Désormais, je peux quitter Washington heureux, voguer léger vers d'autres capitales européennes, aller à la rencontre des anges verts et des frères Bogdanoff, essayer d'être fou, voir Berlin et renaître, revoir Venise et mourir.
Cet après-midi, je suis entré à la Maison Blanche.
Je vous explique. Les visites de la résidence du président sont désormais interdites à tout étrangers depuis certains attentats. Seuls les Américains peuvent, en faisant la demande à leur représentant au Congrès, avoir le privilège d'y faire un tour. Grâce à un ami journaliste, j'ai pu être invité dans le sein des Saints.
Et, privilège supplémentaire, à l'heure pile où le Président s'envolait pour Portland.
Le cérémonial est réglé comme du papier à musique. Roman-photo de cet après-midi.
- D'abord l'attente avec les journalistes et photographes avant de pouvoir entrer dans le couloir menant à la pelouse.

- Tiens, joli tableau dans le couloir, à la dérobée.

- Puis le rose garden, et le bureau ovale, au fond, derrière l'arbre.



(Personne).
- Un simple cordon de sécurité sépare la presse de la pelouse. La présence du "secret service" est discrète.


-Quand même, quelle chance de voir l'Obélisque de ce côté-ci de la grille. C'est mieux que Disneyland et Times Square réunis.

- Le premier étage de la Rotonde où Obama reçoit ses plus proches amis. (Il y a trinqué un verre avec eux le soir où sa réforme de santé a été adoptée).

- De l'autre côté, les visiteurs d'un jour, munis eux aussi d'appareils photos, attendent l'hélicoptère présidentiel.

- Marine 1 approche, toutes pales dehors. L'ami me prévient de me tourner car le vent souffle dru quand l'appareil approche du sol. Rien à faire, je m'accroche à l'appareil pour engranger les photos (on ne sait jamais, s'il n'y en a qu'une seule de potable).






- Pied de grue pendant dix minutes, le président se fait attendre, les photographes des agences de presse mitraillent pour chercher le gros plan à l'intérieur du bureau ovale, l'image décalée qui intéressera les journaux.
Je découvre le playground installé pour les deux filles du président. Avant elles, le dernier enfant à avoir batifolé dans les jardins de la Maison blanche était la fille de Jimmy Carter, voici trente ans.

Il y a aussi un terrain de basket, une piscine construite sous Gérald Ford et un mini-green de golf pour pratiquer le putting.
- Inutile de présenter l'impétrant (notons juste que le harnais a bien blanchi depuis un an).




- Après avoir salué la foule, il s'engouffre directement dans l'hélicoptère suivi par des officiels, dont son secrétaire personnel, le responsable de la presse et le jeune rédacteur de ses discours...


- Ces lourdes valises contiennent les codes nucléaires, au cas où... Le dernier à monter dans l'hélicoptère est le garde du corps personnel du Président.


- Et l'hélicoptère décolle, direction l'aéroport militaire d'Andrews, au sud-est de Washington. Un hélicoptère leurre absolument identique rejoint Marine 1 dans le ciel. Au cas où...



- Voilà, c'est terminé. Et la vie reprend son cours. On apporte les plats de la réception que donne Michelle Obama ce soir.

- Reste aux journalistes et photographes à retourner au boulot. Ils sont logés dans une partie de l'aile ouest de la Maison blanche. Enfin... Logés... Un bien grand mot car l'espace est des plus réduits. Un cubicle à l'Américaine.... et peu de place pour ranger ses boîtiers... On se croirait dans un avion, jusqu'aux tiroirs situés à hauteur de la tête. L'ambiance est décontractée, travailleuse...


- La salle de presse compte une grosse quarantaine de places, toutes nominatives... Lors des briefings du responsable presse, il n'est pas rare de voir des journalistes appointés à titre exceptionnel solidement coincés debouts, contre les murs...


- Et voilà, c'est maintenant tout à fait terminé. En une heure, l'évènement était presque aussi beau que les baleines rencontrées à Cape Cod ou les grizzlies de Yellowstone.
Une dernière photo de la Maison blanche prise de l'intérieur du périmètre, côté entrée... Un dernier regard avant de franchir les grilles et de regagner le métro. Il est grand temps d'aller chercher les enfants.
Et la liste des " belles demeures vues de l'intérieur"- Chenonceau (cette lumière au-dessus de l'eau)
- La maison de
Mark Twain (rouge dehors, inspirante dedans)
(Et maintenant, à vous de jouer)