Les films de super-héros me gonflent. Je n'aime les gens encapuchonnés et encapés et superpouvoirisés qu'en BD. Marvel, c'est bien du moment que ça ne bouge pas.
Pour être plus clair, je préfère carrément les films catastrophes, avec les buildings qui s'écroulent, les océans qui dévalent et arrachent tout sur leur passage, les avions qui se fracassent dans l'eau voire -c'est ma pastille Vichy avant de me coucher- les dernières heures d'un navire insubmersible dans les eaux fraîches de l'Océan Atlantique sur fond d'histoire d'amour impossible.
D'ailleurs, un de mes peintres préférés est
Hubert Robert, qui imagina la grande galerie du Louvre en ruines.
Et si ce n'est pas trop demandé, je préférerais que l'action soit servie par une femme. Parce que j'en ai soupé des hommes qui sauvent le monde. Sauf que j'ai comme l'impression que la femme tête d'affiche au cinéma" est une denrée de plus en plus rare.
Un article du Washington Post dressait ce week-end un constat pour le moins accablant. Forbes magazine a demandé à 157 professionnels du cinéma américain de dire qui sont les plus "bankable" parmi 1400 acteurs et actrices. En gros, qui peut faire vendre le plus sur son nom.
Eh bien, nous avons 4 femmes dans les 30 premiers (Angelina Jolie n°2, Julia Roberts n°11, Meryl Streep n°16 et Nicole Kidman n°22)... 28 actrices dans le top 100 et 185 dans les 500. Pour mémoire, Will Smith est numéro 1.
Ok, on peut jeter l'opprobre sur le sexisme d'Hollywood, une industrie dirigée par des hommes depuis des lustres et destinée à faire de l'argent.
Qu'est-ce qui rapporte le plus d'argent ? Les films de super-héros, de crashs de voitures et de bang bang, qui ont le mérite de parler un langage universel (bang-bang, boum-boum, plouf-plouf) et donc de toucher plus de monde.
Et ce sont les hommes qui sont, physiquement, avantagés par rapport aux rôles... Seules exceptions, Angelina Jolie (la carrosserie de Lara Croft... et avant elle, Sigourney Weaver dans Alien.
Mais l'article en dit plus long sur la mentalité des spectateurs et la société américaine. Les films où les femmes sont en vedette sont désormais rangés dans la catégorie "chick flick" (films de filles) comme il y a une chick litt... On compartimente. Vous allez me dire "et alors ?"
Et alors, c'est là qu'interviennent les rapports dominant-dominé (non, Bourdieu n'est pas mort). Une sociologue américaine, E. Ann Kaplan, dit que, de plus en plus souvent, les femmes vont voir ce que les hommes désirent. "Toujours pour plaire à l'homme".
Quant aux hommes qui vont voir un film de "femmes", ils disent que c'est un "chick flick"... Les femmes qui vont voir un film d'action, elles, disent que c'est un film. Pareil pour les garçons qui sont peu enthousiastes à l'idée de voir Pocahontas ou Mulan alors que les filles sont aussi contentes que les garçons d'aller voir Aladin ou le Roi lion.
C'est une réflexion parcellaire... Mais j'ai l'impression diffuse (faudrait lire, décortiquer le sujet... Bosser, quoi) que la société américaine est machiste (moins visible que le machisme de l'amérique du sud ou des pays arabes) et que ce mouvement est intégré dans les moeurs et les comportements de chacun.
Tiens, ça me fait penser que demain, j'accompagne les enfants voir Mia et le Migou. Une héroïne, un film écologique, made in France...
En attendant, un
entretien d'embauche intéressant.
La chanson du jour : "It's good to be the King", par Mel Brooks (attention ! Scène mimée de sexualité cochonne au début du clip).