lundi 21 décembre 2009

Les mots de l'année


Le New York Times récapitulait dimanche les mots qui avaient fait l'actualité cette année... Pas les mots ordinaires, ceux sortis du Robert comme le faisait (fait ?) Libération mais les mots inventés, les mots-valises, les expressions créées pour l'occasion. Une poignée m'ont paru bien vus.

Birther : une personne qui croît que Barack Obama n'est pas né aux Etats-Unis et qu'il ne peut donc pas être président.

Dracula sneeze (illustration) : se couvrir la bouche avec le creux du coude quand on éternue (comme il est demandé ici bas dans chaque école) comme Dracula qui cache son visage derrière sa cape.

Government Motors : un surnom pour General Motors dont la majorité du capital appartient maintenant au gouvernement américain.

Swine flu party : un rassemblement provoqué pour que les gens se contaminent d'une forme bénine de la grippe H1N1 pour développer des anticorps (ce qui est déconseillé par les médecins).

Vook : un livre numérique qui inclut des vidéos dans le texte.


Sinon, le mot de la fin d'année à Washington DC est "...." Ho, je ne sais comment s'appelle cette bouillie qui sévit quand la neige fond dans la toundra. Eh bien, on est en plein dedans.


Et la liste des "mots pleins de neige"
- Avalanche (synonyme de déluge de neige"
- Congère (aujourd'hui, j'ai eu le bonheur de voir "la congère apprivoisée")
- Luge (aucune luge en bois avec patins de fer vue sur les pentes américaines... Snif)

(Maintenant, à vous de jouer)

samedi 19 décembre 2009

Le Washington blizzard (j+ 1)


Il neige. Il neige depuis 21h00 hier soir (j'écris à 15h06 ce samedi) et il n'a pas cessé de neiger depuis cette heure.

Toute la côte est du pays est sous une couverture blanche. La nôtre est bien épaisse : 40 cm. Il n'a pas neigé autant depuis six ans et jamais autant en décembre. Les vents atteignent jusqu'à 60 kilomètres/heure, ce qu'ils appellent ici "blizzard" ou "storm".

Le maire de Washington DC a décrété l'état d'urgence, les seules silhouettes que je vois dehors creusent une tranchée pour marcher sur le trottoir. Les autoroutes sont fermées à la circulation (les aéroports depuis hier soir), ça ne sert à rien de saler puisque les flocons s'entassent de nouveau. Tous les musées ont tiré le rideau.

Alors on attend : que la neige cesse pour aller faire de la luge, éventuellement des courses. Jusqu'ici, aucune coupure d'électricité.


Juste un truc : j'aurais bien mis des photos mais mon appareil est mort en pleine action, achevé par un fourbe flocon immaculé. La photo des skieurs devant la Maison blanche est empruntée à Reuters.

Vous avez toujours un joli diaporama proposé par le Washington Post.

Et la liste des "choses que je voudrais faire dès qu'il arrêtera de neiger".
- Construire un igloo avec les enfants (selon la méthode sibérienne).
- Faire naître un joli bonhomme de neige (voire la famille, avec la matière première dont on dispose).
- Boire un chocolat bien chaud en rentrant.

(Maintenant, à vous de jouer)


Mise à jour : le grand, amateur de statistiques, a relevé, heure par heure, le niveau de neige tombée.

Ce matin, à 10h20 : 21 cm
12h45 : 33 cm
15h10 : 42 cm
17h15 : 47 cm
18h30 : 51 cm
20h : 53 cm

Il a arrêté de neiger samedi soir à 22h et ce dimanche, sous un grand soleil, le niveau de la neige descend.

jeudi 17 décembre 2009

Télévangéliste


Pat Robertson, qui vient de mourir, était un des plus célèbres télévangélistes américains. Premier à avoir utilisé les médias de masse, ce pasteur "a sorti la religion baptiste du fond des bois", reconnaissent ses confrères.

Son émission "700 club" a été diffusé pendant des dizaines d'années à la radio et la télé au sein de millions de foyers américains.

Très conservateur, il faisait feu de tout bois sur les homosexuels, Hugo Chavez, les communistes et les musulmans et les modérés de tous bords (entre autres). Un de ses objectifs était d'influencer sur la politique américaine.

Il avait aussi une manière bien à lui de demander de l'argent quand son mouvement battait de l'aile, dans les années 70. "Si vous ne me donnez pas 8 millions de dollars, dieu me rappellera à lui". Le chantage affectif a marché deux fois. Puis il a changé de technique.


Sans rapport, un sondage indique qu'un tiers des adolescents américains de 12 à 17 ans et qui possèdent un téléphone portable pratiquent le "sexting". A savoir envoyer en photo une (ou plusieurs) parties de son corps dénudé. Selon plusieurs adolescentes interrogées, sans cela, pas de petit copain.


Et la liste des "joies de la fin d'année"
- Les divers classements de l'année (tous plus zigotos les uns que les autres, je vous dirai...)
- L'ouverture des cadeaux par les enfants
- Le visionnage des films achetés pour l'occasion (cette année "Sauvez Willy" et des Tom & Jerry)

(Maintenant, à vous de jouer)

lundi 14 décembre 2009

Codes de conduite


Je suis fasciné par l'avalanche d'articles qui continuent d'être consacrés à l'affaire Salahi par la presse américaine. Ce couple qui s'est glissé en douce au dîner d'Etat des Obama n'est pourtant pas le premier resquilleur.

Le New York Times indique qu'il y a eu pas moins de 81 personnes qui se sont introduites sans carton d'invitation dans des réceptions présidentielles.

Mais le quotidien de la grosse pomme souligne que le couple a surtout choqué l'establishment en rompant avec les codes de conduite en vigueur à Washington.

Amis de tous les pays, sachez que Washington, c'est le pouvoir et que le pouvoir se conjugue à un impératif ; la discrétion. Pensez donc à ces habiles lobbyistes, après des années et des centaines de soirées pour parvenir à cette invitation, bâton de maréchal de toute personne influente de la capitale américaine qui se sont retrouvés au même endroit que ces arrivistes.

Le sceau de l'infamie les a éclaboussés. Comme si les Salahi avaient sali cette soirée par leur seule présence... Enfin, pas que leur seule présence. Sur la dizaine de photos placées sur leur compte Facebook (quelle vulgarité), on les voit serrer de près le vice-président himself (comme sur l'île de la tentation).

A Washington, les photos mises sur un mur (le "wall power") sont un excellent signe de la connection qu'entretient la personne qui vous accueille avec ceux qui comptent. Moins il y en a, plus on est puissant car on expose peu ses succès.

Ces briseurs d'étiquette se sont trompé de ville. Hollywood leur eut davantage convenu, où un destin peut se jouer sur une photo en compagnie d'une star, une attitude, un look, une couleur de cheveux.

Dans la très conservatrice Washington (dont un tiers des habitants actifs sont au service du gouvernement ou des lobbies), c'est l'habitude et le temps et non l'habit qui font le moine.


Et la liste des "habits qui font le moine" (sur proposition d'Homéo)
- L'épée de Dartagnan
- Le bonnet rouge du commandant Cousteau
- La capeline noire de l'Abbé Pierre

(Maintenant, à vous de jouer)

jeudi 10 décembre 2009

La guerre des "buttons"


Mais laissez-le tranquille, aurait-on envie de crier.

Voici quelques jours que les avocats de la ville de Washington DC ont envoyé
du papier bleu à Frank Enten. Le crime de ce vendeur âgé de 78 ans ? Il vend ses "buttons" -comment dire, ses boutons, ses badges ? pas ses pin's quand même- un peu partout dans la capitale.

Tous les jours depuis une dizaine d'années, les autochtones le voient trimbaler dans sa voiture de grands panneaux recouverts d'une partie de ses 20 000 buttons, qui ne traitent que de sujets politiques. Les élections, bien sûr et aussi les traités, des buttons pacifiques.

Le problème, ce n'est pas l'argent. Frank gagne 20 dollars quotidiennement, jusqu'à 80 dollars les grands jours. Il n'a pas besoin de cela pour vivre. Non, c'est juste que la loi assimile son commerce à celui des hot-dogs. Il doit donc rester au même endroit.

Alors Frank a engagé un avocat et ils contre-attaquent, estimant que ce travail constitue une forme de "liberté d'expression" au même titre que la vente de journaux et de livres qui se fait où désire le vendeur.

Tout ça pour continuer son petit commerce qui lui rapporte bien moins d'argent que des rencontres. "Mieux vaut faire ça que de rester planté toute la journée devant la télévision", dit-il au reporter du Washington Post.


Tiens, un chanteur à la stature et la démarche totalement classes.


Et la liste des " ventes dans la rue inexistantes à Washington"
- Du muguet (je ne sais même pas si le PC américain existe encore).
- Les sacs contrefaits (ils pullulent à New York)

(Maintenant, à vous de jouer)