jeudi 13 août 2009

A gauche toute


Eh eh,
je vous vois sourire derrière votre écran, là... Vous vous dîtes que ce bon vieux Yibus a perdu la tête, qu'il se renie voire qu'il cède à la facilité en parlant politique. Ce qu'il s'est toujours refusé de faire. Une résolution qui, vous en conviendrez, lui va plutôt bien au teint.

Non, ce titre, pour provocateur qu'il soit en France, n'est qu'une information brute de décoffrage. Aujourd'hui, nous fêtons les gauchers. Le 13 août 1975, un Américain a eu le bon goût de créer une journée destinée aux "gens à l'envers" (une des dénominations agréables des 500 millions de gauchers dans le monde). En France, c'est le deuxième samedi d'août.

Donc, c'est ma fête (et celle de ma jeune belle-soeur). Enfin, ma fête à moitié. Car je suis un gaucher contrarié, un des derniers (la génération 1969) que l'on obligeait à écrire de la main droite.

Bon, ce n'est pas l'enfer sur terre. Au moins, je n'ai pas besoin de ce type de carnet.


Et le fait que 36 des 45 derniers champions de France de tennis de table soient des gauchers a contribué à bien des discussions familiales en m'ayant permis de mettre rapidement la pâtée à mon père (droitier) sur la table gondolée du garage. Mais certaines tâches sont plus compliquées sans des outils adaptés.

Sans ça...
... J'étais fort marri au moment d'ouvrir les huîtres durant les fêtes (j'ai même laissé ma place à une jeune fille, un soir de Nouvel an).

Et j'ai le plus grand mal à ne pas nourrir mes tee-shirt à l'huile dès qu'il s'agit de faire rendre gorge à une boîte de thon.

Fort heureusement, il existe une boutique qui propose des outils adaptés à 13% de la population. Elle se trouve dans cette bonne ville de Brive-la-Gaillarde.

C'est sur son site Internet que j'ai trouvé le cadeau adéquat pour ce 13 août. Un magnifique ouvre-boîte qui devrait me faire jusqu'à la cinquantaine (c'est écrit).


En attendant d'y aller (peut-être) avec mes petits-enfants, je souhaite à Barack (et John aussi) une joyeuse fête.


La chanson du jour : Jimmy Hendrix (gaucher) déjoue l'hymne américain à Woodstock.



Et la liste des "gauchers bien aimés"
- Lula (le renouveau du be-bop au Brésil)
- Léon Blum (honnête homme et intellectuel dont la question essentielle restait celle du bon exercice du pouvoir)

(Maintenant, à vous de jouer)

mardi 11 août 2009

La Bohème (version US)


Ça devait arriver
: vendredi soir, je suis allé voir mon premier opéra. Sans entonner le refrain sur la transmission du capital culturel chère à Bourdieu, disons simplement que, jusqu'ici, je préférais la lecture et le cinéma à ce genre de choses. Je vais voir fort peu de concerts, très peu musique classique, quasiment pas de jazz... Il faut réserver à l'avance, prévoir...

Alors, quand la puce est allée découvrir au printemps dernier le Barbier de Séville, grâce au père d'une amie, ni une ni deux : "à 30 ans, tu as découvert le roquefort, à 40 ans, ce sera l'opéra".

Pour atténuer le choc, nous avons évité un lieu fermé (il faut s'habiller) et une longueur excessive (Wagner)... Le choix est tombé sur la Bohème de Puccini, 2h, présentée au festival de Wolf trap, en Virginie. Un lieu magnifique, tout de bois et d'herbe.


Nous arrivons deux heures avant le début des festivités et commençons par engouffrer un sandwich sur l'herbe tandis que d'autres ont tout prévu. Nappes à carreaux, poulets, tapas variées... J'observe un jeune couple en pleine discussion... L'endroit idéal pour une "first date".

Mais qu'est-ce que j'entends ? Est-ce un bruit familier ? Mais oui, ce sont bien des bouchons qui sautent de ci-de là. Apparemment, en Virginie, on a le droit de boire en plein air de l'alcool sans dissimuler sa bouteille sous un papier kraft comme à DC et dans le proche Maryland. O terre aimée, ô fontaine de jouvence (on se serait cru au festival de cinéma en plein air de Paris-Villette).


(Je veux le même porte-verre pour mes 40 ans).


Comme dans pas mal d'endroits ici, c'est "first come, first serve" pour ceux qui n'ont pas de place à l'intérieur. Les habitués de la location de sièges en mousse verts se précipitent.


Pour que tout le monde puisse -un peu- voir, les chaises sont regroupées en haut du talus. Consigne, bien évidemment, respectée.



Arrive enfin l'ouverture des portes. Nous gagnons rapidement nos places assises (et réservées depuis cinq mois), histoire de profiter de l'ambiance pré-opéra.



Répétition de l'orchestre. Puis silence. Et à l'aide des panneaux traduisant l'italien en anglais, je me suis tout de suite fondu dans l'histoire (triste) de Rodolfo et Mimi. Certes, du Paris des années 1930 (à l'origine, l'opéra est adapté de l'excellent bouquin "Scènes de la vie de bohème" d'Henri Murger) à sa transposition dans le Brooklyn actuel, on a perdu quelques couleurs en route. Certes, les cantatrices et "cantateurs" étaient tous des jeunes gens.

Mais peu me chaulait. C'était beau et enchanteur de les voir jouer, d'écouter leur voix sur les notes vivantes de l'orchestre. Encore sous le charme de ce premier opéra, j'ai couru réserver, sitôt de retour à la maison, des places pour "Le Barbier de Séville" dans un mois et "Porgy and Bess" en mars prochain. Youpi.


La chanson du jour : "Highway to heaven" de ACDC.



Et la liste des " gros livres dévorés (et aimés) ces quinze dernier jours"
- Cendrillon d'Eric Reinhardt
- Journal d'une femme adultère de Curt Leviant
- La loi de nos pères de Scott Turow
- Le grand Santini de Pat Conroy

(Maintenant, à vous de jouer)

lundi 3 août 2009

Deux chansons


S'il fallait
trouver un seul - même infime- avantage au fait d'atteindre la barre -déjà- fatidique des 40 ans - hormis le fait, selon Vialatte, de pouvoir se retourner du haut de ce sommet, de ce milieu d'existence, sur sa vie d'avant avant de débouler, corps en avant, jambes à son cou, sur sa vie d'après-, ce serait assez simple.

Je commence à avoir la mémoire sélective.
Je retiens les paroles des chansons.

Avant, durant les -disons- 35 ans d'une vie enchantée et en chantant (merci Michel), je partais dans un gloubiboulga parolier sitôt la deuxième phrase de la chanson. Impossible d'en retenir davantage, c'était parole ou musique. En l'espèce, tout dénotait hormis "la notte".

(Peut-être cela a-t-il un frêle lien avec le fait de ne connaître aucune poésie, aucun vers d'aucune sorte, drame personnel très dense à l'aube de mes 18 ans, lorsque vint l'heure de courtiser les demoiselles fondues de littérature et de romantisme qui glissaient sur le parquet des couloirs lycéens).

Bref, plutôt que de fredonner un vague "badabda rhhhhhhaaaa" qui réduirait à une simple silhouette famélique certains monuments littéraires de l'époque ("les divas du dancing" par exemple), j'ai rapidement choisi de créer une nouvelle chair. D'inventer ma propore chanson. L'exercice de rime, vivifiant s'il en est, commença un matin de pluie (et de brouillard...) en passant par le chemin des poules pour rejoindre le CE1 et dut atteindre son paroxysme (son acmée, devrais-je dire à cette époque où j'en étais, fort heureusement, dépourvu) à 35 à l'heure (sur une 103 SP) en allant au lycée réviser le bac de français. La victime de l'époque devait être "Dans ma rue" de Philippe Swan.


Quant aux chansons étrangères (hormis la répétition syncopée de l'unique "life is life" du délicieux Opus face à une allemande venue jouer au basket lors d'un échange de villes jumelées), ça donnait à peu près ça...

(Nonobstant mon total respect pour cet hymne que nous entendîmes résonner dans les salles de gymnastique du monde entier lorsque la fée Boginskaïa en avait terminé de son envol, cette vidéo me plaît).


(Russie, notre puissance sacrée,
Russie, notre pays bien-aimé.
Forte volonté, grande gloire
Sont ton héritage à jamais !

Refrain
Sois glorieuse, notre libre Patrie,
Alliance éternelle de peuples frères !
Sagesse de nos ancêtres !
Sois glorieux, notre pays ! Nous sommes fiers de toi !

Des mers du sud au cercle polaire
S'épanouissent nos forêts et nos champs.
Tu es seule sur la terre! Tu es unique!
Terre natale gardée par Dieu.

Espaces étendus pour les rêves et la vie
Nous ouvrent l'avenir.
Notre fidélité à la Patrie nous rend forts.
Ce fut ainsi, c'est ainsi, et ce sera toujours ainsi!)


Or donc, aujourd'hui, j'arrive donc, à quasi quatre décennies (et à mon grand soulagement) à retenir quelques paroles... Oh je ne dis pas que la mémorisation d'un couplet complet est pour demain, mais je compte bien en avoir fini avec une bonne partie de "Supplique pour être enterré à la plage de Sète" (7' toute mouillée)... Disons pour 2011.


La chanson du jour est donc, et définitivement, "Une chanson" de Charles Dumont (avec un clip spécialement créé à mon intention, merci bien).



Et la liste des "chansons aux paroles impossibles à retenir"
- Le rap
- La Marseillaise (au-delà du "sang impur", je cale).

(Maintenant, à vous de jouer)

vendredi 31 juillet 2009

Leur tour du monde en 365 jours


A tous
les promeneurs de ce blog jadis virevoltant puis bayant et désormais renaissant (j'aime les renaissances, le neuf, le nettoyage qui donne la pulsion d'exister), je recommande d'aller voir, une fois n'est pas coutume, le site de nos amis, les Dagicour.

Ils ont commencé le 28 juin dernier un tour du monde prévu pour durer un an.

Allez voir ce site pour quatre bonnes raisons :
- Il est bien écrit (ce qui est rare et cher).
- Il apprend deux-trois trucs sur les endroits visités (genre sur l'Equateur, leur première destination).
- Les photos sont belles.
- Il est inspirant.

Je m'explique. On s'est tous demandé ; "et si on larguait les amarres pour un an, des mois de ballade dans le monde entier ?" Eux l'ont fait. Avec deux enfants (10 et 7 ans).

Je ne le ferais pour rien au monde. D'abord, c'est au dessus de mes forces d'enseigner aux enfants (même avec l'aide du Cned) et puis je suis trop sédentaire. Aller au bout des Etats-Unis en voiture, oui, j'applaudis des deux pieds, mais être dans un road-movie permanent toute une année, non merci. (Sans parler que 24h/24 avec les enfants, pffff...).

Moi je dis, ils ont trop regardé la télé, ces jeunes Phileas frogs.

La chanson du jour : Izia chante "back in town".



Et la liste des "tours à faire".
- Les tours de Merle (magnifique château en ruine du 12ème siècle dans le sud-ouest de la Corrèze).
- Un tour en âne (et pourquoi pas dans les Cévennes, hein ?)
- Un tour de manège (pour essayer d'attraper la queue du Mickey au moins une fois dans ma vie).

(Maintenant, à vous de jouer)

mardi 28 juillet 2009

A la douane

Retour aux États-Unis, aéroport de Washington Dulles, dimanche après-midi, nous bouclons la sortie d'avion-contrôle d'identité-récupération des bagages en un temps record de une demi-heure. Une bénédiction par rapport à l'année dernière.

C'est là que la douane nous chope, avec nos six bagages, pour une vérification. En une demi-heure, cinq sacs seront fouillés, paisiblement.

Mister Garcia, douanier de son état et portant beau une fine trentaine que je m'en vais bientôt quitter, ne fait pas usage de gant -genre boucher- contrairement à son voisin pour manipuler nos effets. Il fait trois allers-retours pour s'informer auprès de son supérieur de la marche à suivre avec ces Français.

Bilan du séjour en France qu'il mit à découvert :
- 24 livres achetés, sur la base de 450 pages minimum, histoire de conserver une autonomie de lecture en apnée sur le territoire américain de trois mois.
- Une douzaine de CD entre chanson française (Reggiani, Delpech, Brassens, Leclerc, Aznavour) et musiques de pays divers (incluant des violons et de la trompette).
- Un coffret anniversaire du "parfait petit chimiste" (version dix ans) que le douanier n'a pas trouvé au fond d'un sac.
- Aucune nourriture ou boisson importée (d'où, sans doute, une visite déprimante, le lendemain au supermarché Giant du coin de la rue).

Après avoir adressé un sourire poli aux enfants impatients, notre homme s'en alla contrôler une autre famille alourdie d'une dizaine de bagages.

Si vous voulez un Douanier en peinture chez vous, c'est là.



La chanson du jour : Serge Reggiani chante "les loups sont entrés dans Paris".




Et la liste des "fromages aimés laissés dans ce lointain pays"
- Le munster au cumin (moelleux sur sa petite baguette croûtée avec jus d'orange).
- Le Saint-Marcellin (coulant, répandu sur un pain de campagne avec coca light)
- Le Boursin (finement étalé sur un pain de mie accompagné d'un Graves 1997).

(Maintenant, à vous de jouer)