pour aller au sommet, empruntez les rails... On n'y monte que par train, une vieille loco qui reprend du service en mai.



Au pied du Mt Washington
, un moment d'histoire économique, avec l'hôtel -de luxe- où ont été signés les accords de Bretton Woods en 1944... Qui ont donné naissance au FMI et à la Banque mondiale.


Au coeur des "white mountains", où il restait encore de larges plaques de neige noircie, la "silver cascade" coule à plein débit... Merci la fonte des neiges.



Puis c'est le Vermont, (la "petite Suisse américaine"), ses fermes, ses granges rondes, vestiges des shakers, ses verts pâturages, son lac Champlain...




Figurez-vous que la capitale du Vermont s'appelle Montpelier... Petite ville avec un grand capitole brillantissime...


... Et son usine de glaces Ben & Jerry's
. La toute première du groupe, située dans le Vermont. Cette visite, c'était notre plan B car le musée où se trouve la grange ronde ci-dessus, ne rouvre qu'à mi-mai.

Je ne suis pas fana d'ice cream, mais la visite était plutôt bien menée entre décontraction, légende urbaine autour des deux babas fondateurs (reconstitution du camion historique utilisé pour faire connaître leurs glaces), et business bien arrangé autour de la marque (revendue à Unilever)... Un truc m'a frappé dans la queue pour acheter une glace aux enfants. Que d'obèses aux Etats-Unis !




Avant d'arriver dans le Connecticut où nous dormions hier soir, mise en boîte d'une église blanche du Vermont (un classique) et en face, une maison en bois, de guingois. Elle semble habitée.





Respiration entre deux portions de route avec la visite d'un petit musée, connu pour Grand'ma Moses (peintre naïve qui commença sa carrière à 70 ans, mourut à 101 ans et fit la Une de Time en 1951)... Il présente, entre autres, une exposition originale sur les objets domestiques détournés.

Une colonne de couvertures...


Sur chacune d'entre elle, une étiquette où le donateur raconte l'histoire de la couverture.


Des photos dans des bocaux...


Une horloge de bébés pleurant (qui doit marquer l'heure des biberons ou tétées)


Une statue entre les machines entassées...


De la verroterie bien colorée...



Et quelques jouets du temps passé.




La chanson du jour : les Beach Boys chantent "wouldn't it be nice ?"


Et la liste " des jouets de mon temps passé"
- un mécano (numéro 4 ou 5)
- des billes
- des soldats en plastique
- un playmobile Zorro et son fidèle destrier
(maintenant, à vous de jouer)

lundi 21 avril 2008

Carnet du Massachusetts (2)

Pas de connexion wi-fi simple à utiliser au Motel 6 de Boston, où nous avons passé les deux dernières nuits. Un service limite (wc bouchés, on me donne une ventouse...), pas de petit-déjeuner mais une piscine intérieure chauffée ! Ce soir, nous sommes un peu plus au Nord, dans le Maine. Au Super 8 motel, qui fournit Internet sans souci. Tout est bien pour la livraison puissance trois du Massachusetts.

On commence avec les baleines. J'avais fini le précédent billet avec l'achat de cinq billets pour une promenade en bateau. Samedi matin, à 9H15, -soit une demi-heure avant l'embarquement- nous attendons sur le quai.

Après le départ, chacun scrute l'eau, les premiers frémissements et soudain la voix du guide ; une baleine à l'horizon. Puis une deuxième, d'autres encore... Des dauphins, qui virevoltent mais tous n'ont d'yeux que pour les cétacés. Les exclamations du départ se transforment en silence devant la splendeur de ce spectacle. Dix fois vu à la télé, mais là... Durant deux heures, une vingtaine d'entre elles plongeront, sortiront la tête de l'eau, passeront sous le bateau immobile, baleines à bosses ou grises.







Hier, dimanche, à Boston
. La veille du marathon, on voit des coureurs en famille passant le temps dans les playgrounds avec enfants. Le "blossom" est arrivé quinze jours après celui de DC.


Le quartier historique
de Beacon Hill.





Le grand parc, situé en plein coeur de la ville, avec sa statue de George Washington et sa perspective sur les buildings, pas si nombreux que cela. Près de la rivière, une esplanade pour les coureurs du dimanche et les marcheurs. Boston est une ville agréable et à parcourir à pied. Comme Philadelphie, pour le peu que nous en avons perçu.





L'après-midi, nous allons visiter la maison-musée d'Isabella Stewart-Gardner.

Il est recommandé par le guide bleu si l'on n'a qu'un seul musée à voir à Boston. Et de fait, c'est une merveille de lieu dédié à l'art. Autour d'un patio, trois niveaux remplis de tapisseries, tableaux (Degas, Matisse, Rembrandt...), de meubles, de sculptures...

Il regorge de surprises. Dans une salle, les morceaux de tissus, à soulever, révèlent sous vitre des livres et lettres rares. Le syndrôme de Stendhal manque de nous frapper tant ces oeuvres prennent un supplément d'âme (rien trouvé de plus original comme image !) dans une maison qui fut habitée jusqu'en 1924 et conservée en l'état depuis.

Ce lundi matin, nous roulons vers Cape Ann, jolie péninsule campagnarde au nord de Boston. Nous découvrons dans le parc d'Etat d'Halibut Point une ancienne carrière de granit. Un chemin en sept étapes raconte l'extraction de la roche. L'esprit veille sur les lieux.




Plus bas, près de l'océan, des empilements mille fois faits, défait, refaits.


Port au détour d'une route.



La chanson du jour : Katerine (avant le succès) chante "Mon coeur balance".


Et la liste "des baleines"
- celle de Jonas qui rentre et qui sort
- Monstro de Pinocchio qui, lui aussi, entre et sort
- la baleine du sel
(maintenant, à vous de jouer)