mercredi 20 octobre 2010

Rendez-vous avec Obama


Désormais, je peux quitter
Washington heureux, voguer léger vers d'autres capitales européennes, aller à la rencontre des anges verts et des frères Bogdanoff, essayer d'être fou, voir Berlin et renaître, revoir Venise et mourir.

Cet après-midi, je suis entré à la Maison Blanche.

Je vous explique. Les visites de la résidence du président sont désormais interdites à tout étrangers depuis certains attentats. Seuls les Américains peuvent, en faisant la demande à leur représentant au Congrès, avoir le privilège d'y faire un tour. Grâce à un ami journaliste, j'ai pu être invité dans le sein des Saints.

Et, privilège supplémentaire, à l'heure pile où le Président s'envolait pour Portland.

Le cérémonial est réglé comme du papier à musique. Roman-photo de cet après-midi.


- D'abord l'attente avec les journalistes et photographes avant de pouvoir entrer dans le couloir menant à la pelouse.


- Tiens, joli tableau dans le couloir, à la dérobée.


- Puis le rose garden, et le bureau ovale, au fond, derrière l'arbre.




(Personne).

- Un simple cordon de sécurité sépare la presse de la pelouse. La présence du "secret service" est discrète.



-Quand même, quelle chance de voir l'Obélisque de ce côté-ci de la grille. C'est mieux que Disneyland et Times Square réunis.

- Le premier étage de la Rotonde où Obama reçoit ses plus proches amis. (Il y a trinqué un verre avec eux le soir où sa réforme de santé a été adoptée).


- De l'autre côté, les visiteurs d'un jour, munis eux aussi d'appareils photos, attendent l'hélicoptère présidentiel.


- Marine 1 approche, toutes pales dehors. L'ami me prévient de me tourner car le vent souffle dru quand l'appareil approche du sol. Rien à faire, je m'accroche à l'appareil pour engranger les photos (on ne sait jamais, s'il n'y en a qu'une seule de potable).







- Pied de grue pendant dix minutes, le président se fait attendre, les photographes des agences de presse mitraillent pour chercher le gros plan à l'intérieur du bureau ovale, l'image décalée qui intéressera les journaux.

Je découvre le playground installé pour les deux filles du président. Avant elles, le dernier enfant à avoir batifolé dans les jardins de la Maison blanche était la fille de Jimmy Carter, voici trente ans.


Il y a aussi un terrain de basket, une piscine construite sous Gérald Ford et un mini-green de golf pour pratiquer le putting.

- Inutile de présenter l'impétrant (notons juste que le harnais a bien blanchi depuis un an).





- Après avoir salué la foule, il s'engouffre directement dans l'hélicoptère suivi par des officiels, dont son secrétaire personnel, le responsable de la presse et le jeune rédacteur de ses discours...



- Ces lourdes valises contiennent les codes nucléaires, au cas où... Le dernier à monter dans l'hélicoptère est le garde du corps personnel du Président.



- Et l'hélicoptère décolle, direction l'aéroport militaire d'Andrews, au sud-est de Washington. Un hélicoptère leurre absolument identique rejoint Marine 1 dans le ciel. Au cas où...




- Voilà, c'est terminé. Et la vie reprend son cours. On apporte les plats de la réception que donne Michelle Obama ce soir.


- Reste aux journalistes et photographes à retourner au boulot. Ils sont logés dans une partie de l'aile ouest de la Maison blanche. Enfin... Logés... Un bien grand mot car l'espace est des plus réduits. Un cubicle à l'Américaine.... et peu de place pour ranger ses boîtiers... On se croirait dans un avion, jusqu'aux tiroirs situés à hauteur de la tête. L'ambiance est décontractée, travailleuse...



- La salle de presse compte une grosse quarantaine de places, toutes nominatives... Lors des briefings du responsable presse, il n'est pas rare de voir des journalistes appointés à titre exceptionnel solidement coincés debouts, contre les murs...



- Et voilà, c'est maintenant tout à fait terminé. En une heure, l'évènement était presque aussi beau que les baleines rencontrées à Cape Cod ou les grizzlies de Yellowstone.

Une dernière photo de la Maison blanche prise de l'intérieur du périmètre, côté entrée... Un dernier regard avant de franchir les grilles et de regagner le métro. Il est grand temps d'aller chercher les enfants.



Et la liste des " belles demeures vues de l'intérieur"
- Chenonceau (cette lumière au-dessus de l'eau)
- La maison de Mark Twain (rouge dehors, inspirante dedans)

(Et maintenant, à vous de jouer)

mardi 19 octobre 2010

L'homme qui n'aimait pas être président


Je viens de lire un long reportage dans le Washington Post sur Jimmy Carter. Il est toujours passionnant de voir ce que font les hommes politiques qui se sont retirés du pouvoir... Enfin... Qui n'ont été élu qu'une seule fois... Et ont le grand malheur de survivre à cette défaite.

Vous pensez à Giscard D'Estaing ? Carter, qui a gouverné au même moment que le Français, est atteint de symptômes identiques. Sauf que, contrairement à VGE, il n'est pas entré à l'Académie française.

La vieillesse des présidents rejetés n'est qu'amertume, incompréhension envers le peuple (et la presse) sur le style : "j'ai raison, les autres ne sont que des cons, (il répète plusieurs fois l'expression "acting like asses"). Personne ne m'aime et ne le mérite. Na !!, pourrait-on l'entendre conclure, à 86 ans bien tassés.

Dans son dernier livre (son 26ème !!) où il publie les notes de son journal de bord durant sa présidence, il éparpille ses contemporains façon puzzle, hommes politiques en tête. Menachem Begin ? Un connard fini. Note écrite en mars 1979 : "je n'ai jamais été agréablement surpris par les Israéliens". Avant de se raviser dans le livre présent en écrivant qu'il avait "des regrets profonds de s'être aliéné beaucoup de juifs américains".

Ted Kennedy n'est pas épargné. Le sénateur qui s'est présenté contre Carter à la primaire de 1980, est accusé d'être un traitre de la cause démocrate. "Il n'avait qu'un but : faire perdre son camp lors des présidentielles."

On croit lire les mots doux de VGE envers le jeune loup Chirac. Enfin, envers presque tous ses contemporains.

En fait, Carter ne s'est jamais remis d'être un des présidents les moins aimés de l'histoire américaine. Accusé de faiblesse dans l'affaire des otages américains en Iran pendant la campagne présidentielle et d'un goût du détail très peu présidentiel, le Georgien, le gars du Sud, a bien conscience d'avoir été considéré de haut à Washington.

Désormais, il prêche le dimanche matin, dans une petite paroisse. Son prochain livre est constitué de ses sermons. Et le suivant sera une Bible qu'il entrecoupe de 225 commentaires.

En homme qui souhaiterait être apaisé, il reconnaît bien volontiers, comme l'avait prédit un de ses conseillers, qu'il "est beaucoup plus heureux d'être un ex-président que d'avoir été président".


Et la liste des "problèmes des présidents".
-L'impopularité (ah, le désir d'être aimé...)
-La victoire (ah, le plaisir de la campagne permanente...)

(Maintenant, à vous de jouer)

jeudi 14 octobre 2010

Big Father


Depuis trois semaines, je suis bien embêté. Je vous le cachais à coups de billets plus hilarants les uns que les autres mais, à la vérité, des sueurs froides me tiennent éveillé, la nuit, lorsque les longs doigts glacés du remords viennent caresser des mollets à peine rassasiés par le jogging tri-hebdomadaire que je leur inflige.

En deux mots comme en l'un, voici le problème ; je connais 63% de la vie du grand garçon à l'école. Alors que mes parents n'en percevaient que 60%. Et pourtant, ces 3% font toute la différence. La faute à la technologie.

Le collège a mis à la disposition des élèves et des parents un site web qui nous permet d'avoir, en temps quasi-réel les notes et les devoirs de nos chérubins.

Le principe du système surnommé "Pronote" : chaque prof, pendant son cours, note les devoirs à faire sur son ordinateur. Chaque soir, on sait donc quels sont les devoirs pour le lendemain, le jour d'après et la date des contrôles. Ce qui permet de comparer avec le cahier de texte du grand auquel il arrive, comme son paternel, d'être tête en l'air. Comme le démarrage de la 6ème est assez compliqué, le système me paraît utile.

Là où je suis moins à l'aise, c'est que "Pronote" nous permet aussi de connaître les notes à partir du moment où le professeur les saisit sur le site. Il m'est ainsi arrivé de savoir dès le week-ed que le grand avait obtenu un 12 alors qu'il ne recevrait sa note en classe que le mardi.

Explication fut alors exigée sur l'heure, vous connaissez mon côté débonnaire. Mauvaise pioche, évidemment, puisque nous n'avions point le corps du délit en main. Réaction contre-productive pour lui et pour moi.

En y réfléchissant un chouïa, j'ai décidé d'adopter une attitude à deux vitesses. Si j'apprends une mauvaise note avant qu'il l'ait reçue, je n'en parle pas et j'attends de voir la copie pour les explications. En cas de bonne note, nous le félicitons.

Que dîtes-vous ? Quoi ? Une troisième solution ? Ne pas consulter du tout le carnet de notes virtuel ? Hum, hum... Cela me paraît difficile, maintenant que je sais que le système existe. Et que, par ailleurs, le grand est proprement taiseux sur ses résultats et devoirs.

Au fait, un tel système existe-t-il par chez vous ?


Et la liste des "chiffres noirs de la scolarité"
- Une trentaine de colles de quatre heures durant le collège.
- Un 0 en seconde pour une leçon d'histoire pas apprise.

(Maintenant, à vous de jouer)

lundi 11 octobre 2010

Mort du cinéma en 3D


La semaine dernière, nous sommes allés voir "Alpha & Omega", un dessin animé pour enfants en 3D. La triste norme désormais, la banalité sans intérêt. Car maintenant que nous sommes allés en voir une poignée (de films en 3D), nous pouvons les enfants, madame et moi, en tirer une conclusion honnête.

La 3D n'a aucun intérêt. Elle n'apporte rien. Elle va sombrer dans les oubliettes de l'histoire cinématographique.

A peine sortis du film, les enfants ont baillé, critiqué la lenteur du film, la pauvreté des personnages... La 3D ? Pas un mot dessus. Sur les trois meilleurs dessins animés vus en salle depuis deux ans -"La princesse et la grenouille", Toys story 3" et "Dragons"-, les deux derniers sont en 3D. Aucun commentaire sur la technologie à la sortie de la salle pour Toys Story. Et les passages en 3D où l'on vole à dos de dragon ont moins retenu leur attention que l'originalité de l'histoire.

Alors de deux choses l'une ; soit elle ne sert à rien et il vaudrait mieux la supprimer (car, en plus, elle me file une migraine carabinée et j'ai l'air fin avec deux paires de lunettes). Soit elle est utile et on la conserve... Mais utile à quoi, au fait ? Vous allez me dire, on vit mieux le vol des oiseaux, on a l'impression d'être dans le film... Mouais, je ne suis pas vraiment convaincu...

Je vois surtout que chaque film en 3D augmente le prix du billet d'au moins 3 dollars (3 d !!!!). De ce fait, les marges des studios se maintiennent malgré un nombre de spectateurs en baisse constante ces dernières années.

Parce que pour l'intérêt d'un film, rien ne vaut (et ne vaudra) l'histoire, les personnages et la réalisation. Et si pour un "Avatar", phénomène de société avant même sa sortie (et dont certaines images étaient superbes), il fallait aussi conserver toute la ribambelle de dessins animés médiocres affichant le triste label, eh bien, je suis prêt à jeter le bébé avec l'eau du bain dans la poubelle de l'histoire cinématographique.


Et la liste des "choses à sauver en 3D"
- Les sculptures (oui, les corps, oui...)
- Les arbres (tous, finalement...)

(Maintenant, à vous de jouer)

We will survive


Avouez-le, vous avez déjà pensé à la fin du monde, non ? Je ne parle pas d'un conflit nucléaire, sujet dépassé depuis des années, et qui devrait nous projeter dans un monde proche de celui décrit dans "La route" de Mc Carthy mais plutôt de phénomènes plus doux...

Comme le réveil d'un volcan... Ou bien une attaque informatique de grande ampleur... Sans parler d'une guerre spatiale qui couperait toutes les communications sur terre.

Que feriez-vous à ce moment-là ? Avez-vous prévu un plan A, voire un plan B ? Si oui, vous êtes un survivaliste et j'en suis fort heureux pour vous. Les Américains ont développé les premières communautés de ces personnes visant la plus grande autonomie possible et des sites web très populaires donnent des conseils pour parer à toute urgence.

Vous n'êtes pas prêts ? Alors Catherine Hooper est là.

Cette jeune new-yorkaise a créé la société "black umbrella" (parapluie noir) pour anticiper le jour d'après. Ses prestations sont variées.

Pour 750 dollars, la formule de base comprend une réunion de tous les membres de votre famille (nucléaire, j'oserais dire) avec un spécialiste pour mettre au point des processus de communications et un plan de réunification en cas de crise. Chacun repart avec une carte en aluminium sur laquelle est gravée 22 contacts et l'ordre dans lequel ils doivent être joints.

Vous trouvez ça léger ? Si vous déboursez 1450 dollars, elle scanne tous les documents critiques comme les passeports et les certificats de naissance, les stocke sur une clé USB cryptée. Elle met également des copies dans un endroit sûr, hors de la maison.

Un peu partout aux Etats-Unis, des sociétés proposent sur Internet des kits de survie avec alumettes résistant à l'eau, lunettes de sécurité, une centaine de gants en latex... Dans un pays où l'individu se méfie de l'Etat et compte sur sa communauté (et sur lui-même) pour sa (sur) vie, l'entreprise de la jeune femme a toutes les chances de réussir.

Mais développer ce créneau en France ? Hum hum... Je doute un peu plus que ce soit une niche porteuse.


Et la liste "des outils indispensable à ma survie"
- Internet.
- La partie sport du Washington Post, le matin.
- Le café.

(Maintenant, à vous de jouer)