En France, il y a le marronnier annuel, le "salaire des cadres", soit le meilleur moyen de gonfler de jalousie et d'exploser de rancune le soir, à table, devant les gosses.
Aux Etats-Unis, le topo est bien différent. A l'occasion du labor's day (le jour du travail, le 4 septembre), le Washington Post a publié les salaires de cent Washingtoniens. Le tout sur une double page de cent portraits surmontant le nom, la fonction et le salaire de chacun.
Une fois n'est pas coutume, j'ai eu envie de vous traduire l'article de présentation que je trouve très caractéristique de l'esprit américain (d'une manière que j'arrive mal à décrire).
"
De toutes les questions sensibles de la vie -l'âge, le poids, la qualité de la vie sexuelle-, aucune n'est aussi tabou que celle qui cristallise de façon immédiate et parfaite la valeur de la vie :
Combien gagnez-vous ?
Peu de gens affichent volontiers leur revenu : ni les riches ni les pauvres, ni les classes moyennes.
Gagner trop peu et vous êtes en butte au ridicule. Gagner trop et vous êtes sujet à davantage de ridicule. A plus d'envie aussi.
Y a-t-il eu une époque dans l'histoire récente où un salaire -n'importe lequel- a semblé plus précieux qu'aujourd'hui, la pire crise économique depuis la crise de 29, avec un taux de chômage flirtant avec les 10% ?
Pour commémorer le jour du travail, le Washington Post a rassemblé les salaires de 100 habitants de la ville, en rassemblant les informations parues dans les entretiens et les données publiques.
La galerie représente à la fois le monde officiel et non officiel de Washington, du président Obama au portier de l'hôtel Madison, du patron de la National Riffle Association au cireur de chaussures.
Il y a ceux qui reçoivent leur paie sous la forme de salaires et bonus ; et il y a ceu qui la collectent dans une tasse en plastique.
Quelle que soit la forme du paiement, les chiffres suggèrent qu'il est bon d'être J.W Marriott Jr, le PDG de la chaîne d'hôtels, dont les revenus de 10 millions de dollars sont les plus importants de tous.
A l'autre bout du spectre, un homme de 77 ans, sosie d'Abraham Lincoln, a gagné un total de 9000 dollars l'année dernière.
Encore une fois, l'argent n'est pas la seule mesure de la valeur d'un travail, peu importe ce que les autres pensent."
Allez, quelques exemples sur les paroles de "
Money, money, money", entonnée par ces jouvenceaux d'Abba (370 millions d'albums vendus).
I work all night,
(Wendy R. Mackall, 25 an, pompier, 50 868 $)
I work all day, to pay the bills I have to pay
Ain't it sad
(Aja Ishmael, 29 ans, assistante de maîtresse d'école, 18 550 $)
And still there never seems to be a single penny left for me
That's too bad
(Laura Auer, organisatrice de mariages, 25 ans, 21 000 $)
In my dreams I have a plan
(Hillary Clinton, 61 ans, Secrétaire d'Etat, 191 300 $)
If I got me a wealthy man
(Wayne R. LaPierre, 59 ans, directeur de la NRA, 673 617 $)
I wouldn't have to work at all, I'd fool around and have a ball
(Paul rhymer, taxidermiste, 47 ans, 75 000 $)
Money, money, money,
Must be funny
(Alexander Ovechkin, joueur de hockey, 23 ans, 9 000 000 $)
In the rich man's world
(Edwin K. Zechman Jr, 61 ans, PDG du National Children's medical center, 2 100 000 $)
Money, money, money
Always sunny
(Frank Fahrenkopf Jr, 70 ans, PDG de l'association américaine des jeux, 1 325 000 $)
In the rich man's world
Aha-ahaaa
All the things I could do
If I had a little money
( Glenn Royall, 42 ans, chauffeur de camion de fourrière, 42 600 $)
It's a rich man's world
(Thomas Donahue, 71 ans, président de la chambre de commerce américaine, 3 157 188 $)
A man like that is hard to find but I can't get him off my mind
Ain't it sad
(Jon Favreau, 27 ans, rédacteur des discours du président américain, 172 200 $)
And if he happens to be free I bet he wouldn't fancy me
That's too bad
(Jennifer Mendenhall, 49 ans, actrice, 18 616 $)
So I must leave, I'll have to go
To Las Vegas or Monaco
(Stephen Dumaine, 36 ans, joueur de tuba à l'orchestre symphonique, 125 000 $)
And win a fortune in a game, my life will never be the same
(Hector Panozo, 40 ans, livreur chez Fedex, 50 000 $)
Money, money, money
Must be funny
In the rich man's world
(Sonia Sotomayor, 55 ans, juge à la Cour Suprême, 208 100 $)
Money, money, money
Always sunny
In the rich man's world
Aha-ahaaa
( Barack Obama, 48 ans, président des Etats-Unis, 400 000 $)
All the things I could do
If I had a little money
It's a rich man's world
(Charles M. Klein, 41 ans, 35 000 $)
Money, money, money
Must be funny
In the rich man's world
(Adrian M. Fenty, 38 ans, maire de Washington, 200 000 $)
La chanson du jour : Carole King chante "Tapestry".
Et la liste des "raisons de ne pas se coucher le soir cette semaine".- Lire (commencé le tome 1 des oeuvres complètes de Colette par la série des "Claudine", pur bonheur de lecture et de perversité ingénue, au top du podium des sous-estimés avec Simenon).
- Regarder la troisième saison de la "Maison blanche".
(Maintenant, à vous de jouer)