dimanche 13 mars 2011

Doigts de fée


Figurez-vous que la semaine dernière, j'ai acheté des gâteaux aux enfants. Jusque là, rien de bien fantaisiste.

Je remarquais juste que la friandise était importée d'Italie et ressemblait furieusement aux boudoirs de par chez nous, utilisés pour les charlottes ou les Tiramisu.

En retournant aujourd'hui dans le rayon, je me penche sur leur nom et manque de tomber en pâmoison. "Ladyfingers" que ça s'appelle.

Amis lecteurs non anglophones, j'aimerais vous aider et traduire ce nom par.... Comment cela, déjà ? Oserais-je ? Mais oui... Allons donc... "doigt de femme" ? Je ne vois pas d'autre possibilité. Ou alors, on ne traduit pas. Ce qui serait mieux, finalement. On peut aussi les appeler "biscuits à la cuillère".

Cependant, je passais toute l'après-midi rêvassant. Quel dimanche béni des dieux et placé sous le signe de la sensualité la plus débridée. Pensez donc. Je pensais acquérir de légers gâteaux destinés à finir dans une lunch quotidienne, à m'économiser des casse-têtes sans fin (qu'est-ce que je leur donne encore, aujourd'hui ?) et je me retrouve transporté dans un autre monde.

Entre les "ladyfingers" et les "boudoirs", me voilà de nouveau dans mon cher 18ème siècle libertin, de retour à Venise et ses masquarades, en voisin virtuel de Casanova.

Il me suffisait d'apprendre que le nom original de cette friandise était "savoiardo" (originaire de Savoie) pour avoir le sentiment que, décidément, les choses culinaires étaient belles et bonnes.



Et la liste des "divines friandises".
- Les car-en-sac
- Les roues de réglisse

(Maintenant, à vous de jouer)

samedi 12 mars 2011

On ne badine avec le règlement


Un jeune basketteur vient d'être exclu de son collège (l'équivalent de l'université française) parce qu'il n'avait pas respecté le code de l'honneur que tout étudiant signe avant d'entrer dans cette école.


Ce collège, situé dans l'Utah, est affilié à l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours... Autrement dit les Mormons (photo du temple de Salt Lake city).

Et le règlement est clair.
Il demande aux élèves de "vivre une vie chaste et vertueuse". Ils doivent également être honnêtes, ne pas boire d'alcool, de thé ou de café, ne pas fumer et ne pas prendre de drogues. Ah oui, ils doivent aussi aller régulièrement à l'église.

Libre à chaque étudiant de le signer. Ou pas.

Or, le basketteur, un des grands espoirs de l'école, avait confié à des connaissances qu'il couchait avec sa copine. La confidence est arrivée sur le bureau du principal qui a donc mené son enquête et suspendu le joueur.


Dans le même ordre d'idée, en Virginie, une adolescente de 13 ans avait apporté des médicaments contre l'acné dans son casier à l'école au cas où elle aurait une crise. Elle les y a laissé plusieurs mois.

L'information est arrivée aux oreilles du principal qui a suspendu la jeune fille, sans davantage de procès, pendant sept semaines. Motif : l'antibiotique contenait une substance considérée comme une drogue par le règlement.

L'affaire ne s'est pas arrêtée là et les rumeurs sont allées bon train. "Droguée", "enceinte"... a-t-elle pu lire entre autres gentillesse sur son compte Facebook.

De guerre lasse, les parents ont décidé de changer d'école leur fille, désormais légèrement déprimée.


... Quand je pense que je n'ai pas tondu ma pelouse pendant trois semaines, j'en tremble encore.


Et la liste des "phrases marquantes"
- Interdit d'interdire (la jeunesse de 1968).
- Responsable mais pas coupable (Georgina Dufoy dans les années 80).
- Sublime. Forcément sublime (Marguerite Duras à propos de Christine Villemin dans les années 80).

(Maintenant, à vous de jouer)

vendredi 11 mars 2011

Les Pogues (et vogue la galère)


Une semaine avant la Saint-Patrick, les Pogues étaient, mercredi soir, à Washington pour leur tour de chant annuel. Nul doute que le concert, complet depuis longtemps, avait attiré une bonne cohorte d'Irlandais habitant la capitale.

Je dois vous avouer que j'avais laissé Shane McGowan dans le livre des souvenirs des années 90, vaguement entendu dans les chambres universitaires des voisins.

Le groupe folk-rock irlandais côtoyait à l'époque les morceaux des Sheriff, des Garçons Bouchers, de la Mano Negra, des Négresses Vertes, de Ludwig Van 88, des Wampas ou encore des VRP...


Que ce soit bien clair. Ma connaissance de ces groupes se limitait à la simple énumération de leur nom (pour ne pas paraître trop benêt en société). Je passais plutôt mes nuits en compagnie de Jacques Chardonne, René Fallet, John Irving, Pierre Nora, un autre Pierre (Bourdieu) voire de lestes pages de Crébillon (fils) ou du divin Marquis. Il y eut sans doute quelques jeunes femmes. Je ne me souviens plus très bien.

Quoiqu'il en soit, la légende du génial compositeur irlandais, bouffi par l'alcool et bouffé par les nuits de tournées -musicale et générale- m'était parvenue aux oreilles. Il avait été viré du groupe, lassé de ses excès, puis il était revenu car sans lui, les Pogues avaient perdu de la poigne.

Grâce soit rendu au critique musical anglais Nick Kent pour avoir trouvé la formule définitive sur le bonhomme. "Il fait preuve d'un attachement très romantique à son héritage celtique, mais ses manières, son attitude, sont celles du zonard punk londonien typique. Disons qu'il y a chez lui un délicat mélange d'aristocrate et de crétin, de dandy et de dadais. Il n'a pas son pareil pour faire rimer académique avec bordélique."


Mercredi soir donc, j'accompagnais le bon ami (qui les avait vus au Printemps de Bourges voici une quinzaine d'années) et un ami catalan, passionné et bon connaisseur de musique.

Ce que j'ai aperçu pendant une heure et demi, c'est un homme voûté, vieilli (dans le fût de bière), édenté, le visage de travers et gonflé, limite pompidolien (peut-être des injections de cortisone) obligé d'aller se reposer en coulisses une chanson sur deux et revenant à chaque fois clope au bec. J'ai vu sept musiciens chercher, à chaque morceau, à quelle vitesse (quelle lenteur) allait chanter leur leader et s'adapter. Le couver en quelque sorte.

J'ai aussi entendu la voix rauque d'un homme qui chantait, devenue marmonnement incompréhensible quand il essayait de s'adresser à la salle.

C'était un bon concert.




Et la liste des "Irlandais"
- Keats
- Yeats

(Maintenant, à vous de jouer)

jeudi 10 mars 2011

Gays, gays, marions-nous


Cela fait un an tout juste que les couples homosexuels peuvent se marier à Washington DC.

En dehors de la capitale, cinq autres Etats américains ont légalisé le mariage gay : le Massachusetts fut le premier (en 2004) suivi par le Connecticut (2008), le Vermont (2009), l'Iowa (2010) et le New Hampshire (2010).

On remarquera que cinq Etats sont placés sur le côté droit de la carte américaine, jugé plutôt libéral. L'Iowa est, lui, dans le Midwest.

Quoique... En 2009, dans le Maine, un réferendum a annulé la loi qui devait autoriser les unions du même sexe.

A propos de libéral, la Californie est le théâtre d'un affrontement pro et anti mariage homo. Il avait été autorisé par la Cour Suprême de Californie en mars 2008 et a ensuite été annulé par la fameuse "proposition 8" en septembre de la même année à la suite d'un referendum d'initiative populaire. Les pro-mariage gay ayant fait appel, la bataille juridique est loin d'être terminée.

Ce petit rappel pour vous dire que le mariage homosexuel fait fureur à DC. Le Washington Post d'hier rapporte qu'en un an, le nombre d'unions célébrées a doublé, passant de 3000 mariages à 6000.


Autant que ce chiffre, c'est la manière de présenter l'information qui m'a étonné. On est à la Une des pages locales. En dessous d'une belle et grande photo de deux femmes noires s'enlaçant sur un banc, sont disposés deux articles. Ils ont exactement la même taille.

Le premier raconte l'impact que la légalisation du mariage a eu pour les couples homosexuels. D'où il ressort que le plus important est le regard des autres. "On nous prend vraiment au sérieux quand je dis que c'est ma femme", dit une des deux mariées. "C'est un des signes d'une égalité en marche."

Le second article, placé à côté du précédent et de la même taille que celui-ci, détaille pourquoi les communautés noires sont majoritairement opposées au mariage homosexuel pour des raisons religieuses.

Il me semble y avoir, dans cette manière de ménager la chèvre et le chou, un parfait résumé du paradoxe de la sociologie de Washington DC.

D'un côté, les homosexuels, communauté peu nombreuse mais doublement influente par les lobbies (on est à côté du Capitole) et sa richesse... Il doit s'agir aussi d'une ligne éditoriale précise du Post depuis qu'un des hebdomadaires homos les plus influents du pays, basé à DC, a disparu voici un an.

De l'autre côté, la communauté noire qui pèse lourd : 57% de la population de la capitale en 2005, contre 13% pour les USA. Ils sont pauvres. Mais le Post a aussi des lecteurs dans le "Prince George County", voisin de DC, qui est le comté noir le plus riche des Etats-Unis. Nombre d'entretiens pour l'article ont d'ailleurs été réalisés dans ce comté.


Et la liste des "gays célèbres"
- Enola Gay
- Marvin Gaye

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 9 mars 2011

Pour une poignée de dollars


... Enfin, une poignée, c'est peu dire. Un porte-parole du gouvernement a indiqué que l'Etat américain économiserait quelque 5,5 milliards de dollars sur dix ans s'il remplaçait tous les billets de 1 dollar par leur équivalent en pièces.

Car, oui, les pièces de 1 dollar existent depuis 1792. Mais aujourd'hui, les 300 millions de pièces en circulation sont peu utilisées dans les commerces. Les gens disent les confondre avec les "quarters" de 25 cents, pourtant d'une couleur argentée.

En vingt ans, il y a bien eu trois tentatives de membres du Congrès pour faire voter une loi demandant le retrait du billet à l'effigie de Washington. Elles ont toutes échoué. Le gouvernement en est aujourd'hui à demander aux Américains d'utiliser les pièces mal aimées. "Elles sont plus solides et durent plus longtemps", peut-on lire sur les affiches apposées sur les murs de la station de métro à côté de chez nous.

En même temps, le billet vert est mythique. Je repense aux westerns de la "dernière séance". Vous les voyez, vous, les cow-boys sortant de leur poche un porte-monnaie avant de flamber aux dés. Non. Rien ne vaudra la bonne vieille liasse de billets froissés.


A ce propos, connaissiez-vous le billet de 2 dollars ? C'est une espèce de rareté de nos jours. J'en ai pourtant récupéré un il y a quelques semaines. Si vous en voulez, le truc est de les commander au guichet de votre banque.


(C'est la tête de Jefferson sur le côté face).


Et la liste des " monnaies exotiques" (pour le plaisir de la prononciation)
- Le ngultrum au Bhoutan.
- Le tenge au Kazakhstan.
- Le doma à Sao Tomé & Principe.

(Maintenant, à vous de jouer)