jeudi 3 décembre 2009

Un père et pleure


Je me demandais, j'en parle ou pas ? Comprenez moi, je suis pudique et le torrent d'émotions charrié par la télvision américaine ne m'arrache souvent qu'un grognement.

Sauf que là... Il est un sujet sur lequel je ne suis jamais intervenu durant ces deux ans de blog intra-USA, c'est l'armée, la guerre et toute cette sorte de choses.

Or, avant-hier, Obama 1er (juste pour dire que la campagne de réelection commence en 2010) a annoncé qu'il allait envoyer 30 000 nouveaux soldats en Afghanistan. Et qui dit soldat dit... famille, femmes et enfants qui restent au pays et retour de l'être aimé en permission, à la moitié de son engagement.

Alors que les retrouvailles d'Ulysse et Télémaque se sont certainement passées dans l'intimité la plus stricte et que Rockwell peignait le retour du GI dans sa maison (accueilli par sa maman), Internet a sonné l'heure des retours en fanfare.

L'idée, depuis quelques mois, est de surprendre son enfant : à l'école, pendant un match de football américain ou bien dans un centre commercial, les militaires sont accueillis comme des messies sous l'oeil averti des caméras et des objectifs de tous poils. La télé américaine adore ça. Séquence émotion assurée.

(Excusez-moi, je vais renifler).

Mais ces embrassades sont parfois très éprouvantes pour les nerfs des enfants.

La réaction d'Hannah Myers, qui retrouvait son père parti en Irak sept mois plus tôt, est bouleversante. Angoisse, extase, paralysie, les sentiments les plus extrêmes sont concentrés en quelques secondes.


(Photos du New York Times).

Alors, obscènes ces retrouvailles ?
Voyeurisme sentimental ?

Les uns (généralement les psychologues) disent que l'enfant peut être traumatisé, que cela l'oblige à vivre avec l'angoisse du départ, du deuil éventuel. Les autres (les parents) rétorquent qu'il s'agit d'un moment exceptionnel, que l'enfant s'en souviendra toute sa vie...


Sans aucun rapport, une chanson triste comme un mirabellier lorrain sans fruits dans le vent de septembre.


Et la liste des "soldats en tenue de combat"
- Soldat Louis (du rhum, des femmes, de la bière...)
- Le soldat de plomb (ça, pour plomber l'ambiance, il s'y entend)
- La première séquence du "Soldat Ryan" (qu'il faut sauver, et ils y parviendront)

(Maintenant, à vous de jouer)

mercredi 2 décembre 2009

Les cerveaux de la décennie


Le Daily beast, une sorte de quotidien Internet à la mode d'aujourd'hui (mettez-y du journalisme, des blogueurs, du people, des experts et des tonnes de commentaires) a réalisé un petit sondage auprès d'une quarantaine d'intellectuels américains.

Il leur a demandé de classer les 25 personnes les plus intelligentes de la décennie. A savoir celles qui par la brillance de leur analyse et leur action ont changé une facette du monde.

Alors, vous mettriez qui, vous ?
Ben, je dirais comme ça, au débotté... Obama, Angela Merkel, les deux gars de Google (photo du haut), le prix Nobel du micro-crédit et puis quelques artistes... Un écrivain comme Russell Banks ou un architecte comme Daniel Libeskind. Bon, le problème des artistes, c'est qu'ils ne sont pas connus et que les plus célèbres ne font pas bouger la tectonique des plaques géopolitiques.

Je vous laisse aller voir le classement, on en reparle après.

Stupéfiant, non ? Disons qu'avec mon esprit d'ours mal léché réintroduit dans les Pyrénées (bref, d'Européen pur et dur), je trouve qu'il y a beaucoup d'Américains dans le lot. Très exactement 22 sur 25.

Prédominance d'Internet, pas mal de politiques (ce sont eux qui agissent, en effet), une femme d'affaires journaliste... Ah oui, au fait, quelques femmes. Une poignée. Et puis le conseiller de Bush. Et puis l'intellectuel inspirateur de l'islamisme radical.

Le pire, c'est que dans la centaine de commentaires présentant chacun à qui mieux mieux son propre top 5, il n'y en a eu qu'un seul pour déplorer l'américano-centrisme de la chose.

Consternant ? En même temps, essayez de trouver les esprits les plus marquants des dix dernières années. Honnêtement, 25, je n'y arrive pas. Est-ce à dire que nous sommes trop proches de l'événement pour le voir ?

En tout cas, beaucoup plus simple à établir, la liste des "grands personnages des 8 millions de dernières années".
- Lucy et Toumaï (à tout ancêtre, tout honneur)
- César (celui dont on a fait une salade)
- Einstein (suivi de près par les Curie)
- Cyrano de Bergerac (bien servi par Depardieu et Weber)

(Maintenant, à vous de jouer)

mardi 1 décembre 2009

Encore un peu de dieu ? Non, merci


Dans le pays où 15% des gens croient dans les ovni et où la Bible vaut bien la théorie de l'évolution, il y a toujours des intéressants qui nient l'existence de dieu. Ces tristes sires avaient jusqu'ici la bonne idée de rester discrets.

Mais un groupe laïc résiste activement à la fièvre spirituelle de Noël. L'American humanist association lance, pour la cinquième année consécutive, sa campagne d'affichage.

Leur objectif ? Dire qu'on peut vivre sans dieu (sans maître, ça, je ne sais pas). Blasphème pour les croyants, d'autant que la campagne est lancée le jour de l'avent (c'est aujourd'hui que les enfants dévorent leur premier chocolat).

Et comme leur budget est riquiqui (40 000 dollars), les slogans des impies n'y vont pas avec le dos du goupillon. Cette année, ce sera : "Pas de dieu ? Ce n'est pas un problème" sur 220 affiches placardées sur les rames de Métro et à l'arrière des bus de Washington DC.

Apparemment si, c'est un problème. Car dès le lancement de la première campagne, ce groupe s'est vu promettre les flammes de l'enfer par les croyants de tous bords. La palme de la crucifixion en règle va à la "Catholic league". Ce mouvement, plutôt offensif (il est vrai que la religion catholique n'est pas majoritaire ici, loin s'en faut) a comparé le groupe laïc à Hitler et Jeffrey Dahmer (tueur en série).

Même la maison de disque qui édite le popularissimo-kitchissime "Santa Claus is coming to town" s'est émue de ces affiches. Morbleu, si le petit commerce souffre...


Pour mieux ressentir l'esprit de Noël, voici une interprétation choisie au hasard (Balthazar...), celle de Mariah Carey. Après une orgie d'images de Noël et du bonhomme barbu attendue sur la majorité du clip, d'étranges photos subliminales de la chanteuse sont à prévoir en fin de morceau.


Et la liste des "dieux sympathiques"
- Le Caprice des dieux (le passage idéal du lait au kiri).
- "Les dieux sont tombés sur la tête" (la découverte de la géopolitique nord-sud).
- Les dieux grecs (comment ne pas pardonner à ceux qui nous ressemblent tellement).

(Maintenant, à vous de jouer)

lundi 30 novembre 2009

Salahi, oh oui


Et une médaille d'or des
"gate-crashers" pour le couple Salahi. Ni plus ni moins. Parvenir à s'introduire à un dîner d'Etat de 400 invités sans un carton d'invitation, voilà qui force le respect.



Les Salahi (Tareq et Michaele) ont dû également battre un record du monde de rapidité. Dès le lendemain, ils avaient leur article dans Wikipedia, où l'on apprend que monsieur est président d'un comité pour le polo, qu'il possède une cave à vin et que madame, ancien mannequin, organise des milliers d'oeuvres caritatives.


Le seul hic, comme le révèlent les articles qui paraissent jour après jour dans la presse américaine, est que la moitié de leurs déclarations sont fausses. Quand on veut fréquenter le vaste monde, mazette, il faut bien se pousser du col.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que Michaele a passé le casting pour participer à l'émission de télé-réalité "real housewives of DC", la cinquième déclinaison après Los Angeles, le New-Jersey, New-York et Atlanta.

Cette émission, qui sera diffusée l'année prochaine sur la chaîne câblée Bravo, est sensée présenter des femmes impliquées dans les oeuvres sociales, culturelles et philantropiques de leur ville. Pour ce qui est des relations publiques, Michaele vient de frapper un grand coup. Bravo peut lui dire merci.


Et la liste des "arnaqueurs de génie (ou pas)"
- L'Allemand qui avait réussi à vendre la Tour Eiffel
- Le Français qui avait réussi à vendre des faux Toulouse-Lautrec
- L'américain qui avait réussi à vendre la guerre en Irak

(Maintenant, à vous de jouer)

vendredi 27 novembre 2009

Toques en stock


Je ne m'y connais pas
en chefs (les Américains raffolent de l'émission "top chief" et des livres de cuisine) mais le cuistot qui a préparé mardi soir le premier repas d'Etat de l'ère Obama a un cv aussi incroyable que celui de son célèbre client d'un soir.

D'origine éthiopienne, Marcus Samuelsson est adopté tout jeune avec sa soeur par une famille suédoise. Très vite attiré par les fourneaux, il va se former en Suisse et en Autriche avant de partir aux Etats-Unis. Ce n'est rien de dire qu'il a plusieurs toques à son arc. Il a ouvert un restaurant à New-york, le très réputé Aquavit, et un autre à Chicago. Il est aussi spécialisé dans la cuisine fusion américano-japonaise.

Pour le repas servi aux 400 invités de la Maison blanche, il a concocté un menu végétarien qui comprenait, entre autres, une soupe de lentilles rouges, des okras et pois chiches, une salade d'aubergines, des boulettes de pommes de terre roties avec un chutney de tomate ou encore des salsifis caramélisés.

Tous les vins étaient d'origine américaine.

La seule faute de goût de la soirée est décernée à l'article du Washington Post qui, perdu dans les mélanges culinaires du chef, l'a intronisé "spécialiste de la cuisine suisse". Le journaliste avait comme un trou de mémoire.

Sinon, j'ai eu un coup de coeur pour ces photos prises lors d'un festival de barbecue.



Et la liste des "plats-non-vraiment-merci-mais-je-ne-peux-pas-en-manger"
- La Macédoine de légumes (dans sa petite boîte de conserve)
- Les salsifis (à la maison, ils n'étaient jamais caramélisés)
- Les endives au jambon (oh, sombre héros de l'amère endive)

(Maintenant, à vous de jouer, je me remets gentiment de thanksgiving)